Coronavirus: les oppositions interpellent le gouvernement, Philippe défend « une information transparente »
"Le risque d'épidémie impose une coordination parfaite et une information transparente: c'est ce que nous faisons", a défendu mardi Édouard...

Coronavirus: les oppositions interpellent le gouvernement, Philippe défend « une information transparente »

"Le risque d'épidémie impose une coordination parfaite et une information transparente: c'est ce que nous faisons", a défendu mardi Édouard...
Public Sénat

Par Paul AUBRIAT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

"Le risque d'épidémie impose une coordination parfaite et une information transparente: c'est ce que nous faisons", a défendu mardi Édouard Philippe, interpellé par les oppositions sur le coronavirus, dont une épidémie est jugée "à nos portes" par le ministre de la Santé.

Le Premier ministre, qui s'est exprimé lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, a dit se tenir "à disposition pour organiser, avec l'ensemble des présidents de partis politiques et des groupes parlementaires, une réunion pour dire très exactement où nous en sommes, en ayant conscience que la situation exigera des mesures au fur et à mesure que nous en saurons plus".

Il répondait à une demande formulée en ce sens par le premier secrétaire du Parti socialiste, le député Olivier Faure.

Il a par ailleurs indiqué avoir écrit à "l'ensemble des maires de France, aux présidents des conseils départementaux et des conseils régionaux" pour leur préciser les mesures prises et l'état des connaissances quant au coronavirus.

D'autres responsables politiques de l'opposition se sont inquiétés mardi d'un possible manque de préparation de la France à une arrivée de l'épidémie due au coronavirus dans le pays.

Marine Le Pen a notamment de nouveau réclamé mardi des contrôles aux frontières. "Les Français ne sont pas des enfants, il faut leur dire la vérité. Ne pas leur dire la vérité c’est en réalité aggraver le sentiment de danger de la population", a accusé la présidente du Rassemblement national lors d'une visite au salon de l'agriculture.

Le ministre de la Santé Olivier Véran, interrogé sur BFMTV sur ces déclarations de la dirigeante du RN, a répliqué en estimant que "les polémiques sont vaines, j'ai même tendance à penser qu'elles ne sont pas dignes à l'heure où les professionnels de santé (...) sont extrêmement mobilisés pour éviter la contamination et éviter que des gens tombent malades".

Marine Le Pen, au Salon de l'agriculture à Paris le 25 février 2020
Marine Le Pen, au Salon de l'agriculture à Paris le 25 février 2020
AFP

"Ce qui nous intéresse, c'est la sécurité des Français, ce ne sont pas les ragots de Mme Le Pen", a-t-il ajouté. Le ministre, qui avait déjà expliqué plus tôt que la France "ne ferme pas les frontières car ça n'aurait pas de sens", a souligné à l'issue d'une réunion avec ses homologues européens à Rome que cette position était partagée officiellement par les autres pays frontaliers de l'Italie.

M. Véran avait auparavant assuré que l'épidémie de coronavirus était "à nos portes". En début de soirée, le numéro deux du ministère de la Santé, le Pr Jérôme Salomon, a indiqué que deux nouveaux cas de contamination ont été confirmés en France, en précisant que l'état de santé de ces personnes n'inspirait aucune inquiétude.

- "Être réactif" -

Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, a mis en cause pour sa part "un retard à l'allumage de la part des autorités sanitaires" après le développement de l'épidémie en Italie.

"Nos connaissances évoluent forcément au fur et à mesure des jours qui passent, et nous devons évidemment, pour faire face à ce problème, être réactifs et prendre au fur et à mesure, les décisions qui s'imposent", lui a indirectement répondu Édouard Philippe.

Le Premier ministre a en outre indiqué qu'il n'était pas "utile" d'annuler le carnaval de Nice, tel que certains l'avaient suggéré, alors que le carnaval de Venise a été interrompu.

A Paris, une autre polémique a également éclaté: "Nous n'avons pas eu communication d'un plan global sur le risque pandémique", a regretté le premier adjoint de la maire PS d'Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, selon qui "il est temps que l'État prenne la main".

Anne Hidalgo s'est par ailleurs offusquée des déclarations d'Agnès Buzyn, ex-ministre de la Santé devenue candidate LREM à Paris, qui avait affirmé lundi que son ancien ministère n'avait "pas eu de contact avec la mairie de Paris" pour anticiper une éventuelle épidémie.

"Je trouve ces propos tellement irresponsables de la part de l'ancienne ministre de la Santé que les bras m’en tombent presque", a réagi Anne Hidalgo mardi sur Europe 1, en brandissant un courrier adressé au ministère et la réponse rédigée par Agnès Buzyn.

Dans ce courrier daté du 12 février, Mme Buzyn se félicitait alors que la "proposition du principe de précaution" formulée par la maire de Paris soit "en adéquation" avec les recommandations ministérielles.

Partager cet article

Dans la même thématique

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le

L’Assemblée nationale valide la suspension de la réforme des retraites
4min

Politique

Travail le 1er mai : après son rejet à l’Assemblée, le texte file en commission mixte paritaire où députés et sénateurs devront s’accorder

Les députes macronistes ont fait rejeter vendredi à l’Assemblée une proposition de loi sénatoriale qu’ils soutenaient visant à autoriser les salariés des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai. Une manière de s’éviter des débats tendus face à une gauche vent debout contre la mesure. Les députés de la majorité espèrent s’accorder avec les sénateurs en commission mixte paritaire dans les prochains jours.

Le