« Le surtourisme transforme les villes en musée » alerte Daniel Salmon, sénateur écologiste 

Avec plus de 10 millions de visiteurs par an, Montmartre est devenu l’un des sites les plus visités de France. Une surfréquentation qui ne va pas sans poser de problèmes pour les quelques 27 000 habitants qui résident à l’année dans ce quartier de la capitale. Anne Renaudie, habitante de Montmartre, raconte les difficultés de cette cohabitation dans l’émission Dialogue Citoyen présentée par Quentin Calmet.
Rédaction Public Sénat

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De la place du Tertre, complètement saturée, au Sacré-Cœur en passant par les petites ruelles typiques de ce quartier historique du nord de Paris, impossible d’échapper au flux permanent des vagues de touristes qui inondent chaque jour la butte Montmartre.

Pour Anne Renaudie, les nuisances liées à ce tourisme de masse sont nombreuses, en premier lieu, les difficultés pour trouver un appartement et se loger en famille à l’année. Selon elle, la cause est à chercher du côté des logements touristiques type Airbnb proposés à Montmartre : « à cause du grand nombre de meublés touristiques, la pression locative devient énorme pour toutes les familles » Vient ensuite l’utilisation excessive de l’espace public, en particulier les terrasses des cafés et restaurants qui s’agrandissent, empiètent sur les trottoirs et empêchent la circulation des riverains. Auquel s’ajoute désormais la disparition des commerces de proximité, remplacés par des coffee-shops, des magasins de souvenirs et des glaciers.

« À Montmartre, il y a 28 % de meublés touristiques soit 10 % en plus que la moyenne parisienne»

Un phénomène accentué ces dernières années par la multiplication des films et séries qui prennent pour décor ce lieu emblématique de la capitale. Depuis Le Fabuleux Destin d’Amélie en 2001 Poulain jusqu’à Emily in Paris plus récemment, les films et séries produisent des photos « Instagrammables » de ce quartier. L’organisation de la dernière étape du Tour de France et les J.O. de Paris 2024 ont fini d’accentuer l’image d’Épinal d’une butte déjà saturée et à la curiosité des visiteurs.

« On est passé, après la crise du covid, d’un tourisme de vacances scolaires et de week-end à un tourisme du quotidien » se désole Anne Renaudie. Pas une journée sans son flot de touristes dans les ruelles étroites de la butte. Les autocars de tourisme se garent sur les emplacements réservés au bus de ville, ils perturbent l’utilisation des transports en commun, ils déposent en permanence des groupes de 50 à 100 personnes qui restent 40 minutes et qui repartent. Pour les commerçants, l’intérêt économique pose questions. Mais les nuisances, elles, sont bien réelles : les touristes abandonnent énormément de déchets.

80 % des touristes se concentrent sur seulement 20 % du territoire

Si pour Nathalie Delattre, sénatrice RDSE de la Gironde, et ancienne ministre du tourisme, il faut prendre en compte les nuisances liées au « pic de tourisme », elle tient à rappeler que le secteur représente 8 % du PIB et deux millions d’emplois en France. Elle rappelle qu’il faudrait un tourisme tout au long de l’année et sur l’ensemble du territoire, afin de pouvoir limiter les pics de fréquentation.

La ville est devenue un décor pour touristes

Avec la surfréquentation de la ville de Saint-Malo, Daniel Salmon, sénateur du groupe écologiste d’Ille-et-Vilaine, connaît le même problème dans son département. Il évoque la colère des habitants, mais aussi la fuite des résidents. « Avec la hausse des logements de courte durée, les habitants ne peuvent plus se loger, on a transformé la ville en musée. »

Pour, Anne Renaudie, habitante de Montmartre, il y a urgence à réguler ces flux au risque sinon de voir se développer, dans les rues de Montmartre, des comportements hostiles aux visiteurs, comme ceux déjà observés dans les villes espagnoles, avec l’installation de banderoles marquées « non aux touristes »

L’émission est à retrouver en intégralité ici

 

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