Coronavirus: la droite distille ses critiques sur la gestion de la crise
Masques, chloroquine, désinfection... alors que l'épidémie de coronavirus s'aggrave rapidement en France, la droite distille, au...

Coronavirus: la droite distille ses critiques sur la gestion de la crise

Masques, chloroquine, désinfection... alors que l'épidémie de coronavirus s'aggrave rapidement en France, la droite distille, au...
Public Sénat

Par Claire GALLEN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Masques, chloroquine, désinfection... alors que l'épidémie de coronavirus s'aggrave rapidement en France, la droite distille, au nom de la transparence, ses critiques sur la gestion de la crise par l'exécutif.

Le patron des députés LR Damien Abad a donné le ton jeudi, regrettant "le peu de réponses" concrètes apportées par Emmanuel Macron la veille à Mulhouse, et estimant que l'urgence était aux masques et aux dépistages plus qu'à un nouveau plan pour l'hôpital.

Dans son discours de mercredi soir, le chef de l'Etat avait appelé à "l'union" pour mener "la guerre" contre l'épidémie de coronavirus, en fustigeant "les facteurs de divisions" et "celles et ceux qui voudraient fracturer le pays".

La critique a-t-elle sa place dans cet appel à la concorde? Pour M. Abad, "on peut être dans une démarche d'union et interroger le gouvernement sur la pénurie des masques, du gel, des tests...".

"Notre rôle, c'est aussi de relayer les interrogations que se posent les Français, pas de mettre la poussière sous le tapis. L'union repose sur la transparence, la vérité", a-t-il insisté.

Un rôle de veille également revendiqué par le président LR du Sénat Gérard Larcher: "Nous exercerons pleinement notre mission de contrôle" sur les mesures d'état d'urgence, a-t-il martelé mercredi, car s'il faut "un rapport de confiance" avec l'exécutif, "cela ne veut pas dire défaut de vigilance".

"Le message n'est pas simple, on est dans l'opposition mais l'heure est à l'unité nationale. Et en même temps on ne doit pas laisser la place aux extrêmes. Donc on doit être dans le contrôle et la proposition", résume une collaboratrice LR.

Dans une démarche de responsabilité que revendique la droite, certains ont pris les devants depuis une dizaine de jours pour montrer la marche à suivre dans la gestion de la crise.

Plusieurs présidents de région LR ou ex-LR ont ainsi commandé des milliers de masques: Valérie Pécresse (Ile-de-France), Xavier Bertrand (Hauts-de-France), Renaud Muselier (PACA), Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes)...

Le maire LR de Nice Christian Estrosi a lui lancé une campagne de "désinfection des espaces publics" de sa ville, mesure fréquente en Chine mais inédite en France.

M. Estrosi s'était déjà démarqué en début de semaine sur le sujet de la chloroquine, cet antipaludéen testé par le Dr Didier Raoult contre le coronavirus, mais qui suscite des réserves dans la communauté scientifique.

- "Un temps de retard" -

"Nous sommes en guerre et nous n'avons pas le temps d'expérimenter sur des souris pendant 6 mois", lançait le 23 mars le maire de Nice, lui-même contaminé par le coronavirus.

Egalement contaminées, et traitées à la chloroquine, la présidente des Bouches-du-Rhône Martine Vassal et la députée LR Valérie Boyer ont publiquement pris la défense du Pr. Raoult, égratignant au passage l'exécutif.

"Les personnes qui critiquent le traitement (...) ont été incapables de protéger les Français" avec des masques et "de commander à temps les tests", a lancé Mme Boyer.

Le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau a aussi déploré que "notre pays a eu un temps de retard sur les masques, sur le dépistage, sur le confinement, n'en n'ajoutons pas sur le traitement".

Le manque de masques avait aussi été pointé avec virulence par le chef des urgences de Pompidou Philippe Juvin, également maire LR de La Garenne Colombes -- un engagement politique qui lui a été rapidement renvoyé.

Car ces critiques irritent dans la majorité. "Les Français ne comprennent pas le double langage de l'opposition: l'étendard de l'unité dans une main, la dague politicienne dans l'autre", a lancé jeudi sur Twitter le patron des députés LREM Gilles Le Gendre, pour qui "la controverse démocratique, c'est après!"

A contre-courant des critiques, Xavier Bertrand (ex-LR) a prôné jeudi le "zéro polémique", assurant qu'il avait "eu l'occasion de faire savoir ce (qu'il) pensait d'un certain nombre de décisions", mais "aux intéressés" directement.

"Notre obligation aujourd'hui est de nous serrer les coudes", a ajouté M. Bertrand, régulièrement évoqué à droite pour la présidentielle de 2022.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Emergency closed-door meeting political party leaders organised by Macron
3min

Politique

Présidentielle 2027 : les Écologistes reportent l'heure du choix à décembre, Marine Tondelier toujours en lice

Réunis en conseil fédéral, les Écologistes ont adopté, selon le résultat communiqué lundi 21 septembre, à 69,44 %, une motion actant un vote des adhérents en décembre sur leur stratégie présidentielle. D’ici là, Marine Tondelier reste la candidate du parti, tandis que la direction ouvre des négociations avec les autres forces de gauche.

Le

Blois: Olivier Faure closes the Socialist Party s Summer University
7min

Politique

Glucksmann qualifié de « stagiaire » par Ségolène Royal : la primaire est-elle une machine à perdre ?

La campagne de la primaire PS/Place Publique a à peine commencé, et déjà le piège de la division apparaît. Ségolène Royal a usé d’un qualificatif peu amène à l’encontre du favori, Raphaël Glucksmann. Elle a été rappelée à l’ordre par la commission d’organisation de la primaire. C’est toute la dualité de ce processus de sélection « censé lancer une dynamique » d’un camp tout en « maximisant les divisions », note Pierre-Nicolas Baudot, politiste, spécialiste de la gauche.

Le

Coronavirus: la droite distille ses critiques sur la gestion de la crise
9min

Politique

« Faire la transition vers une IA durable constitue un impératif environnemental, mais peut aussi devenir un facteur de compétitivité pour la France », selon un rapport du Sénat

Consacré à l’empreinte environnementale de l’IA et dans la continuité des travaux de 2020 de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, le Sénat publie ce lundi 21 septembre les conclusions de son rapport présenté par les rapporteurs Guillaume Chevrollier (LR), Damien Michallet (LR) et Simon Uzenat (PS).

Le