L’Assemblée vote un volet du budget, avant de plonger dans la Sécu et l’hôpital
L'Assemblée nationale a largement approuvé mardi le premier volet du projet de budget 2020, avant de s'atteler au financement de...

L’Assemblée vote un volet du budget, avant de plonger dans la Sécu et l’hôpital

L'Assemblée nationale a largement approuvé mardi le premier volet du projet de budget 2020, avant de s'atteler au financement de...
Public Sénat

Par Charlotte HILL, Anne Pascale REBOUL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L'Assemblée nationale a largement approuvé mardi le premier volet du projet de budget 2020, avant de s'atteler au financement de la Sécu, la ministre de la Santé promettant de prochaines annonces sur l'hôpital, "trésor national", sur fond d'inquiétudes jusque dans la majorité.

Le volet "recettes" du budget de l'Etat, qui prévoit plus de 9 milliards d'euros de réduction d'impôts, a été adopté en première lecture par 354 voix contre 186 et 16 abstentions. La partie "dépenses" sera examinée à partir du 28 octobre, et l'ensemble doit être adopté définitivement avant fin décembre.

Les députés "marcheurs" et MoDem ont voté pour ces mesures répondant notamment à la crise des "gilets jaunes", de même que les UDI-Agir majoritairement.

Socialistes, communistes, insoumis et la plupart des "Libertés et territoires" se sont prononcés contre un budget perçu comme "injuste", de même que le groupe LR, opposé à son manque d'"efforts" pour les finances publiques. Les députés RN ont également voté contre.

Les ministres des Comptes publics Gérald Darmanin et des Finances Bruno Le Maire ont défendu durant une longue semaine de débats une "pression fiscale" réduite et la volonté de "mieux rémunérer les Français qui travaillent".

Mais LR a dénoncé des "cadeaux fiscaux" préparant "des lendemains qui déchantent", avec un accroissement de la dette. La Commission européenne a justement demandé d'ici mercredi des clarifications à la France, évoquant des "risques d'écart" avec les règles européennes.

La disposition phare est la baisse de cinq milliards d'euros de l'impôt sur le revenu pour les ménages, comme annoncé par Emmanuel Macron en avril.

- "Baril de poudre" -

La gauche, qui dénonce inlassablement un "président des riches", note que les baisses excluent les foyers non imposables. "La colère sociale est prête à ressortir", a tonné Jean-Paul Dufrègne (PCF).

Autre mesure emblématique: la poursuite de la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des foyers fiscaux à partir de 2020, et 100% en 2023.

La mesure est assortie de gestes envers les collectivités qui vont perdre cette ressource. Droite comme gauche estiment les communes lésées, à l'unisson des départements.

Côté fiscalité verte, le texte prévoit notamment le remplacement progressif d'un crédit d'impôt pour la rénovation énergétique des bâtiments par une prime réservée aux ménages modestes. S'y ajoutent un durcissement du malus automobile, une hausse du gazole pour les transporteurs routiers ou une augmentation de "la taxe Chirac" sur les billets d'avion.

La gauche a pointé un "manque d'ambition", comme "Libertés et territoires". Des "marcheurs" ont aussi plaidé en vain pour des signaux accrus de "verdissement".

Après le vote, les députés ont enchaîné avec le projet de budget de la Sécu qui prévoit un déficit de 5,1 milliards l'an prochain.

Pour les oppositions, c'est un "retour à la réalité brutal" (Eric Woerth, LR), que "rien ne justifie" (Joël Aviragnet, PS). La situation est pour partie due à la non-compensation par l'Etat des mesures décidées en décembre dernier durant la crise des "gilets jaunes", une situation mal vue aussi par certains élus de la majorité.

Les oppositions s'alarment surtout que "l'hôpital brûle". Le PS a présenté mardi un "plan d'urgence" et un élu PCF a symboliquement revêtu une blouse blanche dans les couloirs de l'Assemblée en "solidarité".

Des inquiétudes se sont exprimées jusque dans les rangs de la majorité, notamment lors de la réunion de groupe LREM où les échanges ont été "houleux", selon un participant.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn, a dit à l'ouverture des débats voir dans l'hôpital public un "trésor national", promettant de prochaines annonces.

Défendant en vain une motion de rejet, Jean-Carles Grelier (LR) a ensuite jugé que le projet de budget était "le témoignage d'une défiance" vis-à-vis des acteurs de la santé. "L'hôpital public va s'effondrer comme une barre obsolète de banlieue!", a-t-il lancé, citant un professeur de médecine.

"Le gouvernement est assis sur un baril de poudre", a abondé Joël Aviragnet (PS), tandis qu'Adrien Quatennens (LFI) a dénoncé le "contexte de délitement de l'hôpital public" et Alain Bruneel (PCF) des dépenses "pas à la hauteur" du "cri d'alerte" du secteur.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le