Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
Credit:ISA HARSIN

Primaire PS/Place publique : comment va-t-elle se passer ?

Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.
Mathilde Nutarelli

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Raphaël Glucksmann a acté dimanche 23 août au 20 heures de TF1 sa participation à la primaire organisée par le Parti socialiste et son propre parti, Place publique. Les modalités de cette dernière doivent être entérinées ce mardi soir par le Conseil national du PS et par l’Assemblée politique nationale de Place publique.

Un scrutin électronique uninominal à deux tours

Les deux tours doivent avoir lieu les 9-10 et 16-17 octobre prochains, sous format électronique. Pourront voter les adhérents du PS et de Place publique, ainsi que ceux qui auront cotisé à une association créée pour l’occasion, baptisée « Association de financement de la désignation de la candidature de la gauche socialiste et démocratique ». L’adhésion s’élèvera à 15 €, 10 € pour les plus démunis, en particulier les chômeurs et les étudiants. Il faudra avoir adhéré ou cotisé au maximum trois jours avant les scrutins pour pouvoir voter.

Au moins quatre candidats en lice

Les candidats déclarés sont, pour l’heure, le député européen et fondateur de Place publique Raphaël Glucksmann, le député socialiste de l’Essonne Jérôme Guedj, celui de l’Eure Philippe Brun, ainsi que l’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle Ségolène Royal. Le premier secrétaire du PS Olivier Faure n’a pas officialisé sa candidature, mais son entourage affirme qu’il sera candidat. « Ce n’est pas certain que tous participent », explique un cadre socialiste. En effet, pour que la candidature soit valide, elle doit être présentée entre le 1er et le 15 septembre prochain et réunir un certain nombre de parrainages : soit quinze membres du Conseil national du PS pour les socialistes, soit dix parlementaires, ou encore cinquante conseillers régionaux ou départementaux sur huit départements et trois régions, ou bien cinquante maires sur trois régions.

Parmi ces candidatures manquent néanmoins deux membres de la gauche sociale-démocrate : l’ancien président François Hollande, qui « se prépare » et attend la fin de l’année 2026 pour se décider ; et son ancien premier ministre Bernard Cazeneuve, qui a lancé une initiative de son côté et refuse de participer à la primaire.

Le coût de la participation et les accords aux législatives avec LFI au cœur des négociations

Le fait même que cette primaire ait lieu a été l’occasion de désaccords au PS. Ensuite, le contenu de l’accord a suscité de vifs débats entre les socialistes et Place publique, ainsi que dans le parti à la rose. La direction socialiste a refusé d’inscrire dans la charte que devront signer les candidats la mention « il n’y aura pas d’accord avec la France Insoumise aux législatives », demandée par Place publique. Au sein du PS, le montant demandé aux non-militants pour participer à la primaire a divisé : la somme de 15 €, proposée par les opposants internes à Olivier Faure, était jugée excessive par ce dernier et par Philippe Brun et Ségolène Royal. Ils n’ont pas obtenu gain de cause, mais ce sujet ne manquera pas de susciter des débats lors du Conseil national de ce soir. Les partisans du montant élevé espèrent ainsi limiter le corps électoral aux réels sympathisants et éviter une intervention de votants venus de la France insoumise. Les partisans d’un montant réduit, eux, souhaitaient rendre la primaire attractive.

Malgré tout, la tenue du scrutin est accueillie favorablement par ce parlementaire socialiste : « On est dans une démarche démocratique qui est intéressante », se félicite-t-il, soulignant la différence avec les autres partis de gauche, « par qui a été désigné Jean-Luc Mélenchon ? Par la chefferie de sa secte. Marine Tondelier, par quelques personnes ». De quoi mettre une bonne ambiance au sein de la gauche, quelques mois avant l’échéance présidentielle.

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