Un record historique qui dépasse les huit premières éditions réunies lundi 1er juin, à l’occasion de l’ouverture de la neuvième édition du sommet Choose France, Emmanuel Macron a annoncé un montant inédit de 93 milliards d’euros de nouveaux investissements étrangers, censés générer plus de 15 000 emplois sur le territoire. Pour Roland Lescure, ce chiffre marque une étape symbolique. « Ces 93 milliards d’euros, c’est plus que toutes les promesses des huit dernières années », a-t-il souligné au micro de Public Sénat. Depuis le lancement de l’événement en 2018, les différentes éditions avaient permis d’atteindre un total cumulé de plus de 80 milliards d’euros d’engagements. Le ministre voit dans cette progression continue la preuve de la crédibilité acquise par la France auprès des investisseurs internationaux. « Les huit dernières éditions, on a progressé d’année en année », rappelle-t-il, estimant que la dynamique observée depuis près de neuf ans constitue désormais « une garantie » pour les entreprises étrangères.
« Quand on choisit la France, on fait un suivi. »
Face aux critiques récurrentes sur l’écart entre les promesses d’investissement et leur concrétisation, Roland Lescure met en avant le taux élevé de réalisation des projets annoncés lors des précédentes éditions. « Tous ces investissements qui ont été annoncés, à 95 % d’entre eux, sont soit complets pour 50 %, soit en passe de l’être pour 45 % », affirme-t-il. Selon le ministre, ce résultat repose sur un travail de suivi mené conjointement par l’État et les collectivités locales. « Quand on choisit la France, on fait un suivi. Le gouvernement fait un suivi, les communautés de communes font un suivi, les régions font un suivi pour assurer qu’on livre bien », explique-t-il.
Au-delà des dispositifs administratifs, Roland Lescure estime que les investisseurs recherchent avant tout une forme de stabilité institutionnelle et de fiabilité dans l’exécution des projets. « Choisir la France, c’est savoir que dans la durée on va livrer », insiste-t-il.
Des préoccupations différentes de celles d’il y a dix ans
Pour le ministre, l’évolution des attentes des investisseurs étrangers illustre les transformations de l’économie française depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée. « Il y a dix ans, quand on rencontrait les premiers investisseurs, ils nous parlaient essentiellement de deux choses : le droit du travail et la fiscalité », rappelle-t-il. Aujourd’hui, les priorités ont changé. « Ils nous disent : on a besoin d’électricité, on a besoin de talents », affirme Roland Lescure, qui voit dans cette évolution la conséquence directe des réformes engagées depuis 2017. La question de la rapidité administrative est également devenue centrale. « Ils ont besoin de permis de construire délivrés vite, et ça, on l’a mis en place », assure-t-il, revendiquant l’accélération des procédures pour les projets industriels et technologiques. Le ministre considère néanmoins que cet effort doit se poursuivre. « Il va falloir continuer dans des secteurs d’avenir comme l’intelligence artificielle. Sinon, la France va s’arrêter, et ce n’est pas ce que je souhaite », prévient-il.
SoftBank annonce un investissement de 75 milliards d’euros
Parmi les annonces les plus marquantes de cette édition figure l’investissement massif promis par le groupe japonais SoftBank. Son président, Masayoshi Son, a annoncé son intention d’investir jusqu’à 75 milliards d’euros en France dans les nouvelles technologies. Roland Lescure a raconté les coulisses de cette opération, présentée comme l’une des plus importantes jamais conclues dans le cadre de Choose France. « J’étais là le 1er avril à Tokyo avec le président de SoftBank et le président de la République. Le courant est passé », relate-t-il. S’en est suivi un travail de plusieurs semaines pour concrétiser le projet : « On a travaillé pendant deux mois. On a tous travaillé de manière à pouvoir échanger et que cela devienne concret. »
« Il faut aussi qu’on soit au cœur de la révolution de l’IA »
Au-delà de l’attraction des capitaux étrangers, Roland Lescure défend une ambition industrielle plus large autour de l’intelligence artificielle. « L’intelligence artificielle est un transformateur des industries traditionnelles », estime-t-il. Mais, ajoute-t-il, la France ne doit pas se contenter d’être un marché d’application de ces technologies. « Il faut aussi qu’on soit au cœur de la révolution de l’IA, qu’on en produise. »
À moins d’un an de la fin du second mandat d’Emmanuel Macron, l’édition 2026 de Choose France apparaît ainsi comme une vitrine du bilan économique revendiqué par le chef de l’État : celui d’un pays qui, selon le gouvernement, est passé du statut de candidat à celui de destination privilégiée des investisseurs mondiaux.