La France outrée par les propos de Trump sur les attentats de 2015
Le gouvernement français a fermement condamné samedi les propos du président américain Donald Trump, qui a utilisé les attentats...

La France outrée par les propos de Trump sur les attentats de 2015

Le gouvernement français a fermement condamné samedi les propos du président américain Donald Trump, qui a utilisé les attentats...
Public Sénat

Par Daphné BENOIT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le gouvernement français a fermement condamné samedi les propos du président américain Donald Trump, qui a utilisé les attentats de 2015 à Paris pour défendre le droit de porter une arme, faisant écho à la vive indignation des familles de victimes et à plusieurs personnalités politiques françaises.

"La France exprime sa ferme désapprobation des propos du président Trump au sujet des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et demande le respect de la mémoire des victimes", a réagi la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll, dans un communiqué, moins de deux semaines après la visite du président Emmanuel Macron à Washington, au cours de laquelle lui et son homologue américain avaient affiché leur bonne entente malgré des désaccords sur d'épineux dossiers, nucléaire iranien en tête.

Donald Trump a repris vendredi à la convention de la NRA, le puissant lobby pro-armes, sa théorie selon laquelle les attentats du 13 novembre 2015 à Paris auraient fait moins de victimes si ces dernières avaient été armées.

Le 13 novembre 2015, 130 personnes ont été tuées et plusieurs centaines ont été blessées dans une série d'attentats revendiqués par le groupe Etat islamique (EI). Un des commandos a tué 90 personnes dans la salle de concert du Bataclan.

"Elles ont été tuées brutalement par un petit groupe de terroristes qui avaient des armes. Ils ont pris leur temps et les ont tués un par un. Boum, viens là; boum, viens là; boum, viens là", a raconté le président américain, en mimant un jihadiste tirant au pistolet sur les victimes. "Mais si un employé, ou juste un client avait eu une arme, ou si l'un de vous dans l'assistance avait été là avec une arme pointée dans la direction opposée, les terroristes auraient fui ou se seraient fait tirer dessus, et ça aurait été une toute autre histoire", a affirmé M. Trump.

"La libre circulation d’armes au sein de la société ne constitue pas un rempart contre les attaques terroristes, elle peut au contraire faciliter la planification de ce type d'attaque", a rétorqué la porte-parole de la diplomatie française.

- "Propos honteux et simagrées obscènes" -

"La France est fière d’être un pays sûr où l’acquisition et la détention d’armes à feu sont strictement réglementées", a ajouté la porte-parole du Quai d'Orsay. "Les statistiques de victimes par arme à feu ne nous conduisent pas à remettre en cause ce choix".

Avant cette réaction officielle, l'ex-président français François Hollande, qui était alors en fonctions, avait vivement dénoncé de son côté les propos "honteux" et les "simagrées obscènes" de Donald Trump.

"Les propos honteux et les simagrées obscènes de Donald Trump en disent long sur ce qu'il pense de la France et de ses valeurs", a estimé l’ancien chef de l'Etat dans un communiqué. "L'amitié entre nos deux peuples ne sera pas entachée par l'irrespect et l'outrance. Toutes mes pensées vont aux victimes du 13 novembre".

"Indécent et incompétent. Que dire de plus?", a tweeté l'ancien premier ministre de M. Hollande, Manuel Valls.

"Indignation et dégoût après les propos de Donald Trump sur les attentats du 13-Novembre. Solidarité avec les victimes et les Français choqués. La transgression, c'est l'irrespect", a également réagi sur Twitter Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur au moment des attentats.

La Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvac) a dénoncé dans un tweet des propos "d'une violence inouïe" pour les victimes et appelé la diplomatie française à "réagir".

Ancien vice-président de l'association de victimes 13onze15, Emmanuel Domenach a de son côté interpellé directement Donald Trump sur Twitter en l'invitant, en anglais, à "aller se faire foutre (avec une arme s'il le souhaite)".

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – RN VOTE BARDELLA MUNICIPALES 2EME TOUR
6min

Politique

Jordan Bardella dans Paris Match avec la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux- Siciles : « Est-ce que les Français vont acheter l’histoire du conte de fées » ?

A la Une de Paris Match, le président du RN, Jordan Bardella a officialisé sa relation amoureuse avec la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, une figure de la Jet-Set européenne. Pour Philippe Moreau Chevrolet, expert en communication politique et enseignant à Sciences Po Paris, le patron du Rassemblement national signe, avec cette couverture, « son entrée en campagne » pour la présidentielle de 2027. Mais l’opération de com n’est pas sans risque pour son image. Interview.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
10min

Politique

« Ce n’est pas non plus le Soviet suprême ! » : au groupe PS du Sénat, la présidence de Patrick Kanner suscite convoitises et crispations

Les sénateurs du groupe PS du Sénat ont modifié leur règlement intérieur. Patrick Kanner, à la tête du groupe, était menacé en cas d’adoption du principe de non-cumul dans le temps, proposition finalement rejetée. Mais l’ancien ministre, qui pourra se représenter en octobre prochain, après les sénatoriales, se retrouve contesté en interne.

Le

La France outrée par les propos de Trump sur les attentats de 2015
3min

Politique

Cyberattaques : Roland Lescure annonce la feuille de route du gouvernement pour « protéger les données de l’État »

Le ministre de l’économie et des finances Roland Lescure a annoncé ce mercredi 8 avril que le Premier ministre allait détailler dès demain la feuille de route du gouvernement pour lutter contre le vol des données de l’État. Fermeture des sites obsolètes, authentification à double facteur… le ministre a déjà dessiné quelques pistes à l’occasion des questions d’actualité au gouvernement du Sénat.

Le