Vers un nouveau départ des négociations ? Les discussions diplomatiques autour de la guerre en Ukraine pourraient reprendre. Selon l’Élysée, les négociateurs américains avaient fait état d’une « nouvelle disponibilité russe à négocier ». Selon la présidence française, cette ouverture pourrait intervenir après les élections à la Douma, la chambre basse du Parlement russe, prévues du 18 au 20 septembre. « Dans ce contexte, il fallait se préparer à un nouveau départ pour la négociation », a rapporté l’Élysée, citant les échanges avec les Américains. Paris estime que ce nouveau signal doit être pris au sérieux. Les Européens se sont ainsi accordés pour rester en contact avec Washington et travailler avec Kiev afin de préparer les modalités d’une éventuelle reprise des négociations, avec l’objectif de parvenir à « une paix solide et durable pour l’Ukraine ».
Des échanges entre Washington, Moscou et Kiev
Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont rencontré Vladimir Poutine samedi à Moscou, lors d’un entretien de trois heures. Ils se sont ensuite rendus à Kiev dimanche, où ils ont échangé avec Volodymyr Zelensky. Une réunion distincte a également réuni les deux envoyés américains, la délégation ukrainienne ainsi que des conseillers français, allemand et britannique. La présidence française s’est également félicitée de l’association des conseillers à la sécurité nationale du format E3 (Allemagne, France, Royaume-Unis) aux discussions menées par l’administration américaine. Steve Witkoff a qualifié les premiers échanges avec Volodymyr Zelensky de « très significatifs », affirmant espérer poursuivre les discussions « aussi longtemps qu’il le faudra ».
La question territoriale reste au cœur du blocage
Malgré ces signaux diplomatiques, les principaux obstacles restent inchangés. La question des territoires ukrainiens occupés et revendiqués par la Russie demeure notamment au centre du désaccord entre Moscou et Kiev. Volodymyr Zelensky a estimé dimanche que cette question ne pouvait être « résolue » qu’au cours de discussions entre les chefs d’État. Le président ukrainien réclame depuis longtemps une rencontre directe avec Vladimir Poutine, une perspective à laquelle le Kremlin s’oppose toujours.
Lundi, Zelensky a toutefois indiqué vouloir préparer la suite des discussions. « Nous coordonnons nos prochaines étapes. Nous préparons les prochaines réunions et communications. Les propositions de l’Ukraine sont constructives et le seront toujours », a-t-il déclaré.
Moscou n’exclut pas de nouvelles discussions
Le Kremlin a également laissé la porte entrouverte. Son porte-parole, Dmitri Peskov, a déclaré lundi que Moscou « n’excluait pas » une reprise des pourparlers tripartites entre la Russie, l’Ukraine et les États-Unis. Il a toutefois jugé prématuré de parler du lieu ou des dates d’une éventuelle rencontre. Plusieurs cycles de négociations menés sous l’impulsion de Washington avaient déjà eu lieu en 2025, sans permettre de parvenir à un accord pour mettre fin au conflit. Les discussions avaient notamment échoué sur les revendications territoriales russes. Pour Paris, l’enjeu est désormais de transformer cette nouvelle « disponibilité » russe en véritable processus de négociation, tout en maintenant le soutien européen à l’Ukraine.