Soirée très tendue mardi à l'Assemblée sur le projet de loi "asile et immigration" où les députés LR ont réussi à bloquer l'avancée des débats...
Asile: soirée houleuse à l’Assemblée où Gourault sort de ses gonds contre LR
Soirée très tendue mardi à l'Assemblée sur le projet de loi "asile et immigration" où les députés LR ont réussi à bloquer l'avancée des débats...
Par Fabrice RANDOUX
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Soirée très tendue mardi à l'Assemblée sur le projet de loi "asile et immigration" où les députés LR ont réussi à bloquer l'avancée des débats et à faire sortir de ses gonds la ministre Jacqueline Gourault en fin de séance.
L'incident est survenu après minuit mais couvait depuis le début d'une soirée électrique sur tous les bancs.
Pendant toute la soirée, les députés LR, notamment Fabien Di Philippo et Pierre-Henri Dumont, sont revenus à la charge contre le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, relayé ensuite par la ministre Jacqueline Gourault, pour savoir si le gouvernement avait un "plan caché de 40.000 régularisations" de sans-papiers, un chiffre évoqué par un élu de la majorité dans un article du Monde.
Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb à l'Assemblée nationale, le 18 avril 2018 à Paris
AFP
En commission, M. Collomb avait juste indiqué que "lorsque nous aurons examiné l'ensemble des articles de cette loi, nous pourrons débattre de ce qu'il convient de faire au sujet des personnes qui se trouvent sans statut".
Cette insistance a fini par faire réagir Mme Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur, en fin de séance.
"M. Jacob, vous allez laisser continuer ces méthodes pendant longtemps ? obliger un ministre à répondre ? Ce sont des méthodes autoritaires qui ne sont pas acceptables en démocratie. Qu'est-ce que c'est que ces méthodes ?", a tonné la ministre.
M. Jacob a répondu en jugeant que Mme Gourault "perdait son sang-froid". "C'est le gouvernement qui est responsable devant le Parlement, pas l'inverse", a-t-il répliqué. "Je regrette que la ministre ait décidé délibérément de ne pas répondre à nos questions", a-t-il ajouté.
La réponse de Mme Gourault a été également jugée "déplacée" par la socialiste Laurence Dumont. Un élu de la majorité reconnaissait après les débats que, même si un ministre "n'a pas à répondre à des injonctions", Mme Gourault, ancienne sénatrice, avait été "extrêmement maladroite" face à des LR "privés de Collomb".
Données clés sur les demandes d'asile en 2017 en France : types de demandeurs, taux de protection, principaux pays d'origine des demandeurs d'asile
AFP/Archives
Quelques minutes auparavant, la présidente de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet (LREM) était passée dans les rangs LR pour essayer, en vain, de pouvoir terminer dans le calme une séance qui dégénérait.
Cet incident n'était en effet que la conclusion d'une soirée tendue dans un hémicycle empli de près de 200 députés, démarrée avec de multiples rappels au règlements de LR et de la gauche.
Ces différentes oppositions demandaient qu'on revoit l'organisation des débats, prévus pour s'achever dans la nuit de vendredi à samedi avec un vote immédiat, alors qu'on en est encore qu'à l'article 3 (sur 40) du texte.
- Pourrir le débat -
Cet article, qui prévoit que les mineurs reconnus réfugiés pourront désormais faire venir leurs "frères et soeurs", et non plus seulement leurs parents, a déchaîné l'opposition de LR et du FN qui s'en sont pris aux "belles âmes" de la majorité et de la gauche.
Cette réunification familiale - à différencier du "regroupement familial" qui concerne les étrangers venus légalement et est soumis à des conditions financières et de logement - ne devrait pourtant concerner que quelques centaines de personnes (357 mineurs réfugiés en 2016 selon M. Collomb).
Mais élus LR et FN ont dénoncé un "appel d'air" (Ludovic Pajot, FN), l'ouverture "des vannes de l'immigration" depuis des pays "où les fratries peuvent être importantes" (Patrice Verchère, LR). "Vous allez ouvrir une filière de mort depuis l'Afrique vers la France", a lancé Pierre-Henri Dumont (LR).
A ces arguments, majorité et gauche ont défendu, comme Coralie Dubost (LREM), "une avancée humaine et juste".
"C'est une question d'humanité de demander aux parents de ne pas choisir entre le mineur protégé et celui qui restera dans le pays d'origine", a répondu la rapporteure Elise Fajgeles (LREM) déplorant que LR et FN fassent "valoir absolument les mêmes arguments".
"Vous parlez de l'Afrique en termes indignes et insultants", leur a lancé Danièle Obono (LFI). Erwann Balanant (MoDem) a accusé LR de "pourrir le débat" en "amalgamant immigration et asile". Sandrine Mörch (LREM) a dénoncé "une peur panique de l'étranger" chez LR et FN.
"Vous êtes irréprochables, vous aurez tous le prix Nobel de la gentillesse sociale et immigrationniste", leur a répondu le FN Gilbert Collard. Fabien Di Philippo (LR) s'en est pris au "monopole des leçons d'humanité et des bons sentiments".
Au final, seuls 27 amendements ont été étudiés et l'article 3 n'a pu être soumis au vote. "Une soirée de gaspillée", déplorait une élue LREM.
Reprise des débats jeudi à 09H30 avec encore 972 amendements en discussion et le retour attendu de Gérard Collomb.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.