L'affaire Penelope Fillon, visée par une enquête sur des accusations d'emplois fictifs, plombe la candidature à la présidentielle de son mari et...
L’affaire visant sa femme Penelope plombe le candidat Fillon
L'affaire Penelope Fillon, visée par une enquête sur des accusations d'emplois fictifs, plombe la candidature à la présidentielle de son mari et...
Par Déborah CLAUDE
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
L'affaire Penelope Fillon, visée par une enquête sur des accusations d'emplois fictifs, plombe la candidature à la présidentielle de son mari et suscite des interrogations sur un éventuel renoncement de l'ancien Premier ministre, à trois mois du premier tour.
Pressé de questions par la presse, son ex-rival Alain Juppé a exclu vendredi "clairement et définitivement" d'être un recours dans l'éventualité d'un retrait de celui qui l'a battu à la primaire fin novembre.
"Nous n'en sommes pas là, François Fillon a apporté des éléments qui sont convaincants, je suis persuadé qu'il pourra poursuivre sa campagne", a déclaré le maire LR de Bordeaux, tout en reconnaissant que "c'est évidemment préoccupant, je ne peux pas dire le contraire".
"Il n'est pas très bon signe pour Fillon qu'un certain nombre de ses amis commencent à se poser la question de qui va le remplacer", a raillé Marine Le Pen vendredi soir.
François Fillon, qui mise sur l'enquête judiciaire pour faire "taire les calomnies", a démenti jeudi soir que sa femme ait bénéficié d'emplois fictifs aussi bien comme collaboratrice parlementaire que comme salariée de la Revue des Deux Mondes, propriété d'un de ses amis Marc Ladreit de Lacharrière.
François et Penelope Fillon à la sortie d'un bureau de vote le 21 mars 2010 à Solesmes
AFP
Elle a "corrigé mes discours", "reçu d'innombrables personnes qui voulaient me voir et que je ne pouvais pas voir", "m'a représenté dans des manifestations et des associations" et fait "la synthèse de la presse", a-t-il énuméré entre autres.
Interrogé sur ce qui pourrait le faire renoncer à l'Élysée, M. Fillon a répondu: "la seule chose qui m'empêcherait d'être candidat, c'est si mon honneur était atteint, si j'étais mis en examen".
Pour qu'il soit "mis en examen", il faudrait d'abord qu'un juge d'instruction soit saisi et mette au jour des "indices graves et concordants" sur la commission d'un délit.
- La séquence "rassemblement", dimanche, gâchée -
François Fillon sur le plateau de TF1 lors du journal de 20h le 26 janvier 2017 à Boulogne-Billancourt
POOL/AFP
Mais, ce processus prend du temps et peut être ralenti par la période électorale : il est d'usage que la justice n'interfère pas dans le champ politique, en évitant de prononcer des mises en examen à l'approche d'élections.
Reste que cette affaire est un coup de massue pour le candidat Fillon, dont la campagne a très vite patiné après sa victoire écrasante - et surprise - à la primaire de la droite, en novembre.
Il dû faire aux nombreuses critiques de son camp, lui reprochant de pas mettre assez d'"espoir" dans son programme "radical".
Nathalie Kosciusko-Morizet s'est retrouvée bien seule vendredi pour affirmer que le candidat s'était expliqué à la télévision "avec force" et "solidité" pour lever les soupçons.
En coulisses, ça grince fortement. "Ça commence par un gros +boom+ pour quelqu'un dont les équipes ne sont pas structurées pour cela", commente un député LR auprès de l'AFP .
L'ancienne membre du CSA et auteure d'une biographie sur François Fillon Christine Kelly à sa sortie de l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) à Nanterre le 27 janvier 2017
AFP
La stupeur face aux révélations du Canard enchaîné - personne n'a jamais été au courant d'une quelconque activité d'une Penelope Fillon, se présentant elle-même comme "pas impliquée" dans les activités de son mari - a ainsi cédé le pas à une véritable inquiétude.
Après la remise de documents au parquet jeudi, l'ex-directeur La Revue des Deux Mondes Michel Crépu et l'ex-membre du CSA Christine Kelly, auteure d'une biographie de François Fillon, ont ainsi été entendus à l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) à Nanterre.
M. Fillon a également précisé jeudi que quand il était sénateur, il avait pu "rémunérer pour des missions précises" deux de ses enfants "qui étaient avocats". D'après l'annuaire du barreau, ils ne l'étaient pas encore. "Imprécision de langage", il voulait dire qui "sont" avocats actuellement, selon son entourage.
Alors que M. Fillon avait prévu de relancer sa campagne dimanche lors d'un grand meeting à Paris, l'affaire tombe au plus mal. "Ça devait être la séquence rassemblement, +je vais voir Juppé à Bordeaux+ et grand meeting avec tout le monde" le jour pile du second tour de la primaire du PS, se désole un député LR.
Penelope Fillon, qui sera au meeting, va-t-elle s'exprimer prochainement ? "Rien n'est acté", selon son entourage.
Son mari ne s'est pas exprimé sur l'affaire vendredi mais a dénoncé "la médiacratie" et "le temps de la parole fugitive" à l'occasion de l'entrée des archives de Philippe Séguin aux Archives nationales
Et cette affaire devenue "Penelopegate" continue de déchaîner indignations ou bons mots sur les réseaux sociaux, comme Bernard Pivot, qui propose un nouveau verbe "Peneloper". Sa définition ? "Travailler dans une totale discrétion"...
Candidate à la primaire PS/Place Publique, Ségolène Royal va-t-elle bousculer le scénario où Raphaël Glucksmann serait désigné ? « Il y a deux lignes politiques différentes dans la primaire : celle de l’union de la gauche », défendue par Ségolène Royal, et celle « d’union avec le centre droit » de Raphaël Glucksmann, pointe le directeur de campagne de la candidate, Luc Carvounas. Un point commun avec Olivier Faure, qui pourrait faire sens en cas de second tour face au candidat Place Publique…
Dans une tribune publiée mardi 15 septembre dans Le Monde, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé près de 1,5 milliard d’euros pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles en 2027, auxquels s’ajouteraient 2,6 milliards d’euros pour la protection de l’enfance. Des montants que les associations jugent insuffisants pour financer l’ensemble des mesures prévues par la « loi intégrale ».
Sur franceinfo, le candidat LR à la présidentielle, Bruno Retailleau a développé un peu plus la ligne de responsabilité qu'il entend incarner en indiquant que sa famille politique allait demander le retour de la réforme des retraites dans le prochain budget. Une réforme que le gouvernement avait suspendue l'année dernière, dans le cadre d'un compromis avec les socialistes.
Rachida Dati a-t-elle touché 900 000 euros pour soutenir les intérêts de Renault au Parlement européen ? L'ex-ministre de la Justice comparaît à partir de ce mercredi 16 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris dans un retentissant procès pour corruption et trafic d'influence, jugée avec l'ex-PDG de Renault-Nissan CV (RNCV), Carlos Ghosn, absent à son procès aujourd’hui, pour avoir perçu de l'argent du constructeur lorsqu'elle était eurodéputée.