Paris: Illustrations Senat
L'hémicycle du Sénat, au Palais du Luxembourg. 178 sièges sur 348 sont renouvelables le 27 septembre 2026.

Âge, sexe, parcours politique… Les chiffres-clefs pour comprendre les élections sénatoriales

46,1 % des 1 686 candidats aux sénatoriales sont des femmes, malgré les mécanismes mis en place pour garantir la parité. Une première série de chiffres sur le scrutin du 27 septembre est désormais disponible après le dépôt des candidatures. Analyse.
Romain David

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*Edit le 15/09/2026 à 12h16 : les chiffres donnés dans cet article ont été mis à jour après consolidation par le ministère de l’Intérieur des données relatives aux candidats aux sénatoriales 2026.

La campagne pour les élections sénatoriales entre dans sa dernière ligne droite. Il reste moins de deux semaines aux candidats pour convaincre leurs électeurs, avant le vote du 27 septembre. Pour rappel : le Sénat est renouvelé de moitié tous les trois ans. En 2026, ce sont les circonscriptions de la série n°2 qui sont concernées par ce scrutin, soit 63 départements et une circonscription des Français de l’étranger, pour un total de 178 sièges sur 348.

La clôture du dépôt des candidatures en préfecture, la semaine dernière, permet désormais de dresser une photographie statistique des prétendants à un siège de sénateur. Ces chiffres sont aussi l’occasion de revenir sur les ressorts d’une élection mal connue des Français.

Au moins 1 686 candidats sur la ligne de départ

1 686 candidats sont officiellement enregistrés, selon les données communiquées par les services du Sénat sur la base des informations du ministère de l’Intérieur. À ce stade c’est un peu moins que lors du dernier renouvellement en 2023 (1 829 candidats), et bien en dessous du record de 2017 avec 1 996 candidatures.

Deux modes de scrutin prévalent pour les sénatoriales : un scrutin majoritaire à deux tours dans les départements qui élisent seulement un ou deux sénateurs, et un scrutin de liste proportionnel dans les autres. Dans le détail, on compte 1 434 candidats au scrutin proportionnel et 252 candidats au scrutin majoritaire (et autant de suppléants).

770 femmes candidates, une parité en trompe-l’œil

Si les listes doivent être paritaires – avec une alternance de candidats homme-femme –, seulement 84 femmes sont têtes de liste (36 % des listes), ce qui diminue leurs chances d’être élues. Par ailleurs, le scrutin majoritaire vient bouleverser l’équilibre global du scrutin, avec davantage de candidats de sexe masculin dans les départements avec un ou deux sièges à pourvoir. Si l’on exclut les suppléants, 46,1 % des candidats aux sénatoriales sont des femmes (777 personnes), tous types de circonscriptions confondues. Un chiffre stable par rapport aux dernières sénatoriales

Du Palais Bourbon au Palais du Luxembourg : 33 députés candidats à un siège de sénateur

134 sénateurs sortants sont officiellement candidats, mais pas toujours en position éligible. Leur présence dans une liste est parfois une manière de soutien pour ceux qui briguent leur succession. Ils sont 44 dans cette série à ne pas se représenter.

Dans la mesure où les sénateurs sont élus par un collège de grands électeurs qui comprend notamment les conseillers régionaux, les conseillers départementaux, les conseillers municipaux et des « délégués supplémentaires » sélectionnés par les conseils municipaux sur les listes électorales pour renforcer la représentativité des grandes villes, le scrutin revêt une très forte couleur locale. C’est la raison pour laquelle il drague de nombreuses personnalités qui détiennent déjà un mandat électoral et bénéficient d’une certaine notoriété auprès des autres élus locaux.

On compte ainsi parmi les candidats de ce cru 2026 : 33 députés, 7 députés européens, deux présidents de conseil régional et neuf présidents de conseil départemental. Les règles sur le non-cumul des mandats les obligeront toutefois à choisir entre leur poste actuel et le Palais du Luxembourg en cas d’élection.

» LIRE AUSSI – François Rebsamen, Marie-Caroline Le Pen, Bruno Retailleau… Qui sont les candidats aux élections sénatoriales ?

Afin d’identifier les candidatures sur l’échiquier politique, le ministère de l’Intérieur a listé 24 étiquettes politiques pour ces sénatoriales, qui vont de l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par les listes régionalistes, divers gauche, écologistes, Renaissance, Modem, ou encore LR.

Une moyenne d’âge à 55 ans et 5 mois pour les candidats aux sénatoriales

On constate que le mandat de sénateur reste privilégié par des personnalités qui arrivent en fin de carrière : 68 % des candidats ont plus de 50 ans.

Dans le détail 28,23 % ont entre 50 et 59 ans (467 candidats) ; 27,82 % entre 60 et 69 ans (462 candidats) ; 11,21 % entre 70 et 79 ans et 1,07 % des candidats (18 personnes) ont 80 ans ou plus. À l’autre bout du spectre, un peu moins de 32 % des candidats ont entre 24 et 50 ans, et la représentativité de chaque classe d’âge va diminuant à mesure que l’on s’approche de la vingtaine. Même s’ils sont plus nombreux que les octogénaires, seulement 56 candidats ont entre 24 et 29 ans.

La moyenne d’âge des candidats se situe à 55 ans et 5 mois. À titre de comparaison, la moyenne d’âge des sénateurs en France est de 59 ans, elle est passée sous la barre symbolique des 60 ans lors du dernier renouvellement en 2023. À l’Assemblée nationale la moyenne d’âge est dix ans plus jeune, autour de 49 ans.

Le candidat le plus âgé est une femme, Christiane Raust, 85 ans et 2 mois, en septième position sur une liste divers droite dans la Seine-Maritime. Le candidat le plus jeune a 24 ans et 1 mois ; Clément Bellière qui se présente en dernière position sur la liste RN de l’Eure.

Il n’est pas possible d’avoir un candidat de 23 ans ou moins, puisque les candidats aux sénatoriales doivent avoir 24 ans révolus le jour du scrutin. Il s’agit de la seule élection en France à imposer un âge minimum qui n’est pas celui de la majorité. Notons que le plus jeune sénateur jamais élu sous la Ve République, Rémi Cardon (26 ans et 4 mois au moment de son élection en 2020) se représente dans la Somme.

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