Grand débat : Macron face à Wauquiez, aux côtés d’une soixantaine d’élus d’Auvergne-Rhône-Alpes
Un tête à tête inédit: Emmanuel Macron affronte le patron des Républicains Laurent Wauquiez jeudi à Valence, pour sa troisième réunion du grand...

Grand débat : Macron face à Wauquiez, aux côtés d’une soixantaine d’élus d’Auvergne-Rhône-Alpes

Un tête à tête inédit: Emmanuel Macron affronte le patron des Républicains Laurent Wauquiez jeudi à Valence, pour sa troisième réunion du grand...
Public Sénat

Par Laurence BENHAMOU

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Un tête à tête inédit: Emmanuel Macron affronte le patron des Républicains Laurent Wauquiez jeudi à Valence, pour sa troisième réunion du grand débat national né de la crise des "gilets jaunes".

Après leur tête-à-tête d'une demi-heure, ils se joindront à un déjeuner-débat avec une soixantaine d'élus de la région Auvergne-Rhône-Alpes : les présidents des associations des maires des 12 départements, les parlementaires de la Drôme et la présidente du Conseil départemental, Marie-Pierre Mouton (LR).

Emmanuel Macron et Laurent Wauquiez, deux quadragénaires de la même génération politique, ne se sont jamais entretenus officiellement depuis que Laurent Wauquiez a pris la tête des Républicains en décembre 2017. Auparavant, ils s'étaient rarement croisés.

Ils se rencontrent au moment où tous deux apparaissent fragilisés à quatre mois des élections européennes, premier test électoral du quinquennat. Le chef de l'Etat par deux mois de crise des "gilets jaunes" dont il espère sortir avec le grand débat. Et Laurent Wauquiez parce qu'il peine à s'affirmer comme le principal opposant à Emmanuel Macron, face à la concurrence de Marine Le Pen (RN) et Jean-Luc Mélenchon (LFI).

- "Campagne pour les Européennes" -

S'il a affirmé le 16 janvier vouloir que les Républicains participent au grand débat, Laurent Wauquiez a précisé mardi qu'il entendait, en se rendant à Valence, éviter que soient "mis sous le tapis les sujets qui ont abouti aux grandes tensions dans lesquelles est tombé le pays".

En citant "la situation des retraités pour lesquels aucune garantie durable n'a été obtenue, le poids des impôts qui pèse sur les classes moyennes et les territoires qui ne veulent plus être méprisés comme ils l'ont été sur les 80 km/h".

A Valence, Emmanuel Macron arrive dans le département le plus pauvre de la région, la drôme, où les "gilets jaunes" restent très mobilisés. Valence a vu défiler le 5 janvier 3.000 manifestants, presqu'autant qu'à Paris (3.500) selon les chiffres officiels.

Début décembre, les manifestations ont connu un pic de violences juste de l'autre côté du Rhône, au Pouzin (Ardèche), de plus à Valence un commissaire divisionnaire a été frappé.

"La venue de Macron, je n'en attends absolument rien. Qu'il écoute et c'est tout : ce débat national, c'est plus une campagne pour les Européennes qu'autre chose. C'est pour endormir le peuple", commente Dominique Bernier, 60 ans, qui anime une page Facebook consacrée aux "gilets jaunes" en Drôme/Ardèche".

La députée LREM de la Drôme, Mireille Clapot, a elle assuré qu'elle se ferait le porte-voix de certaines revendications des manifestants comme le "souhait de justice fiscale" ou la reconnaissance du vote blanc.

Laurent Wauquiez, le 14 janvier 2019 à Lyon
Laurent Wauquiez, le 14 janvier 2019 à Lyon
AFP/Archives

- Les Français partagés -

Le débat avec les élus s'annonce plus court -3h30 prévues - et moins médiatisé que les deux précédents de plus de 6H30 à Grand Bourgtheroulde (Eure) et Souillac (Lot), où des dizaines de maires avaient interpellé, parfois avec virulence, Emmanuel Macron sur les multiples sujets soulevés par les "gilets jaunes" ou le malaise de la ruralité. Cette fois, l'Elysée n'a pas autorisé sa retransmission en direct par les chaînes d'info.

Peut-être en réponse aux voix critiques, comme celle du secrétaire général de la CGT Philippe Martinez qui a dénoncé un grand débat national mené par le gouvernement comme un "grand show de communication". Son appel à la grève le 5 février a reçu le soutien d'Eric Drouet, l'une des figures des "gilets jaunes".

Sébastien Lecornu, ministre chargé des Collectivités territoriales et co-organisateur du débat, s'est, lui, félicité mercredi que la barre des 100.000 contributions sur la plateforme du granddebat.fr ait été franchie en moins de 24 heures.

Les Français semblent mitigés. D'un côté, 67% d'entre eux estiment que cette consultation est "une bonne chose" mais 62% pensent que l'exécutif ne prendra pas en compte ses résultats, selon un sondage OpinionWay pour LCI-Le Figaro-RTL.

mb-bpa-jri-leb/ib/sma

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le