Politique
La SNCF a inauguré une nouvelle offre premium dans les TGV Paris-Lyon réservée aux passagers de plus de 12 ans. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer une tendance à l’exclusion des enfants et, par ricochet, des familles.
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Par Alice Bardo
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Déjà en 2012, alors qu’il était candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon estimait que l’apprentissage était « une très mauvaise idée ». « Même les patrons n’en veulent pas parce qu’ils savent très bien qu’une entreprise n’est pas une école », avait-il ajouté dans Questions d’info.
Cette année, le leader de La France insoumise convoite à nouveau la plus haute fonction de l’Etat et réitère sa position : « Vous vous trompez si vous pensez que l’apprentissage doit être voie royale », a-t-il lancé pendant le Grand débat du 20 mars dernier. Dans son programme, rien à ce sujet.
Comme elle l’a affirmé lors de son grand oral devant le Medef, fin mars, la candidate du Front national veut « revaloriser la filière de l’apprentissage ». Parmi ses 144 engagements, Marine Le Pen prévoit même de l’autoriser dès l’âge de 14 ans.
« Je développerai l’apprentissage comme filière d’excellence », écrit l’ancien ministre de l’Education dan son projet présidentiel. Pour ce faire, il compte développer les centres de formation d’apprentis (CFA) publics et les unités de formations par apprentissage (UFA).
Pour le candidat Les Républicains, l’apprentissage est « la solution efficace » pour que les jeunes accèdent à l’emploi. Il prévoit ainsi d’affecter les moyens aujourd’hui consacrés aux emplois d’avenir et aux contrats de génération – 1,2 milliard d’euros par an – à l’apprentissage et encouragera l’embauche d’un jeune en alternance par les entreprises au moyen d’une « exonération totale des charges sociales ».
Comme Marine Le Pen il veut avancer l’âge pour accéder à l’apprentissage, mais lui a fixé ce seuil à 15 ans.
François Fillon veut également développer le pré-apprentissage, actuellement connu sous le nom de dispositif d’initiative aux métiers de l’alternance (DIMA), et veut généraliser l’apprentissage dans l’enseignement professionnel. Enfin, il veut confier la gestion des centres de formation des apprentis (CFA) et des lycées professionnels aux régions, en association avec les branches.
Le leader d’ « En Marche ! » s’engage à un « effort massif » pour l’apprentissage. Plus concrètement, il souhaite, comme François Fillon, développer le pré-apprentissage et les filières en alternance dans tous les lycées professionnels.
Devant le Medef, Emmanuel Macron a confié vouloir « développer les filières d’apprentissage, y compris pour les filières les plus qualifiés et qualifiantes ».
Enfin, le candidat veut impliquer les branches professionnelles dans la gestion de cette formation.
Dans son programme, le candidat de Debout La France regrette la diminution du nombre d’apprentis et souligne l’efficacité de ce dispositif pour l’insertion professionnelle des jeunes diplômés. C’est pourquoi il affirme vouloir « doper » l’apprentissage, avec comme objectif « 1 million d’apprentis à la fin du quinquennat.
Pour encourager les entreprises à former des apprentis, Nicolas Dupont-Aignan veut créer un label destiné aux PME qui font cet effort.
Comme ses rivaux de droite et d’extrême-droite, il est favorable à l’apprentissage pour les jeunes mineurs et entend faciliter leur embauche en permettant « d’adapter la durée et les horaires de travail des apprentis mineurs à l'horaire de travail de l'entreprise sur avis conforme du médecin du travail ».
Dans une interview donnée à Ouest France le 7 avril dernier, la candidate de Lutte ouvrière considère que l’apprentissage devrait être « la règle », mais alerte sur les conditions de travail des apprentis. Elle appelle le patronat à leur « payer un salaire plein et entier » et déplore qu’ils soient souvent cantonnés aux « tâches les plus ingrates »
C’est également dans le quotidien régional que s’est exprimé le représentant du NPA. Comme sa rivale de LO, il fustige la « surexploitation » des apprentis et réclame un « salaire égal » : « Pas de salaire en dessous du SMIC », écrit-il dans son programme. Il ajoute à cette mesure « le droit à des congés spécifiques » pour tout jeune de moins de 25 ans », à savoir les vacances scolaires.
L’ancien agriculteur veut consacrer 9,5 milliards d’euros par an « pour l’extension de l’apprentissage et de l’alternance », notamment pour financer « 300 000 places d’apprentissage de plus ». Le candidat souhaite également que l’apprentissage soit accessible aux jeunes dès 16 ans et l’alternance, dès la 4ème, à raison d’un jour par semaine.
Le candidat du « pari sur l’avenir » souhaite qu’ « Erasmus pro » permette à un million d’apprentis de se former dans un autre pays européen que le leur.
François Asselineau ne prévoit rien concernant l’apprentissage dans son projet présidentiel.