Loi de programmation militaire : la droite sénatoriale a voulu « acter un désaccord profond avec le gouvernement », justifie Cédric Perrin

Au lendemain d’une séance rocambolesque, où la droite sénatoriale a échoué à faire porter l’effort supplémentaire à 50 milliards d’euros dans la loi de programmation militaire, pour finalement s’opposer aussi à la hausse de 36 milliards d’euros, prévue dans le texte initial, le président de la commission de la défense, Cédric Perrin a justifié la position de son groupe devant la presse.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Remettre l’église au milieu du village ». C’était l’objectif de la conférence de presse du président de la commission de la défense et des forces étrangères du Sénat, Cédric Perrin au lendemain d’une soirée riche en rebondissements.

Hier soir, le Sénat examinait le projet de loi de programmation militaire. Dans le contexte de guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, le texte fixe les grandes orientations et les moyens des armées françaises, en portant à 436 milliards d’euros les dépenses militaires prévues d’ici la fin de la décennie, soit 36 milliards supplémentaires par rapport à la dernière loi de programmation (2023). Mais pour la droite sénatoriale, l’effort est insuffisant. En commission, une rallonge de 14 milliards d’euros, soit 50 milliards avaient été votés. Dans l’hémicycle à l’issue d’un vote serré où les LR ont été mis en minorité, et les centristes divisés, deux amendements, l’un du sénateur socialiste Rachid Temal (PS), l’autre du gouvernement, sont revenus sur la version d’origine du texte. Dans la foulée, une majorité de sénateurs a voté à main levée contre l’article 2, soit le cœur du texte, portant sur un effort supplémentaire de 36 milliards d’euros accordé aux armées (lire notre article).

« Nous ne sommes évidemment pas pour une réduction du budget des armées »

« Nous n’avons pas refusé les 436 milliards d’euros du budget pour les armées. C’est la ministre des armées qui a refusé l’augmentation que le Sénat considérait comme juste et légitime », a estimé Cédric Perrin en dénonçant un « coup tactique », « un coup politique » du gouvernement. « Nous ne sommes évidemment pas pour une réduction du budget des armées », a-t-il pris soin de préciser citant la perspective d’un « choc » avec la Russie d’ici la fin de la décennie mais aussi l’engagement pris par la France devant l’Otan de consacrer 3,5 % du PIB à la défense en 2035. « C’est la première fois dans l’histoire, qu’une ministre des Armées (Catherine Vautrin) refuse l’augmentation de son budget », a-t-il insisté.

Pourquoi alors rejeter quand même la hausse de 36 milliards prévue dans la copie du gouvernement ? Le sénateur assure qu’il s’agit pour son groupe d’agir « en cohérence avec ce que nous avons toujours défendu en commission depuis des années et des années ». « Nous avons considéré que 436 milliards n’étaient pas suffisants pour assurer la sécurité de la France et des Français ».

La droite sénatoriale a donc voulu « acter un désaccord profond avec le gouvernement » pour « aller au bout de la négociation ». « Pour que le Sénat puisse continuer ce travail, il fallait que l’article 2 tombe pour qu’en commission mixte paritaire, nous revenions à la copie du gouvernement en ce qui concerne l‘article 2 et pour le reste du texte, à la copie du Sénat. Dans la copie du Sénat, une multitude d’amendements a été votée […] Ce désaccord sur l’article 2 ne marque en aucune manière la mort du texte de la LPM », assure-t-il.

En conséquence, Cédric Perin ne souhaite pas, à ce stade, de nouvelle délibération sur l’article 2.

Partager cet article

Dans la même thématique

Loi de programmation militaire : la droite sénatoriale a voulu « acter un désaccord profond avec le gouvernement », justifie Cédric Perrin
5min

Politique

Choose France 2026 : « Choisir la France », un pari gagnant pour les investisseurs étrangers selon Roland Lescure, ministre de l’Économie

Malgré les tensions géopolitiques, le ralentissement économique mondial et l’approche de la fin du second quinquennat d’Emmanuel Macron, l’édition 2026 du sommet Choose France bat tous les records. Avec 93 milliards d’euros de nouveaux investissements annoncés, le gouvernement voit dans cette neuvième édition la confirmation de l’attractivité retrouvée du territoire français. Au micro de Public Sénat, le ministre de l’économie Roland Lescure a défendu le bilan d’une politique menée depuis près d’une décennie pour faire de la France une terre d’accueil privilégiée des capitaux étrangers.

Le

Loi de programmation militaire : la droite sénatoriale a voulu « acter un désaccord profond avec le gouvernement », justifie Cédric Perrin
3min

Politique

Déjeuner d’Annie Genevard en présence de Xenia Fedorova : « Symptomatique de la porosité entre une partie de la droite et l’extrême droite », tacle Laurence Rossignol

Suite aux révélations de la présence de la ministre de l’Agriculture à un déjeuner récent de l’Institut de l’Espérance, cercle de réflexion lancé par le milliardaire ultraconservateur, Vincent Bolloré, où figurait parmi les invités, Xenia Fedorova, propagandiste du Kremlin, la sénatrice socialiste, Laurence Rossignol a demandé des explications au gouvernement.

Le

Loi de programmation militaire : la droite sénatoriale a voulu « acter un désaccord profond avec le gouvernement », justifie Cédric Perrin
2min

Politique

Candidat du PS pour 2027 : « Au plus tard, le 9 juillet, les militants voteront sur la stratégie », explique Johanna Rolland 

Invitée de la matinale de Public Sénat, la maire de Nantes, Johanna Rolland est revenue sur la stratégie du Parti socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2027. Alors que le processus de désignation d’un candidat à travers une primaire de la gauche hors LFI divise, les proches d’Olivier Faure souhaitent proposer une nouvelle formule.

Le