Sénatoriales 2026 : Face à LR, l’UDR pourrait remporter la majorité des sièges dans les Alpes-Maritimes
Par Stephane Duguet
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Qu’il est loin le temps du grand chelem où Les Républicains (LR) arrivaient à faire élire les cinq titulaires de leur liste aux élections sénatoriales dans les Alpes-Maritimes. Dominique Estrosi-Sassone, sénatrice LR sortante du département, est bien placée pour le savoir. C’est elle qui a conduit cette liste en 2020, savourant de ramener tous les sièges en jeu sur son territoire dans le giron de la droite. Désormais, l’actuelle présidente de la commission des Affaires économiques joue sa survie politique en espérant rester sénatrice puisque la donne a changé. « Force est de constater que le paysage politique local a été chamboulé après les élections municipales avec des victoires du Rassemblement national (RN) et de son supplétif l’UDR (le parti d’Eric Ciotti, ndlr) en remportant un certain nombre de grandes villes, expose-t-elle. C’est une campagne plus difficile parce qu’elle est plus âpre et que les sièges sont plus disputés. »
La campagne de l’UDR adossée à celle de Marine Le Pen
Eric Ciotti a en effet réussi à remporter la ville de Nice et la métropole Nice Côte d’Azur face au sortant, son ancien mentor, Christian Estrosi, quand le RN a gagné la ville de Menton et celle de Cagnes-sur-Mer. « Cette élection sénatoriale nous est favorable car elle est dans la continuité de ce qu’il se passe à Nice », affirme Laurent Castillo, tête de la liste UDR/RN et actuel député européen membre du groupe présidé par Jordan Bardella, les Patriotes pour l’Europe. Comme le patron de son parti Eric Ciotti, il appelle à une « union des droites » contre « la continuité au centre », incarnée, selon lui, par LR. Une première étape pour, dit-il, « préparer l’alternance en 2027 » qu’il souhaite avec la victoire de Marine Le Pen.
S’il affiche une telle confiance, c’est que les victoires de l’UDR et du RN aux municipales changent de facto le corps des grands électeurs maralpins, composé en majorité d’élus municipaux et de leurs délégués, appelés à voter le 27 septembre pour les listes candidates aux sénatoriales. Ils seront un peu plus de 2000 à devoir glisser un bulletin dans l’urne de la préfecture des Alpes-Maritimes pour départager les sept listes concurrentes et attribuer les cinq sièges mis en jeu dans le département. Laurent Castillo peut ainsi espérer faire élire au moins deux candidats sur sa liste et ambitionne d’en avoir un troisième.
La campagne des élections sénatoriales ne ressemble à aucune autre. Pas de grand meeting, pas de musique grandiloquente et de jeux de lumières, pas de bains de foule ni de dépenses exceptionnelles. Il s’agit surtout pour les candidats de rencontrer dans l’intimité des bureaux municipaux les élus de leur département et de les convaincre que leur liste est la bonne. Une campagne de proximité avec des échanges qu’ont souhaité garder secret les candidats que nous avons rencontrés sauf Alexandra Borchio-Fontimp. La sénatrice LR sortante, tête de sa liste, donne rendez-vous à la mairie de la commune d’Auribeau-sur-Siagne, perchée en haut d’une colline. Florent Rossi, maire Les Républicains de 24 ans élu en 2026, reçoit dans son bureau sans faire mystère de son soutien à la liste de la sénatrice, investie par Les Républicains comme celle de Dominique Estrosi-Sassone. « Le sujet sur une élection sénatoriale, ce n’est pas tant de savoir s’il y a de l’extrême droite, du centre, de l’extrême gauche. Ce qu’on attend des candidats c’est une connaissance du terrain, une activité parlementaire dense qui correspond aux attentes des maires et une liste qui représente le territoire maralpin », détaille-t-il.
Dispersion de la droite et de la gauche
La poussée de l’extrême droite est tout de même au cœur de cette campagne maralpine. Alexandra Borchio-Fontimp qui siège aussi dans la majorité départementale dont est également membre Éric Ciotti s’attire les critiques de Dominique Estrosi-Sassone : « Je pense que ma liste est la seule liste de clarté. Je n’ai aucune porosité avec le RN et l’UDR. La liste concurrente est beaucoup moins claire sur son positionnement politique parce que siégeant dans la majorité départementale dans laquelle siègent des conseillers UDR. Moi je ne l’aurais pas fait. » Des accusations dont se défend Alexandra Borchio-Fontimp : « Je ne peux pas être plus clair parce que je conduis une liste en dehors de l’UDR et du RN. Si j’avais souhaité suivre certains élus des Alpes-Maritimes, je l’aurais fait il y a deux ans quand il y a eu la création de l’UDR où là j’en avais l’opportunité parce qu’ils ne font que me tendre la main pour les rejoindre. Je les affronte comme les autres listes. »
Cette situation « désole » Francis Tujague, dernier maire communiste des Alpes-Maritimes et tête de liste PCF-PS-Ecologistes aux élections sénatoriales. « Être désolé ça ne suffit pas, quand il y a une domination comme ça, on ne va pas fuir. Les seuls qui peuvent affronter la droite et l’extrême droite, ce sont les candidats de gauche et de l’écologie », expose-t-il dans sa mairie de Contes avec une vue imprenable sur la vallée du Paillon. Même s’il sait que dans ce contexte gagner un siège relèverait du miracle, il axe sa campagne sur les élus « non-encartés » et met en avant les services publics développés dans sa commune. Il devra quand même se partager les voix de gauche avec deux autres listes, celle d’un dissident écologiste Jean-Christophe Picard et celle de La France Insoumise menée par Adrien Nouet. Une septième liste « divers » emmenée par Livio Orsi concourt également à l’élection sénatoriale des Alpes-Maritimes.
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