Législatives : LR se laisse une semaine avant « une reconstruction complète »
Faire appel à un « sursaut citoyen » pour sauver les meubles au deuxième tour des législatives, réunis en Bureau politique ce lundi, plusieurs cadres LR ont fait part de leurs craintes de voir « une Assemblée monolithique » et renvoient leurs divisions internes après le second tour.

Législatives : LR se laisse une semaine avant « une reconstruction complète »

Faire appel à un « sursaut citoyen » pour sauver les meubles au deuxième tour des législatives, réunis en Bureau politique ce lundi, plusieurs cadres LR ont fait part de leurs craintes de voir « une Assemblée monolithique » et renvoient leurs divisions internes après le second tour.
Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Avec un nombre de députés probablement réduit de moitié, l’objectif d’ « une cohabitation » ambitionnée un temps par François Baroin est de l’histoire ancienne. Réunis en bureau politique au lendemain du 1er tour, les cadres des Républicains veulent  rester unis encore une semaine avant de clarifier leur positionnement vis-à-vis de la future majorité.

Lors de la dernière législature, le groupe LR comptait 199 députés, qu’il fallait additionner aux  27 parlementaires de l’UDI. Selon une projection publiée, hier soir, par Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France, LCPAN, RFI-France 24 et Le Point, le nombre de députés LR et UDI seront compris entre 70 et 110. Une claque pour un parti qui, il y a quelques mois à peine, était promis à un retour aux affaires, après 5 ans d’opposition.

Quelques minutes après 20 heures, le chef de file du parti pour les législatives, François Baroin a, comme il l’a fait tout au long de la campagne,  insisté sur les « différences » entre le programme de LR et de La République en Marche. « Les Français doivent savoir qu’En marche veut un choc fiscal d’un niveau  équivalent à celui que François Hollande a imposé aux classes moyennes » a-t-il lancé avant de fustiger « les hausses d’impôts » que souhaiterait mettre en place LREM. « Notre pays attend des pouvoirs équilibrés et non concentrés dans un seul et même parti » avait-il affirmé.

« On a définitivement un problème de positionnement »

« Il faut éviter d'avoir une Assemblée monolithique », a réaffirmé, ce lundi, François Baroin. Des éléments de langage repris par cadres LR à la sortie. « Il faut absolument rééquilibrer car si vraiment M. Macron à tous les pouvoirs, qu’il n’y a plus du tout d’opposition à l’Assemblée nationale, l’opposition, elle sera où ? » s’est inquiété le maire de Meaux, Jean-François Copé. La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse a appelé, notamment les abstentionnistes, « à un sursaut citoyen ». « Pour ne pas faire d’En Marche, un parti totalement hégémonique, un parti unique de la pensée unique avec un programme unique ». (voir notre article sur le sujet)

Jean-François Copé fixe la "reconstruction complète de la droite" après le second tour des législatives
01:57

« La séduction Macron, elle ne durera qu’un temps »

Le sénateur LR Gérard Longuet renvoie, après le deuxième tour les leçons à tirer des législatives. « On a définitivement un problème de positionnement mais ce n’est pas moi sur le trottoir qui vais le régler aujourd’hui » a-t-il reconnu. « Au lendemain du second tour viendra le temps d’une reconstruction complète de la droite » a complété M.Copé. En effet, l’AFP rapporte que le sénateur Jean-Pierre Raffarin a tenté de soulever, dès ce matin, la question de la confiance à accorder ou non au Premier ministre. Une discussion animée s’en serait suivie avec ceux souhaitant rester dans l’opposition classique. « La seule question qui vaille aujourd’hui c’est de faire gagner nos candidats sur tous les territoires. Parce que, ne vous inquiétez pas, la séduction Macron, elle ne durera qu’un temps. Nous, on veut des députés qui se battent contre l’augmentation de la CSG, des députés qui prônent la baisse des impôts (…) et pour ça il nous faut un groupe qui soit solide, alors la tentation Macron : stop» a appuyé l'eurodéputée Nadine Morano.

L’une des questions cruciales dans les prochains jours sera de savoir si les députés LR favorables au vote de confiance constitueront ou non leur propre groupe à l'Assemblée, le 20 juin. Ils se baptisent « les constructifs » parmi lesquels Thierry Solère ou encore Franck Riester tous deux en ballottage favorable dans les Hauts-de-Seine et en Seine-et-Marne.

Roger Karoutchi: le débat de la recomposition de la droite aura lieu lors de l'election du prochain pdt de LR
00:39

Au micro de Public Sénat, le sénateur des Hauts-de-Seine, Roger Karoutchi  considère que la recomposition des Républicains se fera lors de l’élection de son président en octobre prochain. « Ça veut dire que Laurent Wauquiez, que peut-être Xavier Bertrand, que Valérie Pécresse.. Je ne sais pas… il y en a peut-être d’autres qui envisagent d’y aller (…) Il faudra qu’ils y aillent mais il faudra qu’ils y aillent sur un projet. Et c’est sur ce projet là qu’aura lieu le débat de la recomposition de la droite. Celui qui sera élu portera le projet de recomposition » fixe-t-il.

« Dimanche prochain, il n’y aura plus Roland Garros et qu’il ne faut pas aller à Deauville ».

En ballottage face à une candidate de la République En Marche dans la 14e circonscription de Paris, le député LR sortant Claude Goasguen reconnaît que « c’est très dur » (voir le sujet de Jérôme Rabier). « Nos amis avaient de mauvaises habitudes dans le 16e arrondissement (…) Il va falloir que je leur réexplique que dimanche prochain, il n’y aura plus Roland Garros et qu’il ne faut pas aller à Deauville ».

Pas sûr que cette consigne puisse se décliner dans toutes les circonscriptions où un candidat LR est encore en lice.

Partager cet article

Dans la même thématique

Législatives : LR se laisse une semaine avant « une reconstruction complète »
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Documentaire De Gaulle, histoire d’un géant de Jean-Pierre Cottet
4min

Politique

Comment de Gaulle a construit l’image de la France dans le monde

États-Unis, Allemagne mais aussi Sénégal quand le monde apprend la démission du président de Gaulle en avril 1969, c’est une onde de choc politique. Celui qui était au pouvoir depuis 1958 avait en effet tissé des liens avec le monde entier. Construction d’une politique européenne pour se préserver notamment de l’influence de l’Amérique, décolonisation… Charles de Gaulle avait imprimé sa marque, ses opinions en matière de politique étrangère, laissant ainsi son héritage. C’est l’un des chapitres que nous propose de feuilleter le réalisateur Jean-Pierre Cottet dans le documentaire De Gaulle, histoire d’un géant diffusé sur Public Sénat.

Le

Capture d’écran du documentaire « Les Rosenberg, des espions au cœur de l’Amérique » de Julia Bracher
6min

Politique

Les « docus de l’été » : Les époux Rosenberg, les espions qui ont divisé l’Amérique

C’est l’un des procès pour espionnage les plus retentissants de l’Histoire des États-Unis. Celui des époux Rosenberg, accusés d’avoir travaillé pour le compte des Soviétiques en pleine Guerre froide et alors que l’Amérique apprend avec stupeur que les Russes détiennent l’arme atomique. Le documentaire "Les Rosenberg, des espions au cœur de l’Amérique", réalisé par Julia Bracher, diffusé cet été sur Public Sénat, raconte leur histoire et les tumultes provoqués par leur procès jusqu’au jour de leur exécution, le 19 juin 1953. L’élan populaire international n’aura pas suffi à les sauver de la chaise électrique.

Le

Législatives : LR se laisse une semaine avant « une reconstruction complète »
5min

Politique

« On m’a posé douze implants le même jour, une souffrance qu’on ne peut pas décrire » raconte cette victime d’un centre dentaire « low-cost »

En 2015, pour son passage à la retraite, Christine Teilhol, souhaite s’offrir un nouveau sourire. Éblouie par des tarifs attractifs d’un centre dentaire qui vient d’ouvrir, cette ancienne technicienne de laboratoire va tomber dans le piège d’un escroc et découvrir les limites de la médecine « low-cost ».

Le