La semaine dernière, le journal le Monde publiait une longue enquête sur l’influence croissante, de la chroniqueuse pro-russe Xenia Fedorova, ancienne patronne de RT France, devenue incontournable sur les chaînes du groupe Bolloré. Le quotidien relate la présence de Xenia Fedorova à un récent déjeuner de l’Institut de l’Espérance, cercle de réflexion lancé par le milliardaire, Vincent Bolloré. Parmi les invités, figurait aussi la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, qui n’était pas au courant de la présence de Xenia Fedorova, selon son entourage, assurant qu’elle n’y serait pas allée dans le cas contraire.
« Ce n’est pas une affaire anecdotique »
Cela n’a pas convaincu la sénatrice socialiste, Laurence Rossignol qui a interpellé le gouvernement aux questions d’actualité au gouvernement. Vous avez traité cette affaire comme une anecdote. Or, ce n’est pas une affaire anecdotique, c’est une affaire symptomatique. Symptomatique, à la fois bien sûr de la collusion entre le groupe Bolloré et la Russie, symptomatique de la porosité entre une partie de la droite, peut-être même dans votre gouvernement, et l’extrême droite », a-t-elle tancé.
La sénatrice a souligné que la composition du gouvernement découlait du vote des Français, qui « par deux fois, en 2022 et en 2024, ont voté pour que notre pays ne tombe pas entre les mains de l’extrême droite ». « Comment comptez-vous être fidèle à l’équation qui vous a donné votre légitimité ? Quelle valeur morale entendez-vous développer pendant les dix mois à venir ? quelle politique économique, sociale, environnementale allez-vous présenter aux Français pour préparer le pays qui va être soumis à une confrontation inédite et majeure dans laquelle la République sera menacée par une extrême droite désormais convertie au trumpisme et soumise à la Russie ? », a-t-elle interrogé.
«Un manque de respect vis-à-vis de l’ensemble de son parcours »
Pour lui répondre la porte-parole du gouvernement, Maud Bergeon a estimé que « personne ne pouvait « suspecter Annie Genevard d’avoir la moindre connivence avec l’Union des droites […] « et l’insinuer, comme vous l’avez fait, est un manque de respect vis-à-vis de l’ensemble de son parcours, de l’ensemble de son engagement, y compris par ailleurs contre son propre parti politique. Ce n’est pas très sérieux de votre part ».
La ministre a aussi rappelé que lors de la dernière discussion budgétaire, lorsqu’il s’est agi de trouver des alliés à l’Assemblée nationale, le gouvernement avait « fait le choix de discuter avec les socialistes et non avec leur rassemblement national ».
« Madame la Ministre, vous n’avez pas répondu à ma question qui était de savoir comment vous alliez mobiliser les Français contre l’extrême droite, vous vous êtes justifiée très mal, vous avez défendu une ministre qui ne mérite pas d’être défendue et je n’aurai pas la cruauté de répondre à l’indigence de votre réponse », a rétorqué la sénatrice.