Affaire Lyhanna : « Le viol est un problème d’hommes, le meurtre est un problème d’hommes », dénonce la sénatrice écologiste, Mélanie Vogel

Dans la foulée du meurtre de la jeune Lyhanna dans le Gers et de celle de Noahm à Metz sur fond d’homophobie, la sénatrice écologiste, Mélanie Vogel a livré un réquisitoire sévère contre « le système des violences masculines », lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat.
Rédaction Public Sénat

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Le ton était ferme, les mots percutants, ce qui a un peu perturbé la droite de l’hémicycle qui a, à certains moments, hué l’intervention de la sénatrice écologiste, Mélanie Vogel lors des questions d’actualité au gouvernement. « Il faut aussi tout un village pour violer un enfant. Il faut tout un village pour tuer sa femme et il faut tout un village pour battre à mort un jeune homme, Noahm, parce qu’il est gay, en pleine rue. Le jour où s’ouvre le mois de la fierté en France », a-t-elle commencé en référence, au jeune homme décédé le 2 juin après une violente attaque, sur fond d’homophobie dans le centre-ville de Metz.

« Ce sont des violences de genre dirigées contre les enfants, contre les femmes, contre les personnes LGBT qui ont en commun ceux qui les commettent, les hommes. Le viol est un problème d’hommes, le meurtre est un problème d’hommes, la violence est un problème d’hommes, nous avons un problème avec les hommes. Pas tous les hommes, mais tous des hommes », a-t-elle martelé.

« Nous sommes des millions à ne plus accepter de vivre dans une société où la norme est que les hommes violent, battent et tuent »

La sénatrice a réfuté la défense de l’exécutif qui assure que les dysfonctionnements qui ont conduit au meurtre de Lyhanna ne sont pas dus à un manque de moyens. « Tant qu’on parlera principalement de la procureure d’Auch, de responsabilité individuelle, tant qu’on ne voudra pas entendre d’arguments sur les moyens, alors que la France a quatre fois moins de procureurs que la moyenne européenne. Qu’à moyen constant il est impossible de bien traiter les plaintes, donc on sous-investira dans la prévention et dans l’éducation, tant qu’on ignorera ce rapport de 2022 issu des services de l’Etat qui étrille notre gestion judiciaire des enquêtes sur les violences faites aux enfants, tant qu’on votera des lois sans moyens, tant qu’on entendra des propositions absurdes comme la castration chimique qui trahissent un complet et total mépris du sujet […] tant que le gouvernement niera que c’est une révolution culturelle qu’il faut engager, on ne sortira pas du système des violences masculines », a-t-elle enchaîné avant de finir : « Nous sommes aujourd’hui des millions à ne plus accepter de vivre dans une société où la norme est que les hommes violent, battent et tuent ».

Pour lui répondre, la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé a détaillé la « responsabilité » de son gouvernement. « Notre responsabilité, c’est d’agir […] Nous avons avec ce projet de loi sur la protection de l’enfance, la capacité à faire plus, à faire mieux et à faire vite et c’était exactement le chemin que nous allons emprunter et je pense et j’espère que nous pouvons le faire ensemble », a-t-elle plaidé.

 

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