« Guerre des drones » : la France est insuffisamment préparée, alerte un rapport sénatorial
Les sénateurs mettent notamment en lumière la recrudescence des drones dans l’espace aérien français, qui pourraient constituer une menace alors que se profilent les Jeux Olympiques de Paris en 2024.

« Guerre des drones » : la France est insuffisamment préparée, alerte un rapport sénatorial

Les sénateurs mettent notamment en lumière la recrudescence des drones dans l’espace aérien français, qui pourraient constituer une menace alors que se profilent les Jeux Olympiques de Paris en 2024.
Public Sénat

Par Jules Fresard

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Dans son documentaire Il n’y aura plus de nuit, sorti en juin, Eléonore Weber offre au spectateur une plongée dans l’univers de la guerre à distance. En proposant une succession d’extraits de caméra embarquée de drones, bien souvent téléguidés par l’armée américaine et déployés en Afghanistan, la réalisatrice illustre les spécificités de cette méthode de combat, et les dérives qu’elle pointe du doigt, jugés liés à l’absence sur le terrain du soldat qui téléguide l’engin.

C’est sur cette nouvelle manière de faire la guerre que plusieurs sénateurs de la commission des Affaires étrangères et des forces armées ont décidé de se pencher. Dans le rapport d’information « se préparer à la ‘guerre des drones’ : un enjeu stratégique », Cédric Perrin, Gilbert Roger, Bruno Sido et François Bonneau évaluent les capacités opérationnelles de la France dans le domaine, et actent d’un retard de l’Hexagone en la matière, qui serait en cours de rattrapage.

L’exemple du Haut-Karabagh

« La rédaction de ce rapport est très largement partie de la problématique du Haut-Karabagh. On a vu la domination large de l’Azerbaïdjan sur l’Arménie, qui a massivement utilisé des drones. Cela nous a montré la nécessité de mesurer nos capacités en la matière », fait savoir Cédric Perrin, sénateur LR du Territoire de Belfort.

Car comme le rappelle le rapport d’information qu’il a coécrit, « plusieurs conflits récents, non seulement la guerre au Haut-Karabagh à l’automne 2020, mais aussi les combats qui se sont déroulés en Libye en septembre 2019 et la campagne turque dans le nord de la Syrie en mars 2020, ont été marqués par l’utilisation massive de drones tactiques et de petits drones ».

Et ceci alors que la manière dont ils ont été utilisés dans les conflits mentionnés laisse entrevoir une nouvelle tactique de combat, peu coûteuse et particulièrement destructrice. Au Haut Karabagh, l’Arménie a dû faire face à des « essaims » de drones azéris. A comprendre l’utilisation détournée d’engins téléguidés, normalement employés à des missions de renseignement ou des frappes ciblées, réemployés dans des assauts groupés, parfois kamikazes.

Une nouvelle méthode qui inquiète les états-majors, surtout depuis son emploi par le groupe Etat Islamique lors de la bataille de Mossoul, comme le fait savoir le journal Le Monde. Ce constat fait dire au rapport d’information sénatorial que « cette évolution conduit à nous interroger sur l’opportunité d’acquérir une capacité semblable de drones peu coûteux et ‘sacrifiables’mais aussi à évaluer le niveau de protection dont disposent nos forces armées », interrogeant sur les manquements de l’armée française dans le domaine.

Un « retard » de la France qui se « résorbe encore trop lentement »

Selon les sénateurs, en matière de « guerre des drones », la France accuse de sérieux retards, dont le rattrapage n’est pas à la hauteur des enjeux. Notamment concernant les drones tactiques, c’est-à-dire

ceux destinés à des missions de renseignement. Le rapport établit que sur ce segment, l’armée française se retrouve « privée de capacité ». Même constat du côté des drones destinés au survol des zones maritimes. « Le programme de drones tactiques aériens de la Marine n’en est encore, quant à lui, qu’au stade préparatoire, la commande des systèmes ne devant pas intervenir avant 2026 ».

Concernant les drones armés cependant, ils connaissent une montée en puissance. 58 % des frappes aériennes françaises au Sahel sont assurées par des drones. « Depuis 2019, un rattrapage capacitaire est en cours : les forces armées disposeront de plusieurs milliers de drones d’ici 2025, contre quelques dizaines seulement il y a quatre ans », peut-on lire dans le document.

« Le retard, on l’a. On ne va pas chercher des boucs émissaires. Maintenant, il faut se concentrer sur le fait que l’on a la chance d’avoir des entreprises, extrêmement compétitives, des ingénieurs brillants dans ce domaine en France. Il faut maintenant être plus souple en matière d’innovation. Ce n’est pas normal d’avoir des appels d’offres qui durent 24 mois », croit Cédric Perrin.

2,5 millions de drones civils

Mais la question des drones ne se pose pas uniquement sur les théâtres d’opérations lointains. Il suffit de lever les yeux au ciel. Sur le territoire national, « le nombre de drones, surtout civils, est passé de 400 000 en 2017 à 2,5 millions aujourd’hui ». « Cette tendance n’est pas près de s’arrêter, avec le développement des services fournis par les drones civils dans les domaines de la logistique », continue le rapport.

Une tendance qui inquiète l’Armée, et notamment celle de l’air et de l’espace, en charge de l’instauration de « bulles aériennes » de sûreté lors de grands événements, à l’image du 14 juillet. « La menace liée aux drones est un enjeu important pour la sécurisation des grands événements sportifs (Coupe du Monde de Rugby en 2023, Jeux Olympiques de 2024) qui se dérouleront prochainement sur le territoire français », établissent les sénateurs de la commission des Affaires étrangères et des forces armées.

Ces derniers soutiennent le développement de nouveaux outils d’interception, à l’image « d’armes lasers ». Un scénario qui peut faire penser à un roman de fiction, mais qui s’ancre un peu plus dans la réalité. Le ministère des Armées a d’ailleurs réuni dans un groupe de travail plusieurs auteurs de science-fiction, dénommé la « Red team », appelé à imaginer les menaces potentielles auxquelles pourrait être soumise la France entre 2030 et 2060. Les premiers travaux de cette « Red team » étaient dévoilés mercredi 7 juillet. Sans la ministre des Armées, Florence Parly, qui était en déplacement à Biscarrosse, dans les Landes. Pour assister à l’essai… du premier émetteur laser intercepteur de drone d’Europe.

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Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». 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