Les Écologistes ont décidé de se donner encore quelques mois avant de trancher. Réuni ce lundi 21 septembre, le Conseil fédéral a adopté la motion « Pour l’Écologie, pour l’Union : avancer et décider ensemble », déposée par la direction, avec 69,44 % des suffrages exprimés et 93 % de participation. Les adhérents voteront du 10 au 13 décembre pour choisir entre deux orientations : une candidature issue du parti, celle de Marine Tondelier, ou le ralliement à un candidat d’une autre formation de gauche.
Le texte enterre officiellement la primaire de la gauche et des écologistes, réclamée par le parti avant l’été et enterrée par le refus des socialistes. Faute de ce cadre, la direction repousse l’heure du choix. Un report qui permet à Marine Tondelier de garder la main, tout en laissant ouverte la porte d’un ralliement.
Marine Tondelier reste candidate… pour l’instant
Jusqu’au scrutin de décembre, la secrétaire nationale des Écologistes conserve officiellement l’investiture. La motion prévoit qu’elle continuera de « porter et incarner » le projet et les priorités écologistes pendant la campagne, avant que les adhérents ne déterminent la suite du processus. Cette position prolonge la ligne défendue par Marine Tondelier depuis l’été. Lors des Journées d’été des Écologistes, fin août, à Grenoble, elle avait confirmé son souhait de porter une candidature écologiste tout en défendant la nécessité d’une union de la gauche.
Mais derrière le maintien de sa candidature, la direction prépare déjà l’autre scénario. Des équipes doivent engager des discussions avec les différentes formations de gauche afin de travailler à un « projet partagé », mais aussi à un contrat de gouvernement et à des accords pour les élections législatives. Les différentes options soumises aux militants doivent être présentées à la fin novembre.
Un parti en proie au doute
Le report de la décision ne met pas fin aux fractures. Ce choix par défaut traduit la division du parti, qui se répartit en trois camps. D’un côté, la députée Sandrine Rousseau plaide pour un alignement rapide derrière Jean-Luc Mélenchon (LFI), en tête des sondages à gauche. De l’autre, le sénateur, Yannick Jadot préférerait se ranger derrière Raphaël Glucksmann (Place Publique), sur une ligne sociale-démocrate. Certains militants, enfin, réclament une candidature écologiste autonome. Le calendrier offre au parti quelques semaines pour transformer ces querelles en véritable débat stratégique.