A Paris, Macron se pose en « candidat du travail »
A moins de cinq mois de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron, auto-proclamé "candidat du travail", a effectué samedi à Paris une première...

A Paris, Macron se pose en « candidat du travail »

A moins de cinq mois de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron, auto-proclamé "candidat du travail", a effectué samedi à Paris une première...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

A moins de cinq mois de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron, auto-proclamé "candidat du travail", a effectué samedi à Paris une première démonstration de force devant quelque "15.000 personnes" et levé le voile sur un pan économique et social de son programme.

Lui qui a longtemps entretenu un faux suspense autour de son ambition élyséenne est cette fois entré de plain-pied dans la campagne, plongé dans la ferveur d'une foule nombreuse et acquise, pour ce premier grand meeting parisien tenu Porte de Versailles.

"C'est un rêve fou qui est en train de se réaliser", a ainsi clamé un Emmanuel Macron galvanisé derrière son pupitre, et qui a reçu le soutien de quelque 120.000 adhérents (gratuits) à son mouvement, En Marche !.

Sous les yeux de plusieurs dizaines d'élus, dont le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb, qui coordonne la recherche de parrainages, de l'ancien président de la Région Ile-de-France Jean-Paul Huchon, mais aussi des avocats proches de François Hollande, Jean-Pierre Mignard et Dominique Villemot, l'ancien ministre de l'Economie, démissionnaire en août dernier, a ainsi témoigné de la vigueur de son mouvement qui revendique "15-20.000 personnes actives" sur le terrain, selon son entourage.

Emmanuel Macron, candidat à l'élection présidentielle, le 10 décembre 2016 en meeting à Paris
Emmanuel Macron, candidat à l'élection présidentielle, le 10 décembre 2016 en meeting à Paris
AFP

De même source, "3,7 millions d'euros" ont aussi été récoltés auprès de "12.000 donateurs", avec l'objectif d'atteindre "8-9 millions d'euros" et d'en emprunter autant pour l'ensemble d'une campagne qui se structure de jour en jour.

En attendant, trois semaines après son annonce de candidature, M. Macron a donné un peu plus corps à son programme - "un projet cohérent", assure-t-il - alors que ses adversaires l'ont régulièrement égratigné sur la vacuité ou le flou supposés de ses propositions.

Entre deux salves d'applaudissements et durant plus d'une heure quarante, Emmanuel Macron a déroulé ses mesures, organisées autour d'une idée-force: "libérer" et "protéger", pour "réconcilier notre pays avec le goût du risque".

- Aller 'plus loin' -

Dans cette perspective, il s'est posé en "candidat du travail", promettant une baisse de son coût pour toutes les entreprises et un maintien de la durée légale à 35 heures.

"Je maintiendrai les allègements de cotisation déjà décidés ces dernières années mais je transformerai le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en allègements de charges pérennes", a-t-il ainsi promis, renouvelant sa proposition de supprimer les cotisations maladie et chômage payés par les salariés, transférées sur une hausse de la CSG.

L'ancien conseiller de François Hollande a aussi assuré que les salaires nets augmenteraient grâce à ces mesures.

Après avoir promis d'aller "plus loin" dans la décentralisation et s'être de nouveau prononcé en faveur d'une autonomie des université, des établissements scolaires, des hôpitaux, afin de "libérer les territoires", M. Macron a décrit ses "trois "boucliers, de sécurité, social et européen".

Dans son allocution, version précisée de son discours du Mans mi-octobre, il a aussi promis l'embauche de 10.000 fonctionnaires de police et de gendarmerie et redit sa volonté de réinventer une "police de proximité" et de "rebâtir le renseignement territorial".

Sur le volet social, il s'est engagé, contrairement à François Fillon, à ne "dérembourser aucun soin" et a lancé des pistes pour "refonder le système de formation" en plaidant pour la création "d'un service public de la formation et de l'activité". Il a aussi évoqué une assurance chômage "universelle", y compris pour les démissions, et un "devoir de travailler" quand une offre "décente" était proposée à un chômeur.

"Plus personne ne parle d'Europe", a-t-il enfin déploré, en invoquant notamment la nécessité d'une "politique commerciale" commune pour faire face à la "concurrence déloyale des Chinois et des Indiens". "L'Europe est notre meilleure protection (...), notre identité, notre rêve commun", a-t-il souligné.

Dans les semaines à venir et jusqu'à fin janvier, M. Macron doit poursuivre le "déploiement de son programme", selon son entourage, avec des annonces davantage axées sur le "régalien" (justice, défense...) puis le "sociétal", et un "meeting important mi-janvier en province".

Partager cet article

Dans la même thématique

Bruno Retailleau Presents AI Proposal for Presidential Campaign
9min

Politique

Présidentielle 2027 : « Bruno Retailleau propose une révolution copernicienne » dans laquelle « la Constitution ne serait plus le bouclier » qui protège les institutions, relèvent les juristes

Dans les colonnes du Figaro, le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau fait de la révision de la Constitution une condition sine qua non pour « rendre la parole » au peuple français, en élargissant le champ du référendum « à toute question législative ». des juristes relèvent une volonté de la part du candidat d’encadrer les thèmes des référendums qu’il compte développer, mais également « un projet qui vise à dégrader l’impératif de protection des droits fondamentaux et des principes républicains ».

Le

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le