Le 7 novembre 2020, après plusieurs jours de comptage et de calculs des voix, Joe Biden était élu et devenait le 46e Président des Etats Unis. Pourtant, depuis cette annonce officielle, Donald Trump ne cesse de contester sa défaite et la véracité des résultats de l’élection à travers des vidéos postées sur les réseaux sociaux ou lors de meeting. Stratégie politique ou véritable déni ? On en parle cette semaine sur le plateau de Hashtag avec Hélène Risser et ses invités.
« Au fond de lui, Trump sait qu’il a perdu mais il veut entretenir le récit d’une élection volée ».
Le 7 novembre 2020, après plusieurs jours de comptage et de calculs des voix, Joe Biden était élu et devenait le 46e Président des Etats Unis. Pourtant, depuis cette annonce officielle, Donald Trump ne cesse de contester sa défaite et la véracité des résultats de l’élection à travers des vidéos postées sur les réseaux sociaux ou lors de meeting. Stratégie politique ou véritable déni ? On en parle cette semaine sur le plateau de Hashtag avec Hélène Risser et ses invités.
Par Nils Buchsbaum
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Le 2 décembre 2020, Matt Walton poste sur son application Périscope une vidéo filmée lors d’une intervention de Donald Trump à la Maison Blanche. Ce dernier déclare : « Nous avons remporté l’élection, ils l’ont manipulé […] Nous essayons de faire quatre ans de plus, nous ferons quatre ans de plus ».
Pour Benjamin Grange, la forme de cette vidéo pixélisée, de piètre qualité, participe à une mise en scène qui fonctionne sur le principe de l’image volée afin de la rendre virale. Il précise que depuis la fin de l’élection, le volume des conversations sur les réseaux sociaux évoquant Trump a largement diminué. Ses indéfectibles partisans cherchent donc à s’enrôler dans une nouvelle dynamique notamment sur Twitter avec le hashtag #stopthesteal (arrêtez le vol).
Marie-Cécile Naves abonde dans ce sens. Pour elle, « la vidéo est diffusée et relayée par des fans, ce qui permet de montrer aux Américains que Donald Trump a des soutiens et n’est pas seul dans son déni ». Elle ajoute qu’ « au fond de lui, il sait qu’il a perdu mais il veut entretenir le récit d’une élection volée, d’un Biden président illégitime. Il nourrit ce récit pour alimenter sa propre marque, afin de continuer à exister médiatiquement ».
Être dans le déni pour ne pas perdre son pouvoir
Interrogé par une journaliste au sujet d’un groupe d’extrême droite très actif sur les réseaux sociaux, QAnon, qu’elle lui demande de désavouer, Donald Trump répond : « Je ne sais rien à ce sujet. Je sais qu’ils sont résolument contre la pédophilie. Ils la combattent avec ferveur mais je ne sais rien là-dessus. »
Pour la philosophe Myriam Revault d’Allonnes, ce genre de paradoxe est « caractéristique de la post-vérité. Il ne s’agit pas d’un mensonge caractérisé mais d’une sorte de va-et-vient qui efface la différence entre le vrai et le faux ».
Le lendemain des premiers résultats du scrutin, Trump accuse son adversaire d’avoir organisé une gigantesque fraude. Pour lui, il est le vainqueur et Biden est un tricheur. Mike Pence, le vice-Président de Trump lui succède alors à la tribune et semble être beaucoup plus nuancé puisqu’il appelle à la vigilance jusqu’au décompte total des voix. Ce flottement par rapport à la réalité alternative que Trump fabrique fait, pour Jean-Pierre Winter, partie du processus de l’acceptation de la défaite. « Mais le risque, dans ce parcours, c’est de perdre son autorité. Le président battu se projette dans l’avenir en disant qu’il reviendra et qu’il va prendre sa revanche car quiconque occupe une position d’autorité veut la conserver ». Ainsi, le philosophe conclut : « C’est une manière onirique de dire on a perdu une bataille mais on n’a pas perdu la guerre ».
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez était auditionné par la commission des lois du Sénat pour présenter les contours du projet de loi sur les polices municipales et gardes champêtres, largement inspiré des recommandations d’une mission d’information sur le sujet. Le texte, examiné en séance publique début février, donne des compétences élargies aux policiers municipaux qui pourront dresser des amendes forfaitaires délictuelles, pour certaines infractions comme l’usage de stupéfiants.
Alors que Sébastien Lecornu a finalement recours au 49.3 sur le budget, il devrait sauver sa tête grâce à la non-censure des socialistes, qui revendiquent une série de « victoires pour les Français », comme dit Patrick Kanner, patron des sénateurs PS, même si les socialistes n’ont « pas tout obtenu, loin de là ». Reste à voir si le numéro 1 du PS, Olivier Faure, peut sortir également renforcé de la séquence.
Une délégation de sénateurs LR accompagnait ce mardi le cortège d’agriculteurs venus protester devant le Parlement européen à Strasbourg contre l’accord avec les pays du Mercosur, la veille d’un vote des eurodéputés d’une résolution ayant pour but de saisir la Cour de Justice de l’Union européenne.
Sébastien Lecornu a annoncé hier le recours au 49-3 pour faire passer le budget à l’Assemblée nationale. Au Sénat, les élus pourraient accepter ne pas faire durer les débats, à condition que le gouvernement reprenne la copie sur les collectivités territoriales sortie de la Chambre haute en décembre.