La droite sénatoriale a surpris son monde, mardi, dans la nuit. Les troupes LR ont voté contre l’article phare de la loi de programmation militaire qui prévoyait la hausse de 36 milliards du budget des armées d’ici 2030. Les sénateurs voulaient pousser ce montant à 50 milliards, soit 14 milliards de plus. Devant le refus du gouvernement, la droite a donc riposté en rejetant l’enveloppe dans son ensemble. « Alors effectivement, ça a été un coup de théâtre, parce que ce n’était pas complètement prévu. […] C’est un chapitre parmi d’autres dans la procédure parlementaire », désamorce le sénateur LR Hugues Saury au micro de Public Sénat, ce jeudi.
Au risque d’enterrer une rallonge budgétaire réclamée de longue date ? « On savait très bien que de toute façon, les 36 milliards restaient dans le texte de l’Assemblée nationale. Donc, il n’y avait aucun risque de perdre les 36 milliards », justifie l’élu, membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat. Comme son collègue président de la commission, Cédric Perrin (LR), il assume ce choix.
« La priorité des priorités, c’est la défense de notre pays »
« On parle d’un sujet grave […] Il faut que les parlementaires trouvent une solution », a réagi Sébastien Lecornu à la sortie des questions d’actualité au gouvernement en milieu de semaine. Un message adressé à la droite, qui a longtemps marché main dans la main avec l’exécutif sur ce texte, censé répondre aux menaces géopolitiques croissantes et à la course à l’armement engagé aux quatre coins du globe.
Pour justifier de s’en tenir aux 36 milliards, le gouvernement invoque la situation budgétaire. Le Premier ministre appelle à maintenir une « trajectoire soutenable ». « Il y a des priorités, des arbitrages à faire. Mais la priorité des priorités, c’est la défense de notre pays », balaye Hugues Saury, qui pointe les propres propos du chef de l’État sur le risque d’une guerre impliquant la France.
Le texte file désormais en commission mixte paritaire, où sept députés et sept sénateurs devront se mettre d’accord. D’ici là, « il y a probablement des négociations à avoir pour essayer de conserver tout ou partie de ces 14 milliards », juge Hugues Saury. La droite n’a pas encore désarmé.