Changement d’heure de fermeture des bureaux de vote : les sondeurs se préparent
Dimanche aura lieu le premier tour de l’élection présidentielle. Mais cette année, les bureaux de vote ne fermeront pas à 18h mais à 19h, avec la possibilité de dérogations locales jusqu’à 20h. Adoptée l’année dernière pour éviter les fuites de résultats sur internet, cette mesure législative aura certainement un impact sur les premières estimations de vote. Les sondeurs sont sur le pied de guerre.

Changement d’heure de fermeture des bureaux de vote : les sondeurs se préparent

Dimanche aura lieu le premier tour de l’élection présidentielle. Mais cette année, les bureaux de vote ne fermeront pas à 18h mais à 19h, avec la possibilité de dérogations locales jusqu’à 20h. Adoptée l’année dernière pour éviter les fuites de résultats sur internet, cette mesure législative aura certainement un impact sur les premières estimations de vote. Les sondeurs sont sur le pied de guerre.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

 « Je me félicite de ne pas avoir d’opérations d’estimations à faire cette année », confie Jérôme Sainte-Marie, président de PollingVox. Usuellement, le soir du premier tour comme celui du second, les Français sont habitués à voir apparaitre les premières estimations à 20h pétantes. Mais cette année, les choses risquent d’être un peu différentes. En cause, le changement d’heure de fermeture des bureaux de vote, acté dans la loi de modernisation des règles de l’élection présidentielle adoptée le 25 avril 2016. Au lieu de 18h, les électeurs pourront mettre leur bulletin dans l’urne jusqu’à 19h, voire 20h dans certaines grandes villes, dont Paris. Pour que les premières estimations soient données à 20h, les sondeurs n’auront donc qu’une heure au lieu de deux avant de délivrer la première estimation.

« 50% d’effectifs en plus »

Jean-Daniel Lévy, directeur du département Politique & Opinion chez Harris Interactive, admet que « l’opération sera plus exigeante » mais se veut rassurant : « Ce changement d’horaire, on l’avait intégré dans notre dispositif, qu’on a nettement musclé par rapport à celui qu’on avait utilisé en 2012 ». Il précise avoir mobilisé 50% d’effectifs de plus qu’à la dernière élection présidentielle.

Si de prime abord cette nouvelle mesure laisse penser que les instituts de sondage auront une heure de moins pour faire remonter les résultats des bureaux-test, Jérôme Sainte-Marie tempère : « En 2012, les premières estimations tombaient à 19h quand les bureaux de vote fermaient à 18h ». Le sondeur conseille toutefois de « prévenir les gens qu’on peut avoir des estimations avec du retard, voire des changements en cours de soirée ». De son côté, Jean-Daniel Lévy assure une première estimation à 20h.

« Si c’est serré, il faudra beaucoup de résultats pour une tendance fiable »

La difficulté pour les premières estimations tient particulièrement à « une configuration politique tout à fait nouvelle », selon le président de Polling Vox. Certains candidats sont au coude-à-coude dans les sondages et les résultats seront probablement très serrés. « On a trois candidats dans la marge d’erreur, explique Jean-Pierre Sueur, sénateur PS du Loiret. Si c’est serré dimanche, il faudra beaucoup de résultats pour donner une tendance fiable. » Il tient à rappeler l’objectif de ce changement d’horaire, à savoir éviter les fuites sur les réseaux sociaux ou dans les médias étrangers. Avec une fermeture des bureaux de vote à 19h et de certains à 20 heures  « il ne peut y avoir aucune influence des résultats sur le vote », assure le sénateur.

 « L’opération est foncièrement compliquée et donc il ne faudra pas tirer de conclusions hâtives », conclut Jérôme Sainte-Marie. Jean-Daniel Lévy, lui, se montre plus optimiste : « On est face à une situation où normalement les estimations doivent permettre de sortir des éléments. »

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Assemblee Nationale – Questions au Gouvernement
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : La France insoumise lance ses troupes à l’assaut d’un Sénat qui lui échappe encore

À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.

Le

L Assemblee adopte l’interdiction des reseaux sociaux aux moins de 15 ans
5min

Politique

Réseaux sociaux : députés et sénateurs s’accordent sur une interdiction totale aux moins de 15 ans

Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.

Le

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le