Guerres, attentats, débâcle financière: les présidents français ont tous été confrontés à des situations de crise majeure, comme l'est aujourd...
Coronavirus: des présidents face aux crises de la Ve République
Guerres, attentats, débâcle financière: les présidents français ont tous été confrontés à des situations de crise majeure, comme l'est aujourd...
Par Pierre ROCHICCIOLI
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Guerres, attentats, débâcle financière: les présidents français ont tous été confrontés à des situations de crise majeure, comme l'est aujourd'hui Emmanuel Macron avec le coronavirus. Cinq exemples qui ont marqué la Ve République.
François Hollande et les attentats de 2015
Le président se rend le 7 janvier à Charlie Hebdo peu après une tuerie (12 morts) et conduit le 11 janvier, avec cinquante chefs d’État une immense manifestation en hommage aux victimes.
L'ancien président François Hollande à Paris le 11 février 2020
AFP/Archives
Le 13 novembre, il est au Stade de France puis au Bataclan, après les pires attentats en France (130 morts). Il décrète l'état d'urgence et ferme les frontières. Ce séisme politique conduit Russe, Américain et Français à coordonner leur stratégie contre Daech. Les lois antiterroristes se succèdent mais le texte sur la déchéance de la nationalité qui divise la majorité est abandonné.
"Face à une attaque d'une envergure inédite (...) c'est d'abord l'esprit de décision qui doit l'emporter", a-t-il confié au Point.
"Le chef de l’État a le devoir de marquer par ses actes ce que la communauté nationale attend de lui, pas seulement une réaction de douleur, de peine partagée, mais aussi de fermeté, d'unité. Il faut parler à la Nation".
Nicolas Sarkozy et la crise financière de 2008
Lorsque la banque américaine Lehman Brothers s'effondre le 15 septembre 2008, mettant le feu à la planète finance, Nicolas Sarkozy préside l'Union européenne. Il organise un sommet de la zone euro le 12 octobre et pousse à une relance budgétaire coordonnée au G20 d'avril 2009. En France, il annonce 400 milliards d'euros de soutien aux banques.
Edouard Philippe (gauche) et Nicolas Sarkozy lors d'une cérémonie en hommage aux victirmes du terrorisme à Paris, le 11 mars 2020
AFP/Archives
"Je ne dis pas qu'on a tout fait bien, tout réussi, mais dans la crise, il y a une opportunité: c'est qu'on peut agir avec plus de forces et de rapidité", a expliqué l'ex-président au Figaro et France Culture, soulignant certains bénéfices qui en sont sortis comme l'encadrement des banques ou la lutte contre les paradis fiscaux.
Mais "la crise a aussi impacté des décisions qu'il pensait mettre en oeuvre (réduction d'impôts, dépenses plus importantes)", souligne son ex-communiquant Franck Louvrier.
Chirac dit "non" à la guerre en Irak
En 2003, Jacques Chirac dit un "non" historique à la guerre en Irak voulue et menée par les États-unis. Dans un discours retentissant, le 14 février à l'ONU, le chef de la diplomatie française Dominique de Villepin relais ce refus au nom "d'un vieux pays", salué dans les pays arabes.
"Cette décision assurera à Jacques Chirac qui disposait d'un socle électoral très faible, une popularité majoritaire" pendant deux ans avant de s'émousser, souligne le politologue Frédéric Dabi.
Mitterrand: euromissiles et guerre au Koweït
En pleine crise des euromissiles entre l'Otan et la Russie, François Mitterrand affirme en 1983: "Je pense que l'opinion a des raisons fondées" de craindre un conflit armé, dans une émission politique où il s'affiche en chef de guerre: "la pièce maîtresse de la stratégie de dissuasion de la France, c'est moi".
Avec un ton encore plus martial, il annoncera en janvier 1991 l'entrée en guerre de la France contre l'Irak de Saddam Hussein. "Les armes vont parler", lance-t-il dans une allocution télévisée, appelant les Français "à faire bloc autour de nos soldats". Sa popularité bondit de 37% à 56%", rappelle Frédéric Dabi.
De Gaulle, maître en communication de crise
L'homme de l'appel du 18 juin 1940 a affronté deux grandes crises en tant que président: la guerre d'Algérie et mai 68.
"De Gaulle n'a jamais été aussi bon qu'en temps de crise. Il avait cette capacité à s'adresser directement au peuple avec une vision tragique de l'histoire", souligne le sociologue des médias Dominique Wolton.
En avril 1961, le général déclenche l'article 16 de la nouvelle constitution de 1958 qui lui donne les pleins pouvoirs, après le putsch des généraux à Alger. Dans un célèbre discours, il appelle "les soldats à ne pas exécuter les ordres" d'un "quarteron de généraux en retraite", et aux Français à l'aider. L'armée le suivra.
Le 30 mai 1968, dans un pays bloqué par les grèves et les manifestations étudiantes, il annonce qu'il ne se retirera pas et dissout l'Assemblée nationale. Le jour même une contre-manifestation gaulliste réunira quelque 400.000 personnes à Paris, amorce d'un raz-de-marée gaulliste aux législatives suivantes. Il démissionnera toutefois un an plus tard, après avoir essuyé un "non" à un référendum sur les institutions.
Dans l'affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la cour d'appel de Paris a pris en compte « la liberté des candidatures » et « la liberté de choix de l'électeur » en condamnant Marine Le Pen à quinze mois ferme d'inéligibilité. Les juges ont aussi condamné la députée RN à un an de prison aménageable sous bracelet électronique. Une peine qui pourrait être suspendue si Marine Le Pen décidait de se lancer dans la course à la présidentielle.
Le sénateur (LR) Jean-François Husson ressort mécontent d’une réunion sur les perspectives des finances publiques, à laquelle a participé le gouvernement, des parlementaires, des représentants des collectivités locales ou encore de la Sécurité sociale. « Beaucoup de communication et très peu d’action », déplore le sénateur. Bercy annonce des mesures supplémentaires de freinage de la dépense, à hauteur de 3 milliards d’euros.
Coup de théâtre dans l’affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la Cour d’appel n’a pas suivi les réquisitions du parquet et a réduit la peine d’inéligibilité de Marine Le Pen de 5 ans à 45 mois dont 30 mois avec sursis et à une peine de trois ans de prison ferme dont un an sous bracelet électronique. Elle pourrait donc être candidate à l’élection présidentielle.
A l’issue du délibéré, dans l’affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la cour d’appel de Paris a revu à la baisse la condamnation de la députée RN. Condamnée à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 avec sursis, elle peut en théorie être candidate à la présidentielle de 2027, mais la cour d'appel de Paris l'a aussi condamnée à un an de prison aménageable sous bracelet électronique. Or, Marine Le Pen a d’ores et déjà estimé qu’il ne lui serait « pas possible » de faire campagne dans ces conditions. La décision d’être candidate lui revient.