Lubrizol : Y a-t-il eu une intrusion ?
Auditionné par la commission d’enquête du Sénat, le directeur régional de l’Environnement de Normandie (DREAL) s’interroge sur les causes de l’incendie, évoquant une possible intrusion sur le site de Lubrizol. Une hypothèse qui expliquerait pourquoi, malgré les nombreuses inspections de ses services, l’incendie s’est déclaré.

Lubrizol : Y a-t-il eu une intrusion ?

Auditionné par la commission d’enquête du Sénat, le directeur régional de l’Environnement de Normandie (DREAL) s’interroge sur les causes de l’incendie, évoquant une possible intrusion sur le site de Lubrizol. Une hypothèse qui expliquerait pourquoi, malgré les nombreuses inspections de ses services, l’incendie s’est déclaré.
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Par Héléna Berkaoui

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Une intrusion sur le site industriel Lubrizol est-elle à l’origine de l’incendie spectaculaire qui a eu lieu à Rouen ? C’est l’hypothèse avancée par Patrick Berg, le directeur régional de l’Environnement, de l’aménagement et du logement de Normandie (DREAL), devant la commission d’enquête sénatoriale. Une hypothèse qui expliquerait comment l’incendie s’est déclenché malgré les nombreuses inspections de ses services, 39 en 7 ans. « Je me pose des questions, je mets ça en rapport avec un certain nombre d’informations que l’on peut réunir de la part d’autres sites Seveso de Seine-Maritime qui nous font part d’intrusions », déclare ainsi Patrick Berg tout en soulignant qu’il n’y a actuellement pas d’éléments pour appuyer cette hypothèse.  

Devant la commission, le directeur de la DREAL de Normandie étaye les points d’interrogations qui le poussent à envisager cette piste : « Sur les 5 000 tonnes qui ont brûlé, il y avait 12,75 tonnes de produits inflammables, tout le reste c’était des produits combustibles. Comment se fait-il que dans un site où il y a des produits inflammables et des produits combustibles ça prend feu ? (…) Qu’est-ce qu’il s’est passé à cet endroit ? À un endroit où il n’y a pas de processus de fabrication, on est en pleine nuit et on est au bout de la cour où on stocke des produits combustibles non-inflammables. C’est très interrogeant sur les causes de l’accident. »

Patrick Berg a également été interrogé sur les propos de Delphine Batho. L’ancienne ministre de l’Écologie était en fonction en 2013, année où un gaz composé de mercaptan s’était échappé de l’usine Lubrizol, dégageant une odeur nauséabonde. Auditionnée par la commission sénatoriale le 12 novembre dernier, Delphine Batho dénonçait une faute grave de l’État. « Le fait qu’un nouvel accident industriel beaucoup plus grave, se produise dans la même usine, après que Lubrizol ait été condamné pour négligence en 2014, et sans que les leçons de 2013 n’aient toutes été retenues dans la gestion de crise, constitue à mes yeux, pas seulement un échec mais une faute de l’État », déclarait-elle (revoir l’audition de Delphine Batho).

Lubrizol : le mercaptan « pas dangereux mais très malodorant »
04:46

 « Je ne comprends pas très bien ses prises de position », répond aujourd’hui le directeur de la DREAL selon qui les dispositions ont bien été prises suite à cet incident. Partick Berg déclare cependant que ses services ont constaté en 2015, « que certains travaux prescris n’étaient pas réalisés, ils ont reçu une mise en demeure de bien vouloir faire ces travaux rapidement dispositions ont été bien » (voir la vidéo ci-dessus).

Le directeur de la DREAL a par ailleurs éclairé la commission sur la composition des fûts endommagés lors de l’incendie, une information très attendue par la commission sénatoriale. Le composé responsable de l’odeur pestilentielle qui a envahi Rouen est donc le mercaptan, un gaz qui à petite dose n’est « pas dangereux mais très malodorant ».

« Il y a 1 389 fûts dont 166 qui contiennent cet agent susceptible, quand il est échauffé, de produire une mauvaise odeur », a précisé Patrick Ber. Il ajoute cependant que dans certaines situations d’échauffement ce gaz peut produire de l’hydrogène sulfuré, « un gaz plus dangereux et plus toxique ».

 

 

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