« Gilets jaunes »: déterminés avant « l’acte V », malgré Strasbourg et Macron
Un mois après le début de leur mouvement, les "gilets jaunes" maintenaient la pression vendredi, à la veille d'un 5e samedi de manifestations,...

« Gilets jaunes »: déterminés avant « l’acte V », malgré Strasbourg et Macron

Un mois après le début de leur mouvement, les "gilets jaunes" maintenaient la pression vendredi, à la veille d'un 5e samedi de manifestations,...
Public Sénat

Par Alexandre HIELARD

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Un mois après le début de leur mouvement, les "gilets jaunes" maintenaient la pression vendredi, à la veille d'un 5e samedi de manifestations, qui fait débat à l'issue d'une semaine marquée par les annonces d'Emmanuel Macron et l'attentat de Strasbourg.

"Le pays a besoin de calme, il a besoin d'ordre, il a besoin de retrouver un fonctionnement normal", a plaidé Emmanuel Macron depuis Bruxelles.

Une vision partagée par le collectif des "gilets jaunes libres", vu comme plus modéré que le "canal historique"et qui appelle à une "trêve". Il estime en effet que "le temps du dialogue est venu", après quatre samedis de mobilisation, dont trois émaillés de spectaculaires violences et dégradations, qui ont plongé le pouvoir dans la tourmente.

Les mesures dévoilées lundi par le chef de l’État - notamment une hausse de 100 euros des revenus au niveau du Smic, et une exemption de la hausse de la CSG pour les retraités gagnant moins de 2.000 euros par mois -, tout comme les appels à "suspendre" le mouvement après l'attentat du marché de Noël à Strasbourg, n'ont cependant guère entamé la détermination des "gilets jaunes".

"C'est le moment où, justement, il ne faut pas lâcher", a exhorté jeudi Eric Drouet, un des initiateurs du mouvement, dans une vidéo sur Facebook : "Ce que Macron a fait lundi, c'est un appel à continuer, parce qu'il commence à lâcher quelque chose et, venant de lui, c'est inhabituel."

"Dans l'Ariège, ça ne désarme pas, les annonces de Macron ne suffisent pas. Les gens au pouvoir sont très déconnectés de ce que les Français vivent", estime de son côté Guilhem Boudon, pasteur à Mirepoix et venu à Paris dès vendredi en vue de "l'acte V".

Rassemblement de
Rassemblement de "gilets jaunes" à Somain (nord), le 11 décembre 2018
AFP

Sur Facebook, principal canal de mobilisation de ce mouvement, les nombreux appels à un "acte V" réunissent toujours plusieurs milliers de "participants".

Une quinzaine d'organisations de gauche, dont l'Espace des Luttes LFI, le Parti de gauche, le syndicat Solidaires et l'association Attac, ont également appelé à garnir les rangs des manifestants à Paris, où un rassemblement à l'appel du "Mouvement citoyen des gilets jaunes" a été déclaré en préfecture. Les précédents samedis, les gilets jaunes avaient manifesté sur les Champs-Elysées.

Le dispositif policier dans la capitale sera "assez semblable" à celui de samedi dernier, avec 8.000 forces de l'ordre déployées et appuyées notamment par 14 véhicules blindés à roues (VBRG), a indiqué le préfet de police Michel Delpuech.

De nouveau, des fouilles auront lieu en amont, notamment sur les routes, dans les gares et les transports en commun menant à Paris. Les accès aux institutions (Palais de l’Élysée, Hôtel Matignon, Assemblée nationale, ministère de l'Intérieur, etc.) seront protégés.

Pour "l'acte IV", qui avait rassemblé 136.000 personnes et avait été marqué par des dégâts et affrontements dans plusieurs villes, comme Paris, Bordeaux et Toulouse, 89.000 forces de l'ordre avait été déployées.

- Référendum -

Restrictions de circulation
Les restrictions de circulation à Paris, à la veille de "l'acte V" des manifestations de "gilets jaunes"
AFP

Les initiateurs du mouvement réclament désormais un référendumà Emmanuel Macron, sur quatre propositions, notamment l'instauration d'un référendum d'initiative citoyenne et la baisse des taxes sur les produits de première nécessité.

"L'idée n'est pas d'imposer quoi que ce soit à qui que ce soit, mais de faire un référendum pour voir si tout le monde est d'accord sur ces points", a expliqué jeudi Priscillia Ludosky, une autre figure à l'origine du mouvement.

Après l'attentat de Strasbourg, qui a fait ressurgir le spectre terroriste et dont l'auteur a été tué jeudi soir, de nombreuses voix, notamment au sein de la majorité et du gouvernement, ont appelé à ne pas manifester.

"Je ne supporte pas l'idée qu'aujourd'hui on applaudisse nos policiers et que certains demain pensent qu'il est encore utile de les caillasser", a affirmé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner lors de la réouverture vendredi du marché de Noël de Strasbourg.

"Quel rapport entre le tueur de Strasbourg et le mouvement des +gilets jaunes+ ? Aucun", s'était cependant indigné la veille le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

La détermination des "gilets jaunes" inquiète aussi les commerçants et le secteur de la distribution, frappée de plein fouet en pleine période d'achats de Noël. L'activité du secteur privé est tombée en décembre à son plus bas niveau en deux ans et demi, selon le cabinet IHS Markit.

Partager cet article

Dans la même thématique

social media illustration
4min

Politique

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : divergence entre le Sénat et le gouvernement

En fin d’après-midi ce mardi, le Sénat examine la proposition de loi de la députée macroniste Laure Miller qui vise à interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans. Si le principe de l’interdiction, chère au chef de l’Etat, fait consensus à la haute assemblée, le gouvernement et le Sénat s’opposent sur les modalités juridiques de son application.

Le

« Gilets jaunes »: déterminés avant « l’acte V », malgré Strasbourg et Macron
3min

Politique

Candidat de la droite et du centre : « Sur plein de sujets, nous ne sommes pas d’accord avec Bruno Retailleau », estime Marc Fesneau (MoDem)

Invité de notre matinale, le président du groupe MoDem et proche de François Bayrou est revenu sur la future campagne présidentielle. Marc Fesneau a estimé que le MoDem et l’UDI devaient construire un « projet centriste » avant de décider quel candidat soutenir et a rappelé que le centre n’était pas soluble dans la droite.

Le

MUNCIPALES 2026 Edouard Philippe holds final campaign rally ahead of 2026 municipal elections in Le Havre
4min

Politique

Sondage : Edouard Philippe bondit, l’ex-Premier ministre désormais favori pour 2027

Edouard Philippe apparaît dans le dernier baromètre Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale comme le seul candidat susceptible de se qualifier au second tour de la présidentielle face à un Jordan Bardella ultradominant. L’ancien Premier ministre enregistre une progression spectaculaire de huit points, et prend ainsi le large sur d’autres compétiteurs, comme le social-démocrate Raphaël Glucksmann et Bruno Retailleau, le patron des LR. Surtout, il est désormais en position de battre le RN au second tour.

Le

Paris :  Political leaders leave after a meeting on Iran and Middle East war at Matignon
5min

Politique

Sondage : la candidature de Jordan Bardella éclipse celle de Marine Le Pen pour la présidentielle

Alors que la candidature de Marine Le Pen pour la prochaine présidentielle est toujours suspendue à un épilogue judiciaire, Jordan Bardella gagne du terrain dans l’opinion. Selon le dernier baromètre Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale, il est largement préféré par les sympathisants du Rassemblement National pour porter les couleurs du parti en 2027.

Le