Le sénateur Didier Guillaume quitte le groupe PS et rejoint le RDSE
L’ancien président du groupe PS du Sénat, Didier Guillaume, rejoint à partir de la semaine prochaine le groupe RDSE, qui rassemble les radicaux. Sur une ligne Macron-compatible, il devait prendre la tête de l’organisation de la coupe du monde de Rugby. Mais le projet est tombé à l’eau. Il reste finalement sénateur.

Le sénateur Didier Guillaume quitte le groupe PS et rejoint le RDSE

L’ancien président du groupe PS du Sénat, Didier Guillaume, rejoint à partir de la semaine prochaine le groupe RDSE, qui rassemble les radicaux. Sur une ligne Macron-compatible, il devait prendre la tête de l’organisation de la coupe du monde de Rugby. Mais le projet est tombé à l’eau. Il reste finalement sénateur.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La semaine dernière, la rumeur se faisait insistante. Elle est confirmée. Le sénateur Didier Guillaume, ancien président du groupe PS de la Haute assemblée, rejoint le groupe RDSE (Rassemblement démocratique et social européen). Ce sera officiellement fait la semaine prochaine, selon nos informations. Le principe a été arrêté ce mardi, lors de la réunion de groupe hebdomadaire.

Jean-Claude Requier (président du groupe RDSE) : « Nous sommes très heureux de le recevoir »

« J’ai présenté sa candidature au groupe ce matin. Il a voté à l’unanimité la venue de Didier Guillaume au groupe RDSE. Nous sommes très heureux de le recevoir » annonce à publicsenat.fr Jean-Claude Requier, président du groupe RDSE. « Il est venu vers nous car il y a la liberté de vote. Nous sommes un groupe divers dans sa composition. Et nous défendons la République et la laïcité. Je pense que cela lui a plu. Nous l’accueillons avec grand plaisir et il ne demande aucune faveur ou poste particulier » précise le sénateur du Lot.

Pour Didier Guillaume, il s’agit d’un vrai faux retour au Sénat. Le sénateur de la Drôme avait annoncé son retrait de la vie politique pour s’occuper de l’organisation de la Coupe du monde de rugby 2023. Une proposition faite par le patron de la fédération Bernard Laporte. Emmanuel Macron lui avait confirmé son soutien lors d’un voyage en Chine. Un poste exécutif et rémunéré… qui s’est révélé être une coquille vide. La fonction était bénévole et davantage honorifique (voir notre article pour plus de détails sur le sujet). Didier Guillaume a lâché l’affaire. Heureusement pour lui, il n’avait pas encore quitté le Sénat. Il conserve donc son siège. Mais ce sera sur les bancs du groupe RDSE qu’il siégera dorénavant.

Groupe varié à la liberté de vote

Le groupe RDSE est une particularité propre au Sénat. Il rassemble aujourd’hui les radicaux de gauche et de droite. Le groupe est pour le moins varié. On y trouve les écologistes Ronan Dantec et Joël Labbé, qui y ont trouvé refuge après la disparition du groupe écologiste. Mais aussi l’ancien socialiste Jean-Noël Guérini, où des candidats qui avaient reçu l’investiture de La République En Marche, lors des sénatoriales, comme l’ancien socialiste Alain Bertrand ou Eric Gold.

Le RDSE est globalement plutôt sur une ligne constructive à l’égard d’Emmanuel Macron. Ce qui correspondra bien à Didier Guillaume, qui s’est montré bienveillant pour le chef de l’État, après son élection, et a refusé d’être sur une ligne d’opposition. Un positionnement qui était devenu difficilement tenable au sein du groupe PS.

Selon plusieurs de ses anciens camarades du groupe socialiste, Didier Guillaume a d’abord tenté de monter son propre groupe – au Sénat, il suffit d’être dix – de socialistes constructifs. En vain. Mais Didier Guillaume dément formellement avoir voulu monter un tel groupe.

« On a bu l’apéritif ensemble – chez les Radicaux, on boit l’apéro – et on a parlé rugby »

Si le sénateur de la Drôme attendra la semaine prochaine pour venir à la réunion de groupe, avec peut-être, avant cela, une question lors des questions d’actualité jeudi, il a déjà trinqué avec ses nouveaux collègues. « On a bu l’apéritif ensemble – chez les Radicaux, on boit l’apéro – et on a parlé rugby. Du Racing, de Montpellier, du Stade Toulousain. Mais pas de stratégie politique » raconte Jean-Claude Requier. « Le rugby, c’est un peu notre ADN. Tout comme le partage et la convivialité » sourit le sénateur du Lot. Didier Guillaume n’a peut-être pas totalement dit au revoir au rugby.

Reste qu’après 41 ans au PS, c’est une nouvelle page qui commence pour l’ancien directeur de campagne de Manuel Valls, pendant la campagne des primaires. Son transfert aura une autre conséquence : faire passer le groupe RDSE juste devant le groupe LREM. À égalité jusqu’à présent avec 21 sénateurs chacun, le groupe RDSE va se retrouver à 22. Il devient ainsi le quatrième groupe du Sénat et LREM le cinquième. Ce qui ne change rien, mais la politique est aussi affaire de symbole.

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture d’écran du documentaire « Michel Debré et La Réunion, dérives d’une ambition républicaine » d’Alice Cohen
4min

Politique

Les « docus de l’été » : L’histoire oubliée de l’île de La Réunion

C’est un chapitre méconnu de l’histoire de France : la politique menée par Michel Debré à La Réunion entre 1963 et 1988. Pendant vingt-cinq ans, l’ancien Premier ministre du général de Gaulle mettra tout en œuvre pour contenir les velléités autonomistes qui traversent l’île, notamment celles portées par les communistes réunionnais. Traumatisé par l’indépendance de l’Algérie, inquiet de la montée des mouvements anticoloniaux et frappé par la misère qui touche alors une grande partie de la population, il engage une politique volontariste de modernisation fondée sur de grands travaux, des investissements massifs mais aussi des mesures beaucoup plus contestées, comme le transfert de milliers de mineurs vers la métropole. Cette période complexe et controversée de l’histoire réunionnaise est au cœur du documentaire d’Alice Cohen, "Michel Debré et La Réunion", dérives d’une ambition républicaine à voir cet été sur Public Sénat.

Le

Gare SNCF Toulouse MATABIAU
7min

Politique

« Rien n’a été prévu » : un rapport du Sénat dresse un bilan sévère sur l’ouverture du réseau ferroviaire à la concurrence

Cinq après l’ouverture du ferroviaire à la concurrence, un rapport sénatorial salue l’efficacité budgétaire de la réforme, mais regrette l’impréparation de l’Etat face aux bouleversements engendrés par la fin du monopole de la SNCF. L’éclatement du réseau et le sous-financement des lignes moins rentables préoccupent particulièrement les sénateurs.

Le