Jared Kushner and U.S. special envoy Steve Witkoff  meet Vladimir Putin, Moscow.
Credit : Sputnik

Guerre en Ukraine : une nouvelle fenêtre diplomatique s’ouvre-t-elle avec la Russie ?

Après les rencontres de leurs émissaires avec Vladimir Poutine à Moscou puis Volodymyr Zelensky à Kiev, les États-Unis veulent relancer les négociations pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Selon l’Élysée, Washington fait état d’une « nouvelle disponibilité russe à négocier » après les élections législatives russes de septembre.
Emma Bador-Fritche

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Vers un nouveau départ des négociations ? Les discussions diplomatiques autour de la guerre en Ukraine pourraient reprendre. Selon l’Élysée, les négociateurs américains avaient fait état d’une « nouvelle disponibilité russe à négocier ». Selon la présidence française, cette ouverture pourrait intervenir après les élections à la Douma, la chambre basse du Parlement russe, prévues du 18 au 20 septembre. « Dans ce contexte, il fallait se préparer à un nouveau départ pour la négociation », a rapporté l’Élysée, citant les échanges avec les Américains. Paris estime que ce nouveau signal doit être pris au sérieux. Les Européens se sont ainsi accordés pour rester en contact avec Washington et travailler avec Kiev afin de préparer les modalités d’une éventuelle reprise des négociations, avec l’objectif de parvenir à « une paix solide et durable pour l’Ukraine ».

Des échanges entre Washington, Moscou et Kiev

Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont rencontré Vladimir Poutine samedi à Moscou, lors d’un entretien de trois heures. Ils se sont ensuite rendus à Kiev dimanche, où ils ont échangé avec Volodymyr Zelensky. Une réunion distincte a également réuni les deux envoyés américains, la délégation ukrainienne ainsi que des conseillers français, allemand et britannique. La présidence française s’est également félicitée de l’association des conseillers à la sécurité nationale du format E3 (Allemagne, France, Royaume-Unis) aux discussions menées par l’administration américaine. Steve Witkoff a qualifié les premiers échanges avec Volodymyr Zelensky de « très significatifs », affirmant espérer poursuivre les discussions « aussi longtemps qu’il le faudra ».

La question territoriale reste au cœur du blocage

Malgré ces signaux diplomatiques, les principaux obstacles restent inchangés. La question des territoires ukrainiens occupés et revendiqués par la Russie demeure notamment au centre du désaccord entre Moscou et Kiev. Volodymyr Zelensky a estimé dimanche que cette question ne pouvait être « résolue » qu’au cours de discussions entre les chefs d’État. Le président ukrainien réclame depuis longtemps une rencontre directe avec Vladimir Poutine, une perspective à laquelle le Kremlin s’oppose toujours.

Lundi, Zelensky a toutefois indiqué vouloir préparer la suite des discussions. « Nous coordonnons nos prochaines étapes. Nous préparons les prochaines réunions et communications. Les propositions de l’Ukraine sont constructives et le seront toujours », a-t-il déclaré.

Moscou n’exclut pas de nouvelles discussions

Le Kremlin a également laissé la porte entrouverte. Son porte-parole, Dmitri Peskov, a déclaré lundi que Moscou « n’excluait pas » une reprise des pourparlers tripartites entre la Russie, l’Ukraine et les États-Unis. Il a toutefois jugé prématuré de parler du lieu ou des dates d’une éventuelle rencontre. Plusieurs cycles de négociations menés sous l’impulsion de Washington avaient déjà eu lieu en 2025, sans permettre de parvenir à un accord pour mettre fin au conflit. Les discussions avaient notamment échoué sur les revendications territoriales russes. Pour Paris, l’enjeu est désormais de transformer cette nouvelle « disponibilité » russe en véritable processus de négociation, tout en maintenant le soutien européen à l’Ukraine.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Guerre en Ukraine : une nouvelle fenêtre diplomatique s’ouvre-t-elle avec la Russie ?
4min

International

La présidentielle déjà ciblée par « une centaine d’opérations » numériques d’ingérences étrangères depuis cet été, indique Laurent Nuñez

Alors que le Sénat examine un projet de loi visant à muscler les outils de lutte contre les ingérences étrangères, le ministre de l’Intérieur rappelle que la France, à six mois de la présidentielle, est une cible de choix pour certaines puissances hostiles. Les sénateurs estiment toutefois que le texte proposé ne va pas assez loin.

Le

President Donald Trump Announces 2026 World Cup Draw
6min

International

L’accord Trump-Poutine sur le diesel russe « entérine le lâchage de l’Ukraine par les Etats-Unis », affirme Romuald Sciora

Après l’accord signé samedi avec la Russie prévoyant l’importation de millions de tonnes de diesel russe, Donald Trump a appelé au départ de Volodymyr Zelensky de la présidence ukrainienne. Pour le chercheur Romuald Sciora, cet accord est davantage symbolique que stratégique. Il vise à nouer une alliance entre la Russie et les Etats-Unis.

Le

Guerre en Ukraine : une nouvelle fenêtre diplomatique s’ouvre-t-elle avec la Russie ?
6min

International

IA : « il y a un risque existentiel pour notre civilisation et notre démocratie », s’inquiète l'eurodéputé écologiste David Cormand

Comment garder le contrôle sur le développement de l’intelligence artificielle alors que les dérives liées à ces usages se multiplient et que la puissance des géants américains et chinois du numérique ne cesse d’augmenter face aux Etats ? L’Europe a-t-elle eu raison avant les autres en encadrant ses usages ? A-t-elle au contraire fait preuve de trop de prudence en se dotant d’un IA Act ? C’est le débat de la semaine dans l’émission Ici l’Europe, diffusée sur France 24, LCP et Public Sénat.

Le

Présidentielle au Brésil
6min

International

« Une victoire de Flavio Bolsonaro à la présidentielle au Brésil marquerait un tournant historique vers un régime autoritaire et illibéral » selon l’historienne Armelle Enders

Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien chef d’Etat brésilien d’extrême droite, a créé la surprise dimanche en arrivant en tête au premier tour de la présidentielle au Brésil. Il affrontera le président Lula au second tour dans trois semaines, lors d’un scrutin qui pourrait être un tournant historique pour le pays en cas de retour du bolsonarisme au pouvoir, selon l’historienne spécialiste du Brésil Armelle Enders.

Le