Loi de programmation militaire : la droite sénatoriale a voulu « acter un désaccord profond avec le gouvernement », justifie Cédric Perrin

Au lendemain d’une séance rocambolesque, où la droite sénatoriale a échoué à faire porter l’effort supplémentaire à 50 milliards d’euros dans la loi de programmation militaire, pour finalement s’opposer aussi à la hausse de 36 milliards d’euros, prévue dans le texte initial, le président de la commission de la défense, Cédric Perrin a justifié la position de son groupe devant la presse.
Simon Barbarit

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« Remettre l’église au milieu du village ». C’était l’objectif de la conférence de presse du président de la commission de la défense et des forces étrangères du Sénat, Cédric Perrin au lendemain d’une soirée riche en rebondissements.

Hier soir, le Sénat examinait le projet de loi de programmation militaire. Dans le contexte de guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, le texte fixe les grandes orientations et les moyens des armées françaises, en portant à 436 milliards d’euros les dépenses militaires prévues d’ici la fin de la décennie, soit 36 milliards supplémentaires par rapport à la dernière loi de programmation (2023). Mais pour la droite sénatoriale, l’effort est insuffisant. En commission, une rallonge de 14 milliards d’euros, soit 50 milliards avaient été votés. Dans l’hémicycle à l’issue d’un vote serré où les LR ont été mis en minorité, et les centristes divisés, deux amendements, l’un du sénateur socialiste Rachid Temal (PS), l’autre du gouvernement, sont revenus sur la version d’origine du texte. Dans la foulée, une majorité de sénateurs a voté à main levée contre l’article 2, soit le cœur du texte, portant sur un effort supplémentaire de 36 milliards d’euros accordé aux armées (lire notre article).

« Nous ne sommes évidemment pas pour une réduction du budget des armées »

« Nous n’avons pas refusé les 436 milliards d’euros du budget pour les armées. C’est la ministre des armées qui a refusé l’augmentation que le Sénat considérait comme juste et légitime », a estimé Cédric Perrin en dénonçant un « coup tactique », « un coup politique » du gouvernement. « Nous ne sommes évidemment pas pour une réduction du budget des armées », a-t-il pris soin de préciser citant la perspective d’un « choc » avec la Russie d’ici la fin de la décennie mais aussi l’engagement pris par la France devant l’Otan de consacrer 3,5 % du PIB à la défense en 2035. « C’est la première fois dans l’histoire, qu’une ministre des Armées (Catherine Vautrin) refuse l’augmentation de son budget », a-t-il insisté.

Pourquoi alors rejeter quand même la hausse de 36 milliards prévue dans la copie du gouvernement ? Le sénateur assure qu’il s’agit pour son groupe d’agir « en cohérence avec ce que nous avons toujours défendu en commission depuis des années et des années ». « Nous avons considéré que 436 milliards n’étaient pas suffisants pour assurer la sécurité de la France et des Français ».

La droite sénatoriale a donc voulu « acter un désaccord profond avec le gouvernement » pour « aller au bout de la négociation ». « Pour que le Sénat puisse continuer ce travail, il fallait que l’article 2 tombe pour qu’en commission mixte paritaire, nous revenions à la copie du gouvernement en ce qui concerne l‘article 2 et pour le reste du texte, à la copie du Sénat. Dans la copie du Sénat, une multitude d’amendements a été votée […] Ce désaccord sur l’article 2 ne marque en aucune manière la mort du texte de la LPM », assure-t-il.

En conséquence, Cédric Perin ne souhaite pas, à ce stade, de nouvelle délibération sur l’article 2.

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