LCP suspend Frédéric Haziza, soupçonné d’agression sexuelle
La chaîne parlementaire (LCP) a suspendu mardi son présentateur vedette Frédéric Haziza et ouvert une enquête interne à son...

LCP suspend Frédéric Haziza, soupçonné d’agression sexuelle

La chaîne parlementaire (LCP) a suspendu mardi son présentateur vedette Frédéric Haziza et ouvert une enquête interne à son...
Public Sénat

Par Séverine ROUBY

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La chaîne parlementaire (LCP) a suspendu mardi son présentateur vedette Frédéric Haziza et ouvert une enquête interne à son encontre, après une plainte d'une journaliste de la chaîne, Astrid de Villaines, pour agression sexuelle.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire dans le cadre de cette plainte déposée dimanche, a indiqué une source judiciaire.

Les faits se sont produits en novembre 2014 dans la rédaction et ont valu à l'époque un avertissement au présentateur, selon LCP.

Dans sa plainte, dont des extraits ont été publiés par le site BuzzFeed, qui révèle l'affaire, Astrid de Villaines relate que le présentateur lui a "pincé la fesse gauche" après lui avoir bloqué le passage.

"J'ai été extrêmement choquée par cet acte. J'étais comme paralysée, pendant longtemps j'étais incapable d'en parler. Quand j'ai commencé à le faire, on m'a conseillé de porter plainte mais j'hésitais", raconte-t-elle à l'AFP.

"J'ai eu des réminiscences au moment de l'affaire Denis Baupin", député qui a été accusé publiquement d'agressions sexuelles par huit femmes dont quatre élues écologistes, avant que l'enquête soit classée sans suite pour cause de prescription. "Et puis avec l'affaire Weinstein, je me suis dit qu'il fallait que je parle", explique-t-elle, précisant avoir le soutien de sa rédaction.

Le délai de prescription approchant, elle a porté plainte dimanche.

"L'avertissement qui m'a été signifié il y a 3 ans, le 20 novembre 2014, m'a fait prendre conscience de l'ambiguïté de certains gestes. J'ai alors compris que j'avais pu involontairement blesser ma collègue. Je réitère mes excuses, n'ayant jamais eu l'intention d'outrager quiconque", a réagi Frédéric Haziza sur Twitter.

"Depuis cette date, j'ai toujours pris soin de me conformer à une attitude qui ne souffre d'aucune ambiguïté", assure-t-il.

LCP a de son côté annoncé l'ouverture d'"une enquête interne menée par le secrétaire général de LCP Eric Moniot, avec un délégué du personnel et un membre du CHSCT".

- "Unanimement choqués" -

"Afin de permettre à cette enquête de se dérouler dans le climat le plus serein possible, la direction a décidé de suspendre la participation de Frédéric Haziza dans les émissions de LCP", a ajouté la chaîne.

Sur LCP Frédéric Haziza anime "Questions d'Info" (en partenariat avec l'AFP, Le Monde et France Info) et "Entre les Lignes". Il interviewe également chaque dimanche une personnalité politique sur Radio J.

Le site BuzzFeed publie d'autres témoignages, anonymes, décrivant des comportements et propos déplacés du présentateur envers des collaboratrices.

La société des journalistes de la chaîne, "unanimement choqués par l'ampleur et le contenu de ces révélations", avait demandé dans l'après-midi "un retrait de l'antenne ainsi qu'une mise à pied à titre conservatoire de Frédéric Haziza".

Selon BuzzFeed, la députée Isabelle Attard, alors membre du conseil d'administration de la chaîne, avait signalé en décembre 2016 un problème de "harcèlement sexuel" au sein de LCP.

La chaîne a précisé qu'"aucune autre dénonciation visant ce journaliste, directe ou indirecte, n'a été transmise à la direction".

Se disant "déterminés à lutter contre le sexisme et le harcèlement partout et en toutes circonstances", le président de l'Assemblée nationale François de Rugy (LREM) et le président de la délégation du bureau chargé de la presse Hugues Renson ont annoncé qu'ils convoquaient la présidente de LCP Marie-Eve Malouines pour qu'elle leur "détaille les mesures prises" dans cette affaire.

Mme Malouines a de son côté "réaffirmé son engagement à protéger les victimes de harcèlement et à tout mettre en oeuvre pour favoriser leur expression et faire cesser les agissements de harcèlement/agression qui seraient avérés".

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