Ils seront donc 1 657 candidats aux prochaines sénatoriales dans l’Hexagone, dimanche 27 septembre. Le dépôt des listes est clos depuis vendredi soir, mais à ce stade toutes les candidatures présentées dans les circonscriptions d’Outre-mer n’ont pas encore été remontées auprès des services du Sénat. Comme à chaque élection, ce scrutin brasse son lot de personnalités plus ou moins connues, vieux routiers de la politique ou membres de la société civile. Public Sénat s’est plongé dans les listes pour identifier quelques noms.
Sans surprise, l’ancien maire de Dijon François Rebsamen est tête de la liste d’union de gauche « La Voix des communes » en Côte-d’Or. La candidature de l’ancien ministre de l’Aménagement du territoire de François Bayrou a fait l’objet de nombreuses spéculations, avant que le sénateur François Patriat, figure du département et président du groupe RDPI du Sénat – brutalement décédé fin août –, n’annonce en début d’été ne pas vouloir se représenter après trois mandats. Pour mémoire, François Rebsamen a déjà été élu sénateur (de 2008 à 2014), sous l’étiquette socialiste, il avait même pris la présidence du groupe PS au Palais du Luxembourg.
Notons que le fils de François Patriat, Grégory Patriat, vigneron de profession, est également candidat dans le département, en 5e position sur la liste divers centre du sortant Didier Maingault, qui a réuni derrière lui plusieurs anciens compagnons de route du sénateur décédé.
Dynasties politiques
Dans la catégorie fils/fille de, signalons la candidature dans la Sarthe de Marie-Caroline Le Pen, fille aînée de Jean-Marie Le Pen et sœur de Marine Le Pen, où elle conduit la liste RN. Conseillère régionale d’Ile-de-France depuis 2021, Marie-Caroline Le Pen vise pour la première fois un siège de sénatrice après avoir été quatre fois candidate aux législatives. On se souvient de sa campagne de 1997 dans les Yvelines, marquée par une altercation physique entre son père et la socialiste Annette Peulvast-Bergeal, valant à Jean-Marie Le Pen un an d’inéligibilité et trois mois de prison avec sursis.
Public Sénat a également relevé la présence discrète de Claude Chirac pour ces sénatoriales. La fille de l’ancien président de la République est la remplaçante du LR Julien Bounie en Corrèze, la terre d’attache de ses parents. Elle avait déjà été sa colistière pour les départementales de 2021, mais avait refusé de briguer la vice-présidence du conseil départemental une fois élue.
Autre candidature qui était attendue, celle de Bruno Retailleau. Le patron des LR, lancé dans la course à l’Elysée, brigue également sa propre succession en Vendée, où il est élu depuis 2004.
Jean-Christophe Picard, président de 2015 à 2020 de l’association anticorruption Anticor, est tête de liste divers gauche dans les Alpes-Maritimes. Il avait démissionné de son poste pour pouvoir participer aux municipales à Nice en 2020, sur une liste écologiste.
34 députés sont candidats à un siège de sénateur
La députée RN Edwige Diaz emmène la liste de son parti en Gironde où la bataille s’annonce serrée avec 9 listes pour 6 sièges à pourvoir dans le département. Les scores du RN aux dernières municipales laissent bon espoir à l’extrême droite de former un groupe au Palais du Luxembourg, une première sous la Ve République. En cas d’élection, Edwige Diaz, vice-présidente du RN, fait partie des personnalités pressenties pour en prendre la présidence.
Au total, Public Sénat compte 34 députés candidats à ces sénatoriales. Est-ce la perspective de législatives anticipées après la présidentielle, dans un contexte politique particulièrement incertain, qui pousse ces élus à se chercher un autre siège ? Notons que beaucoup ne sont pas en position éligible sur les listes, et utilisent leur nom pour donner de la visibilité et du crédit aux autres candidats de leur camp.
C’est le Rassemblement national qui drague le plus gros contingent de potentiels transfuges du Palais Bourbon vers le Palais du Luxembourg – en cas d’élection ils devront choisir entre l’un de leurs deux mandats –, avec 10 députés-candidats. Ainsi, dans le Var, une liste d’union à l’extrême droite compte à elle seule quatre députés dans ses rangs pour six candidats : Frank Giletti, Philippe Schreck, Frédéric Boccaletti et, en dernière position non éligible, Laure Lavalette, qui s’était hissée au second tour des municipales à Toulon en mars dernier.
Le retour des anciens ministres
Quelques eurodéputés prennent également part à la bataille, comme le RN Gilles Pennelle, qui est tête de liste en Ille-et-Vilaine. Dans le même département, la ministre centriste de l’Aménagement du territoire, Françoise Gatel, est candidate à un troisième mandat. Elle est la seule membre du gouvernement à se (re) présenter, en revanche plusieurs anciens ministres participent à l’élection.
Outre François Rebsamen, cité au début de cet article : Brigitte Klinkert, ancienne ministre de l’Insertion dans le gouvernement de Jean Castex, redevenue députée, est à la dernière place sur la liste centriste de Benjamin Huin dans le Haut-Rhin, et Patricia Mirallès, ancienne ministre déléguée chargée des Anciens combattants, est deuxième sur la liste du macroniste Jean-Pierre Grand dans l’Hérault.
Secrétaire d’État chargée de la Politique de la Ville sous François Hollande, Hélène Geoffroy apparaît en deuxième position sur la liste du sénateur écologiste sortant Thomas Dossus dans le Rhône. Cette candidature vient bousculer les alliances locales : en guise de protestation, l’écologiste Bruno Bernard, ex-président de la métropole de Lyon, a déposé in extremis sa propre liste. Or, la dispersion des voix des grands électeurs de gauche dans le département pourrait aussi coûter à LFI ses seules chances de faire un siège lors de ces sénatoriales, en la personne du député Gabriel Amard.
Enfin, parmi les noms repérés par Public Sénat, citons Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, 5e sur une liste divers droite en Haute-Garonne, ou encore Jérôme Durain, le président socialiste du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. L’élu PS est deuxième sur la liste divers gauche de Paulette Matray, celle-là même qui lui a succédé en octobre 2025 au Palais du Luxembourg, lorsqu’il a quitté son siège pour prendre la suite de Marie-Guite Dufay à la présidence de la région.