« Combien faudra-t-il encore de marches blanches ? Combien encore de vies brisées, de familles déchirées ? Combien de larmes ? Combien de fois devrons-nous encore répéter ce slogan qui sonne dans le vide, plus jamais ça ? Pour nos enfants, pour leur protection, y aura-t-il un avant, et surtout un après, le meurtre de Lyhanna ? » À l’instar d’autres collègues avant lui, le patron des sénateurs socialistes a lui aussi consacré sa question au drame qui a endeuillé toute la France, celui du meurtre de la jeune Lyhanna dans le Gers, malgré des alertes ignorées vis-à-vis du principal suspect.
Évoquant une « chaîne systémique de défaillance dont l’État est le premier responsable », le sénateur du Nord a réclamé au gouvernement des « solutions », tout en étant conscient qu’il n’y avait pas de « solution miracle ». Et désapprouver les propos du chef de l’État, lequel affirmait qu’il n’y avait pas eu de manque de moyens.
« Tout ce que vous avez dit est vrai, mais malheureusement l’enquête le montrera, je le crains, qu’en cas d’espèce, la question des moyens n’est pas en cause […] Vous savez très bien que dans la mise en œuvre des services publics, parfois il peut y avoir des manquements », a répondu Sébastien Lecornu. Le chef du gouvernement est toutefois allé dans le sens du sénateur en reconnaissant que la psychiatrie constituait un « énorme enjeu » et le « parent pauvre » de l’action publique.
« On peut travailler vite mais qu’on doit travailler bien »
« Est-ce qu’il faut réformer de fond en compte beaucoup d’éléments de politique publique oui […] Est ce qu’on peut changer le droit pour mieux faire, oui, on va le faire », a-t-il également promis, en réponse à ce « fait de société », qui illustre aussi une « montée de la violence dans notre pays ». Et d’ajouter « Je pense qu’on peut travailler vite mais qu’on doit travailler bien. En tout cas, c’est l’engagement que je prends. »
S’agissant de réponse législative, Patrick Kanner a évoqué la proposition de loi déposée par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez en novembre 2025. Il s’agit d’une stratégie globale pour protéger les femmes et les enfants des violences sexistes et sexuelles et « réformer en profondeur le système judiciaire ». Sébastien Lecornu lui a assuré qu’il recevrait son auteure, ainsi que plusieurs de ses collègues, en début de semaine. « On va se laisser tout le week-end d’ailleurs pour travailler », a-t-il prévenu.
Jugeant le texte « utile », Sébastien Lecornu relève néanmoins que certaines contradictions apparaissent. Le texte propose une suppression des récentes Cours criminelles départementales, pour rétablir la Cour d’assises avec un jury populaire. « Et vous avez un article ensuite qui dit qu’il faut plutôt aller vers une cour de magistrats professionnels mieux formés », a relevé le Premier ministre.
Défendant une approche basée sur la « sagesse », « l’efficacité » et la « fermeté », Sébastien Lecornu dit souhaiter « des chemins de compromis et de sérieux pour y arriver ».