Législatives : La République en Marche investit 428 candidats, sans Manuel Valls
Richard Ferrand a dévoilé une liste de 428 candidats investis par la République en Marche, dont la moitié issue de la société civile. Manuel Valls n’y figure pas, mais n’aura pas non plus de candidat face à lui. Le mouvement se donne jusqu’à mercredi pour accueillir davantage d’élus de droite.

Législatives : La République en Marche investit 428 candidats, sans Manuel Valls

Richard Ferrand a dévoilé une liste de 428 candidats investis par la République en Marche, dont la moitié issue de la société civile. Manuel Valls n’y figure pas, mais n’aura pas non plus de candidat face à lui. Le mouvement se donne jusqu’à mercredi pour accueillir davantage d’élus de droite.
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La République en Marche a investi ce jeudi 428 candidats pour les législatives, sans que n’y figure le nom de Manuel Valls. L'ancien Premier ministre n'aura toutefois pas de candidat face à lui « à ce stade ». Le mouvement se laisse jusqu’à mercredi 17 mai pour déterminer les 149 autres candidats et permettre la « recomposition du paysage politique français ».

Richard Ferrand, le secrétaire général de la République En Marche a annoncé lors d’une conférence de presse que 52% de ces 428 étaient issus de la « société civile » et n’avaient « jamais exercé de mandat politique ».

Mais en fin de journée, une alerte de l’AFP est tombée pour annoncer que la liste de candidats publiée n'a pas « l'assentiment » du Modem, a déclaré François Bayrou à l’AFP… « Je convoque le bureau politique du MoDem demain (vendredi) soir en souhaitant que dans les heures qui viennent, un mouvement de raison permette des investitures communes dans toutes les circonscriptions comme Emmanuel Macron et moi en sommes convenus depuis le premier jour de notre entente », a déclaré à l'AFP le maire de Pau.

« Il reste des espaces de rassemblement disponible »

Parmi les candidats déjà investis dans un mandat électif, Richard Ferrand a précisé que ces derniers étaient « issus de l’ensemble du spectre politique républicain » et qu’un peu plus d’une vingtaine d’entre eux étaient des parlementaires sortants issus du Parti socialiste. « Vous comprendrez pourquoi nous prenons un peu de temps », a indiqué le député du Finistère sur la suite du processus de sélection :

« Nous souhaitons que d’ici mercredi prochain, puisse être maintenu vivant un espace permettant à la recomposition du paysage politique français de se concrétiser encore. »

Autrement dit, En Marche repousse la fin de ses travaux d’investiture après l’annonce du gouvernement, de manière à laisser la possibilité à des élus de droite de faire acte de candidature.

La circonscription de Manuel Valls gelée

Interrogé sur le résultat de la candidature de Manuel Valls, Richard Ferrand a indiqué que l’ancien Premier ministre n’était pas investi mais que le mouvement ne présentait pas « a priori » de candidat contre lui. « Nous avons constaté que la candidature de l’intéressé ne correspondait pas aux critères », a fait savoir Richard Ferrand, citant notamment les trois mandats du député de l’Essonne.

Législatives : Manuel Valls n'est pas investi par En Marche mais n'aura pas de candidat face à lui
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Insistant sur l’examen « respectueux » de sa candidature, Richard Ferrand a déclaré que dans une optique d’un rassemblement large, il ne fallait pas « donner l’impression d’humilier » ou « de rejeter ».

« Un ancien Premier ministre – il n’est donc pas n’importe qui – qui, de manière tardive, a décidé de nous proposer de porter le projet du président de la République, a présenté une candidature qui devait être examinée respectueusement. Ce que nous avons fait. » - Richard Ferrand

19.000 dossiers de candidatures reçus

« La promesse de renouvellement politique est tenue », se félicite Richard Ferrand, au terme d’un long processus de sélection (plus de 19.000 dossiers reçus depuis le 19 janvier). Dans le détail, l’ensemble des 428 candidats retenus pour cette première vague respecte la parité entre les hommes et les femmes, selon le mouvement. « Le respect de la parité est également valable pour ce qui concerne les circonscriptions estimées favorables au regard des résultats obtenus par Emmanuel Macron », souligne Richard Ferrand. Avant sélection, les hommes représentaient 71% des postulants, contre 29% pour les femmes.

Ces candidats ont en moyenne 46 ans, selon les calculs d'En Marche, c’est moins que la moyenne d’âge observée pour l’ensemble des candidats aux législatives lors des trois précédentes consultations nationales (50 ans en 2012, 51 ans en 2007, 48 ans en 2002, 42 ans en 1997).

Selon Richard Ferrand, 93% des candidats sont en activité professionnelle, 2% sont des demandeurs d’emploi et 4% sont des retraités. Les étudiants sont représentés avec 1%.

L’ensemble des candidats se réuniront ce samedi à Paris, au musée du Quai Branly pour un séminaire de formation.

Plusieurs personnalités et quelques couacs

Parmi les personnalités présentes dans la liste des investis, on relève le mathématicien Cédric Villani (Essonne), le magistrat Éric Halphen (Calvados) et l'ex-juge d'instruction Laurence Vichnievsky (Puy-de-Dôme), la secrétaire d’État écologiste Barbara Pompili (Somme), François de Rugy (Loire-Atlantique) ou encore le conseiller presse de François Hollande Gaspard Gantzer (Ille-et-Vilaine).

En revanche, contrairement à ce qu’indique la liste communiquée aux médias, le président du Rugby Club Toulonnais Mourad Boudjellal ne fait pas partie des candidats investis dans le Var. L’information a été démentie par En Marche et par l’intéressé, qui était néanmoins présent au meeting de Paris-Bercy.

Un autre candidat choisi par la République En Marche, Stéphane Saint-André (actuel député PRG du Pas-de-Calais), a par ailleurs décliné son investiture. Le président des Voies navigables de France explique ne pas avoir une « parfaite information des engagements qu'[il devra] prendre » et s'inquiète de la possibilité d'une arrivée à Matignon d'Édouard Philippe (LR), qu'il qualifie d' « opposant farouche au canal Seine Nord ».

Le député-maire de Sarcelles François Pupponi (Val-d'Oise) a, lui, affirmé dans un communiqué qu'il était bien candidat aux législatives sous la bannière du Parti socialiste, récusant la présence de son nom dans la liste de la République en Marche :

Je tiens immédiatement à préciser que je n'ai ni adhéré au mouvement, ni à aucun moment sollicité cette investiture ou candidaté.

Des circonscriptions stratégiques encore non-attribuées

Plusieurs des circonscriptions qui n’ont pour l’heure pas été attribuées sont actuellement détenues par la droite : celle de Benoist Apparu, mais aussi Thierry Solère, Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, Arnaud Robinet, Franck Riester ou encore Gilles Boyer, l’ancien directeur de campagne d’Alain Juppé investi chez Les Républicains dans la huitième circonscription des Hauts-de-Seine. Aucun candidat n’a également été désigné pour le moment dans la circonscription du juppéiste Édouard Philippe (qui ne se représente pas).

Chez les membres actuels ou passés du gouvernement, le sort des circonscriptions de Stéphane Le Foll, Marisol Touraine, Jean-Marie Le Guen, Myriam El Khomri n’a toujours pas été départagé.

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