Hamon critique Macron « clignotant » tantôt à gauche tantôt à droite
Emmanuel Macron est un "clignotant" tantôt de gauche tantôt de droite, qui apparaît "comme un candidat de substitution à François...

Hamon critique Macron « clignotant » tantôt à gauche tantôt à droite

Emmanuel Macron est un "clignotant" tantôt de gauche tantôt de droite, qui apparaît "comme un candidat de substitution à François...
Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron est un "clignotant" tantôt de gauche tantôt de droite, qui apparaît "comme un candidat de substitution à François Fillon", a moqué le candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon dans une interview au Monde publiée samedi.

Alors que certains à gauche l'appellent à se rapprocher du candidat d'"En Marche" plutôt que du leader de "La France Insoumise" Jean-Luc Mélenchon, M. Hamon a semblé écarter ce rapprochement-là.

"Je veux bien dialoguer avec lui... Mais sur quelle base ? Emmanuel Macron, c’est un clignotant : un jour c’est la droite orléaniste, un autre c’est la gauche progressiste. Il faut tomber le bon jour de l’éclipse!", a ironisé le vainqueur de la primaire socialiste élargie et ancien ministre.

"Je suis surtout impatient qu’on sache ce qu’il propose car, pour l’instant, l’ambiguïté le sert. La preuve, il apparaît comme un candidat de substitution à François Fillon! Moi, je ne suis pas un candidat ambigu", a encore critiqué M. Hamon, qui sera officiellement investi comme candidat dimanche à La Mutualité.

Et d'ajouter: "On aura des débats, c’est certain".

Le candidat socialiste s'en prend notamment à la proposition de l'ancien ministre de l'Economie d'exonérer d'impôt sur la fortune le patrimoine financier, tout en continuant à taxer le patrimoine immobilier.

Comme "ce sont les plus riches dont la part du patrimoine est constituée principalement d’actifs financiers", a souligné le député PS des Yvelines, il s'agit là d'"une conception dépassée" et "démentie" de "l'ordre ancien", "qui veut qu’en aidant les plus riches on aiderait, par ruissellement, les plus pauvres".

Les difficultés de la droite peuvent-elles lui servir alors que plusieurs sondages l'ont montré en forte hausse ? "Nous ne profitons pas d’un quelconque transfert de voix de François Fillon. Le fait que la gauche se rapproche du second tour de la présidentielle ne doit pas tant à l’affaire Fillon qu’au fait qu’un espoir s’est levé", a répondu le candidat PS.

"Avec la légitimité donnée par la primaire, les choses se sont accélérées. On était encalminé à 6% d’intentions de vote il y a encore quelques jours ! Mais je reste prudent avec les sondages, j’en vois la fragilité. J’en déduis toutefois qu’il existe une gauche vivante", a ajouté ce député des Yvelines.

L'ancien ministre a aussi réaffirmé qu'il ne changerait "pas de cap", mais que son "projet peut être enrichi".

"Sur la question européenne par exemple, j’ai beaucoup insisté sur la question d’un traité de l’énergie, en reprenant l’idée de Jacques Delors, sur la nécessité d’un plan d’investissement de 1.000 milliards d’euros de l’UE, que je partage avec Vincent Peillon. La discussion que j’ai eue avec François Hollande me conforte dans l’impératif besoin de construire une stratégie de défense européenne", a détaillé ce membre de la commission des Affaires étrangères.

Il a ajouté une proposition travaillée avec l’économiste Thomas Piketty d’un "traité budgétaire européen" avec l'objectif de "disposer demain d’une capacité de gouvernance de la zone euro qui repose sur une assemblée parlementaire de l’union monétaire, et sur une approche de l’harmonisation fiscale européenne".

Quant à la règle des 3% de déficit, "la position allemande n'est pas homogène", a assuré l'élu PS. "J'ai reçu nombre de messages de l’Europe et du monde après ma victoire à la primaire", une "nouvelle gauche est en train de monter en puissance en Europe. Nous ne sommes pas seuls", selon lui.

Sur un éventuel soutien de François Hollande, Benoît Hamon a rétorqué: "S’il me soutient, je ne le vivrai pas comme un boulet. Mais je ne demande rien".

Quant à la demande de Bernard Cazeneuve de défendre le bilan du quinquennat, il a lancé: "Le bilan n’est pas le sparadrap du capitaine Haddock", même s'"il y a des acquis du quinquennat que je revendique : mariage pour tous, créations de postes dans l’éducation nationale et dans la police, compte pénibilité…"

Mais "je ne serai pas un candidat ligoté", a-t-il insisté.

Interrogé par le quotidien sur le fait de savoir si un retrait du candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, était "envisageable", M. Hamon, qui espère constituer un accord de majorité avec M. Mélenchon et l'écologiste Yannick Jadot a répondu: "Cela ne me paraît pas l’hypothèse la plus probable".

La gauche peut-elle être au second tour avec les candidatures simultanées de Benoît Hamon, Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron? Le vainqueur de la primaire socialiste élargie a dit entendre "laisser s’épanouir les dynamiques politiques et sociales" mais a indiqué qu'il prendra "des initiatives plus concrètes" après son investiture dimanche.

"J’ai lancé des invitations, j’ai des contacts avec des personnalités, avec leur entourage. Après l’investiture, je prendrai des initiatives plus concrètes. Ce qui est certain, c’est que plus on sera nombreux, moins on aura de chances. Plus on parviendra à rassembler et à diminuer le nombre de candidats, mieux ce sera", a ajouté le député des Yvelines et ancien ministre.

Selon un sondage BVA-Salesforce publié samedi, Benoît Hamon est crédité de la quatrième place avec 16% à 17% d'intentions de vote, devant Jean-Luc Mélenchon à 11%-11,5%. Il est toujours devancé par Marine Le Pen (25%, stable), Emmanuel Macron (21-22%, en hausse) et François Fillon (18-20%, en baisse). L'écologiste Yannick Jadot recueillerait 1% à 1,5%.

Partager cet article

Dans la même thématique

Hamon critique Macron « clignotant » tantôt à gauche tantôt à droite
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Hamon critique Macron « clignotant » tantôt à gauche tantôt à droite
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le