Les syndicats opposés à la réforme du droit du travail, CGT et Solidaires en tête, battent à nouveau le pavé et font grève jeudi, pour tenter d...
Code du travail: les détracteurs de la réforme tentent de peser dans la rue
Les syndicats opposés à la réforme du droit du travail, CGT et Solidaires en tête, battent à nouveau le pavé et font grève jeudi, pour tenter d...
Par Bertille OSSEY-WOISARD, avec les bureaux de l'AFP
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Les syndicats opposés à la réforme du droit du travail, CGT et Solidaires en tête, battent à nouveau le pavé et font grève jeudi, pour tenter d'infléchir la position d'un gouvernement résolu à mener son projet à terme.
Des opérations escargots et des blocages étaient signalés à hauteur de Béthune et Compiègne (Hauts-de-France), Nancy et Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), à Rouen ou au Havre.
"Attention fainéants", "Non au CDD de 5 ans": à Nice, les trams et bus étaient couverts de slogans de la CGT peints en blanc, à la façon des écritures de l'artiste Ben.
Jusqu'à présent, le chef de l'Etat s'est montré inflexible pour faire aboutir une réforme applaudie par le patronat et les DRH, et qui reprend certaines de ses promesses emblématiques de campagne.
Depuis New York, il a tranché mardi: "La démocratie, ce n'est pas la rue".
Jeudi, Philippe Louis, président de la CFTC, lui a rétorqué: "La rue aussi, c'est la démocratie", tout en n'appelant pas à se joindre à cette deuxième mobilisation, lancée par la CGT, Solidaires, la FSU et l'Unef.
Les syndicats s'inquiètent notamment d'une baisse des moyens accordés aux représentants du personnel, dans le cadre de la fusion des instances. Ils critiquent également le plafonnement des indemnités prud'homales ou la possibilité de passer outre les syndicats pour négocier dans les entreprises de moins de 50 salariés.
S'il y a consensus entre les syndicats pour dire que cette loi risque d'affaiblir les droits des salariés - une vision que partagent les Français selon les sondages -, ils ne sont pas arrivés à faire front commun.
Code du travail : les prochaines étapes
AFP
"On est bien décidés à ce que les ordonnances ne passent pas. C'est un vrai drame pour la jeunesse de ce pays", a déclaré jeudi Philippe Martinez, numéro un de la CGT, qui défilera à partir de 14H00 à Paris, de Montparnasse jusqu'à place d'Italie.
Comme la semaine dernière, des militants FO, CFE-CGC, CFTC et CFDT viendront gonfler les troupes des défilés, en opposition avec les lignes de leurs centrales respectives.
Jean-Luc Mélenchon, qui organise samedi avec La France Insoumise son propre cortège contre la réforme, manifestera également jeudi à Paris.
- "Une belle avancée" -
L'ampleur des manifestations sera cruciale, alors que près de 200 rassemblements et manifestations sont programmés, légèrement plus que le 12 septembre. Mais aucune nouvelle date de mobilisation n'est envisagée pour le moment.
La grève dans les transports publics est nettement moins suivie ce jeudi, avec un trafic quasi normal à la SNCF et normal à la RATP.
Pour ne pas rester en retrait de la grogne, les numéros un de la CFDT, de la CFTC et de l'Unsa ont appelé l'exécutif mardi à "ajuster" les ordonnances, pointant du doigt un projet "déséquilibré", qui "facilite" les licenciements.
Lundi, des syndicats routiers CFDT et CFTC ont ouvert le bal de la contestation de cette semaine, en organisant des rassemblements à Paris et en régions.
Les syndicats CGT et FO du transport vont prendre le relais lundi prochain, avec une grève reconductible. Et ils promettent une "mobilisation massive".
Manifestation contre la réforme du code du travail, le 21 septembre 2017 à Rennes
AFP
La fédération CGT des services publics a de son côté déposé un préavis de grève courant du lundi 25 septembre au 15 octobre.
A contre-courant des critiques syndicales, la principale association de DRH (ANDRH) a salué mercredi des ordonnances "très positives", qui vont "moderniser" et simplifier" la vie des entreprises.
De son côté, Pierre Gattaz, le patron du Medef, se réjouit de la réforme, jugeant que "c'est une belle avancée qui va favoriser la confiance pour le redressement du pays".
Après avoir annoncé une série de mesures impopulaires, pour faire des économies, le gouvernement devra faire face à d'autres contestations, dont celle de retraités le 28 septembre contre la hausse de la CSG, ou des fonctionnaires, le 10 octobre, opposés aux suppressions de postes prévues ou à la réinstauration du jour de carence.
Le 12 septembre, entre 223.000 et 500.000 personnes ont défilé dans toute la France (chiffres police et CGT), soit autant que la première journée de contestation de la loi travail, en 2016.
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