L'Elysée a annoncé vendredi le maintien de la salle de presse dans la cour du palais présidentiel, mettant fin à une longue polémique provoquée...
Macron clôt la polémique sur la salle de presse de l’Elysée
L'Elysée a annoncé vendredi le maintien de la salle de presse dans la cour du palais présidentiel, mettant fin à une longue polémique provoquée...
Par Jérôme RIVET et Laurence BENHAMOU
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Publié le
L'Elysée a annoncé vendredi le maintien de la salle de presse dans la cour du palais présidentiel, mettant fin à une longue polémique provoquée par un projet de déménagement lancé peu après l'élection d'Emmanuel Macron en 2017.
Cette décision a été saluée par l'Association de la presse présidentielle (APP), qui s'est "réjouie de l'issue positive de ce dossier, qui avait suscité beaucoup d'inquiétude" chez les journalistes. Emmanuel Macron "a entendu" cette "forte inquiétude", a fait valoir l'Elysée à l'association qui regroupe les médias couvrant l'actualité de la présidence de la République.
Après deux ans de tensions, le chef de l'Etat cherche désormais à apaiser les relations avec la presse, comme avec les autres corps intermédiaires, dans le cadre du "changement de méthode" annoncé pour "l'acte II du quinquennat" dans la foulée du grand débat et de la crise des "gilets jaunes".
Il a ainsi accepté en avril de donner sa toute première conférence de presse en France et accepté de s'exprimer plus volontiers avec les journalistes.
Le bras de fer entre l'Elysée et la presse avait débuté dès les premières semaines du quinquennat avec l'annonce du déménagement de la salle de presse emblématique, installée dans la Cour d'honneur depuis près de 40 ans, pour la transférer dans une annexe située dans une rue adjacente fin 2018.
L'Elysée avait justifié cette décision par la nécessité de consacrer cet espace à une nouvelle salle de réunion pour ses conseillers et, dans le même temps, d'offrir "des conditions de travail améliorées" à la presse.
Des journalistes dans la salle de presse de l'Elysée, le 10 novembre 2018
AFP/Archives
Mais, pour les journalistes, ce déménagement était le symbole de la volonté du nouveau chef de l'Etat de les éloigner du coeur du pouvoir et de faire du palais présidentiel une "forteresse".
L'APP avait dénoncé "un verrouillage de l'Elysée et une décision attentatoire à la liberté d'informer et de travailler des journalistes".
La presse étrangère avait consacré de nombreux articles à cette décision, en notant que Donald Trump avait aussi essayé de fermer la salle de presse de la Maison Blanche avant de renoncer face au tollé.
- Seconde salle -
Cette polémique avait contribué à tendre les relations entre les médias et Emmanuel Macron, soucieux au début de son quinquennat de "changer son mode de communication avec les journalistes" en opposition à la proximité cultivée par son prédécesseur François Hollande.
La salle de presse donnant sur la cour de l'hôtel d'Evreux restera donc ouverte en permanence aux agences de presse (AFP, Reuters, AP, Bloomberg) et, en certaines occasions, à d'autres médias.
Sa surface sera néanmoins réduite de moitié pour les besoins des services de l'Elysée, où travaillent quelque 600 personnes et qui manque d'espace, selon la présidence.
La cour du palais de l'Elysée, le 5 juillet 2019
POOL/AFP
Les autres journalistes accrédités auront accès à une seconde salle de presse, située rue de l'Elysée, dont les travaux ont récemment pris fin.
Son ouverture était notamment souhaitée par les journalistes des chaînes d'information, contraints actuellement de rester de longues heures sur le trottoir d'une avenue adjacente à l'Elysée, d'où ils font leurs interventions en direct.
L'APP, qui regroupe 270 journalistes, "restera vigilante quant à la mise en oeuvre des aménagements évoqués", précise-t-elle dans son communiqué.
La création de la salle de presse présidentielle remonte aux premières années de la Ve République, du temps du général Charles de Gaulle. D'abord installée dans un bâtiment annexe, elle a été déménagée à l'intérieur du Palais sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing avant que, en 1984, François Mitterrand ne la transfère dans la cour d'honneur, dans un souci de transparence. Elle est ensuite agrandie durant la présidence de Nicolas Sarkozy.
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