Division de la gauche : Mennucci dénonce le « grand n’importe quoi » de certaines candidatures et défend le programme « de gouvernement » d’Hidalgo
Invité de la matinale de Public Sénat mercredi, l’ex élu marseillais Patrick Mennucci a pris la défense d’Anne Hidalgo, toujours au point mort dans les sondages. Il estime que le programme de la maire de Paris est le seul qui puisse rassembler une majorité d’électeurs de gauche.

Division de la gauche : Mennucci dénonce le « grand n’importe quoi » de certaines candidatures et défend le programme « de gouvernement » d’Hidalgo

Invité de la matinale de Public Sénat mercredi, l’ex élu marseillais Patrick Mennucci a pris la défense d’Anne Hidalgo, toujours au point mort dans les sondages. Il estime que le programme de la maire de Paris est le seul qui puisse rassembler une majorité d’électeurs de gauche.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Engluée dans les profondeurs du classement. Anne Hidalgo continue à stagner dans la plupart des sondages autour de 3 % des intentions de vote. Et commence même à s’affaisser dans certaines enquêtes : publié lundi, le baromètre hebdomadaire Cluster 17 pour le magazine Marianne la donne à 1,5 % des intentions de vote, ce qui la place derrière les principaux candidats de gauche. « Jusqu’où peut-elle tenir ? », interroge Le Parisien. Une question qui agace tout particulièrement Patrick Mennucci, ancien poids lourd du PS, appelé il y a quelques semaines à la rescousse pour soutenir la candidate dans sa course à l’Elysée. « Je n’entends aucun électeur de gauche se poser cette question », balaye l’ex-élu marseillais, au micro de « Bonjour chez Vous » sur Public Sénat, avant de dénoncer un « storytelling construit par la presse ».

Il estime notamment que la légitimité de la candidate se voit renforcée par les 652 parrainages déjà glanés, faisant d’elle la première personnalité de gauche à se positionner officiellement sur la ligne de départ, quand d’autres n’ont qu’« une trentaine » de signatures pour le moment. En l’occurrence : Christiane Taubira, entrée en campagne au nom du rassemblement mais qui, sans bénéficier jusqu’à présent d’un très fort effet d’entraînement, contribue aussi à l’émiettement des intentions de vote.

« Nous savons qu’avec le PS c’est faisable, parce qu’il a gouverné »

« Anne Hidalgo est la seule dans ce concert à incarner la gauche de gouvernement, assure Patrick Mennucci « Pour le reste, il s’agit d’une façon de faire de la politique qui ne prend pas en compte le réel. » L’ancien maire du 1er secteur de Marseille fustige ainsi le « grand n’importe quoi » de certains candidats. Il considère, par exemple, que la proposition de hausse du Smic portée par Anne Hidalgo est plus crédible que la revalorisation défendue par les autres postulants à l’investiture suprême. « La vérité, c’est que nous savons qu’avec le PS c’est faisable, parce qu’il a gouverné. Il y a des exemples dans l’histoire de la revalorisation des salaires par les socialistes », argue-t-il. Autre mesure qu’il défend comme un important marqueur de gauche : la limitation des écarts salariaux. « L’intérêt de cette proposition, c’est que quand le patron voudra s’augmenter, il sera obligé aussi d’augmenter ses salariés ».

Il cite encore le bilan parisien d’Anne Hidalgo, preuve selon lui des capacités de gestion de la candidate, notamment en matière de transition écologique. « On est trop dans la pudeur sur la qualité de sa gestion parisienne », regrette Patrick Mennucci. Qui, après une quarantaine d’années comme élu de la Cité phocéenne, lance à propos de la Ville Lumière : « Vivant à Paris, je considère vivre dans la ville la plus propre où je n’ai jamais vécu. »

« Vous pensez qu’en ajoutant des candidats on additionne les voix ? »

Interrogé sur l’engouement rencontré par Fabien Roussel, crédité de 3 % des intentions de vote dans les sondages, quinze ans après les 1,93 % de Marie-George Buffet, dernière candidate du PCF à la présidentielle, Patrick Mennucci veut seulement y voir une candidature de témoignage : « Il poursuit une opération de maintien du Parti communiste. » Quant aux discussions entre Christiane Taubira et Yannick Jadot, ébruitées par Politico et Le Monde ? « Les micmacs à la suite de la primaire populaire… Que voulez-vous que je commente ? Les gens se rencontrent en secret… et se font taper sur les doigts par Sandrine Rousseau parce qu’il n’y avait que des hommes dans la réunion », raille Patrick Mennucci.

À ses yeux, le rassemblement ne se fera pas à travers les personnalités, mais viendra d’abord de la base électorale. « La question centrale, ce n’est pas un accord des candidats, mais que les électeurs puissent se reconnaître dans le programme. Vous pensez qu’en ajoutant des candidats on additionne les voix ? non ! », martèle le socialiste.

Partager cet article

Dans la même thématique

Division de la gauche : Mennucci dénonce le « grand n’importe quoi » de certaines candidatures et défend le programme « de gouvernement » d’Hidalgo
3min

Politique

Lycéens, carburant, agriculteurs : Sébastien Lecornu appelle à l'apaisement sans annoncer de moyens supplémentaires

Dans une allocution de 15 minutes enregistrée depuis Matignon, Sébastien Lecornu a assuré que le gouvernement avait pris conscience des crises que traverse le pays tout en réaffirmant sa volonté de ramener le déficit à 5 % du produit intérieur brut en 2027. S'il affirme ne pas être indifférent aux angoisses des lycéens, il renvoie leurs revendications au débat budgétaire. Il a toutefois annoncé la libération de 10 millions de barils de gazole afin de faire baisser le prix du litre de gazole à la pompe de 12 à 18 centimes.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Manifestations lycéennes : mis en cause sur sa gestion du maintien de l’ordre, Laurent Nuñez pressé de trouver la voie de l’apaisement

Les mutilations de plusieurs élèves lors des manifestations lycéennes ont remis brutalement sur le devant de la scène la doctrine du maintien de l’ordre. Un rapport du Sénat sur ce sujet sera présenté dans les prochains jours. En attendant, faisant face aux demandes de démission des oppositions de gauche, le ministre de l’Intérieur a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes et a longuement justifié l’action des forces de l’ordre, lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale.

Le

Memorial Site Honors Victims of the Hamas Attack at the Nova Music Festival
5min

Politique

7-Octobre : Trois ans après l’attaque du Hamas, les juifs de France continuent de vivre un « traumatisme »

L’émotion se fait ressentir en ce 7 octobre 2026. Trois ans après l’attaque du Hamas en Israël, plusieurs commémorations sont prévues en Israël, notamment à Réïm où certains politiques français se sont rendus. En France, le président du Crif explique que les Français juifs continuent de vivre ce « traumatisme » et regrette qu’ils soient « associés à un conflit » dont ils « ne sont pas responsables ».

Le