Les effets du psychodrame autour de la répartition des postes clefs à l'Assemblée se faisaient encore sentir jeudi, entre recours et nouvelles...
Encore des remous à l’Assemblée, l’opposition clame ses droits
Les effets du psychodrame autour de la répartition des postes clefs à l'Assemblée se faisaient encore sentir jeudi, entre recours et nouvelles...
Par Charlotte HILL
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Les effets du psychodrame autour de la répartition des postes clefs à l'Assemblée se faisaient encore sentir jeudi, entre recours et nouvelles batailles pour les présidences de commission, sur fond d'inquiétudes de l'opposition quant au respect de ses droits.
Dans une atmosphère moins électrique que la veille, l'attribution des présidences des huit commissions permanentes (Lois, Affaires sociales, Défense...) s'est déroulée sans véritables surprises: toutes sont allées à des députés La République en marche ou MoDem, hormis la commission des Finances dédiée à l'opposition depuis 2009, revenue à l'ex-ministre du Budget Eric Woerth (LR).
Mais, au sein de cette commission, trois tours de scrutin ont été nécessaires pour départager les candidats, dont un député du nouveau groupe des "constructifs" (LR-UDI), le centriste Charles de Courson.
Pour apaiser les craintes des Républicains qui redoutaient que la présidence de cette commission ne leur échappe comme le poste de questeur la veille, le chef de file des élus REM Richard Ferrand avait assuré dès mercredi que son groupe ne prendrait pas part au vote.
Mais le psychodrame de la nuit autour du choix comme questeur de "l'opposition" de Thierry Solère, un "constructif" LR qui tiendra ainsi avec deux REM les cordons de la bourse de l'Assemblée, et non d'Eric Ciotti, un LR historique, continuait à connaître des répliques.
D'abord côté LR, où les élus fustigeaient toujours une "trahison des règles démocratiques". Leur chef de file Christian Jacob a fait appel "au président de la République, garant de nos institutions, pour que les droits de l'opposition soient respectés".
Christian Jacob à l'Assemblée nationale, le 28 juin 2017
AFP
Pour le responsable du plus gros groupe d'opposition (100 députés), ces droits ont été "totalement bafoués". Avoir au total "trois questeurs qui ont fait campagne pour le président de la République", ça n'est "pas acceptable", a-t-il déclaré dans les couloirs, soulignant la nécessité d'un "contrôle objectif" des finances du Palais Bourbon par l'opposition.
Le groupe LR plaide pour "une nouvelle élection pour l'ensemble du bureau", qui comprend également les vice-présidents de l'Assemblée, selon Damien Abad.
Côté REM, des élus défendaient, eux, cette élection: "une vraie modernisation de l'Assemblée", selon Bruno Bonnell pour qui il est "intéressant de voir une opposition qui veut essayer de travailler au lieu de se mettre en posture".
- 'Plaques tectoniques' -
Les répliques de cette séquence épique du deuxième jour de la législature touchaient aussi les "constructifs", dont le groupe pourrait vite se fracturer.
"Il y a débat" sur sa pérennité, selon le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde. Ses membres sont "sur des plaques tectoniques qui bougent", d'après son collègue Philippe Vigier.
Certains UDI ont eu le sentiment d'être "les dindons de la farce" et "d'avoir été utilisés depuis une semaine par les LR qui, sans eux, n'auraient pas pu faire leur groupe", a indiqué une source parlementaire.
Pour les "constructifs" issus de LR, le secrétaire général du parti, Bernard Accoyer, prévoit qu'une éventuelle exclusion sera examinée en bureau politique le 11 juillet.
Pour Yves Jégo (UDI), l'élection de M. Solère, "un choix personnel" qui "n'a pas été validé" par le groupe, a entraîné le président de l'Assemblée François de Rugy "vers des errements".
Au final, "l'UDI se retrouve spoliée", selon M. Lagarde alors que M. Jégo était pressenti pour une vice-présidence.
Au motif qu'il n'aurait pas dû y avoir de scrutin, le président de l'UDI a annoncé un recours devant le Conseil constitutionnel "pour contester l'élection des vice-présidents", cinq REM et un MoDem.
Cette nouvelle journée chargée a en outre été percutée par la perpsective de la réunion du Congrès à Versailles lundi, à la veille de la déclaration générale d'Edouard Philippe devant l'Assemblée. Un sujet qui a au moins fait consensus au sein de l'opposition, tous jugeant sévèrement la décision du président Macron.
Les Insoumis n'iront pas, comme MM. Lagarde et Vigier.
Reportage. Dans le département, les équilibres politiques issus des élections municipales laissent présager un net recul des Républicains au profit du parti d’Éric Ciotti allié du Rassemblement National. Sur le terrain, les candidats vont de villes en villages pour convaincre les grands électeurs.
Réunis en conseil fédéral, les Écologistes ont adopté, selon le résultat communiqué lundi 21 septembre, à 69,44 %, une motion actant un vote des adhérents en décembre sur leur stratégie présidentielle. D’ici là, Marine Tondelier reste la candidate du parti, tandis que la direction ouvre des négociations avec les autres forces de gauche.
La campagne de la primaire PS/Place Publique a à peine commencé, et déjà le piège de la division apparaît. Ségolène Royal a usé d’un qualificatif peu amène à l’encontre du favori, Raphaël Glucksmann. Elle a été rappelée à l’ordre par la commission d’organisation de la primaire. C’est toute la dualité de ce processus de sélection « censé lancer une dynamique » d’un camp tout en « maximisant les divisions », note Pierre-Nicolas Baudot, politiste, spécialiste de la gauche.
Consacré à l’empreinte environnementale de l’IA et dans la continuité des travaux de 2020 de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, le Sénat publie ce lundi 21 septembre les conclusions de son rapport présenté par les rapporteurs Guillaume Chevrollier (LR), Damien Michallet (LR) et Simon Uzenat (PS).