Emmanuel Macron a annoncé mercredi qu'il légiférerait par ordonnances pour rééquilibrer les contrats commerciaux entre agriculteurs et...
Macron veut améliorer les revenus des agriculteurs grâce à des ordonnances
Emmanuel Macron a annoncé mercredi qu'il légiférerait par ordonnances pour rééquilibrer les contrats commerciaux entre agriculteurs et...
Par Laurence BENHAMOU et Emmanuelle TRECOLLE
Temps de lecture :
2 min
Publié le
Mis à jour le
Emmanuel Macron a annoncé mercredi qu'il légiférerait par ordonnances pour rééquilibrer les contrats commerciaux entre agriculteurs et distributeurs, à condition qu'ils réorganisent leurs filières de production, dans un discours très attendu visant à augmenter le revenu des paysans en crise.
"Nous modifierons la loi pour inverser la formation du prix qui partira du coût de production" afin de mieux rémunérer les paysans, a déclaré le chef de l'Etat, à mi-parcours des Etats généraux de l'alimentation lancés en juillet.
L'ambition du président est de trouver les moyens de mettre un terme à la paupérisation de la profession agricole, tout en répondant à la forte nécessité de transformation du secteur pour répondre aux attentes sociétales et environnementales des Français.
"Nous devons repenser collectivement une nouvelle France agricole" a lancé M. Macron aux agriculteurs, industriels, distributeurs et élus réunis sur le marché de gros de Rungis (Val-de-Marne).
La loi devrait être présentée et adoptée via des ordonnances "au premier semestre 2018" a dit M. Macron, en souhaitant une "transformation profonde" du secteur qui devra monter en gamme, et en exigeant que chaque filière de production agricole (lait, viande, céréales, etc..) lui présente "d'ici la fin de l'année" sa "stratégie".
"Nous ne devons pas avoir une approche uniforme", il continuera d'y avoir une "pluralité productive", et des "dynamiques régionales" qui doivent rester fortes, a-t-il ajouté en citant le bio, les labels, les régions.
"Je souhaite que la distribution et les industriels participent" à ce travail.
Emmanuel Macron annonce une loi pour rééquilibrer les contrats entre agriculteurs, industriels et distributeurs afin de mieux rémunérer les paysans
AFP/Archives
Les "contrats de filière" ainsi bouclés serviront aussi de base à la position de la France pour bâtir la future Politique agricole commune (PAC), qui doit voir le jour après 2020, a-t-il dit.
- "Arrêt" de certaines productions -
Sur le délicat sujet des relations commerciales avec les distributeurs, la décision de relever le seuil de revente à perte (SRP) de la grande distribution, très attendue par les agriculteurs, dépendra de chaque filière. Et ne devrait concerner que les produits alimentaires.
Emmanuel Macron a réaffirmé son engagement de campagne d'atteindre "50% de produits bio ou locaux d'ici 2022 en restauration collective", à Rungis le 11 octobre 2017
POOL/AFP
Le seuil de revente à perte est le prix minimum en dessous duquel les distributeurs n'ont pas le droit de vendre.
Le président a réaffirmé son engagement de campagne d'atteindre "50% de produits bio ou locaux d'ici 2022 en restauration collective", un objectif qui va permettre de modeler, selon lui, les schémas de production en France et relancer l'agriculture et l'agroalimentaire.
"Vous devez vous organiser dans les territoires pour changer les modèles productifs", a-t-il dit.
Ce changement de paradigme passe par un "arrêt" de certaines productions, qui ne correspondent plus au goût des consommateurs et ne s'inscrivent pas dans la concurrence internationale.
Emmanuel Macron a cherché à rassurer les éleveurs et producteurs de viande bovine, inquiets des négociations commerciales en cours avec les pays du Mercosur en Amérique Latine
AFP/Archives
Emmanuel Macron s'est engagé à clarifier le droit à la concurrence, les agriculteurs étant tétanisés par le risque d'être accusés d'entente commerciale comme c'est arrivé par exemple pour "le cartel des endives".
À l'adresse des associations de consommateurs, il a affirmé que le Ceta, l'accord de libre échange conclu entre l'UE et le Canada et entré provisoirement en application le 21 septembre, respectera les normes européennes de santé et d'environnement.
Sur l'herbicide controversé glyphosate, il s'est engagé à ne pas laisser les agriculteurs "sans solution", mais a réaffirmé l'objectif de "transformer le modèle agricole dans lequel nous nous sommes enferrés" et qui "n'est pas durable".
La présidente du premier syndicat agricole, la FNSEA, Christiane Lambert, a salué des "avancées", en particulier le choix du recours à des "ordonnances" pour "aller plus vite", mais elle a eu du mal à encaisser les "leçons" du président sur les productions "qui ne marchent pas", en jugeant M. Macron "approximatif, voire caricatural" sur le sujet.
Michel Edouard Leclerc, conspué par la FNSEA, s'est pour sa part déclaré "soulagé" que le président se déclare favorable au relèvement du seuil de revente à perte sur les seuls produits alimentaires.
La Commission européenne, "réjouie" par ce discours, a indiqué qu'elle présenterait fin novembre ses orientations pour simplifier et moderniser la PAC.
Pascal Canfin directeur général France de l'ONG WWF, a pour sa part salué les "contrats de filière" et le changement des règles du jeu sur la fixation des prix à partir des coûts, mais "reste clairement sur (notre) faim sur la question de la transition" et "l'invention d'un nouveau modèle agricole".
L’armée israélienne a annoncé, vendredi matin, qu’elle allait mener de nouvelles frappes contre le Hezbollah sur la banlieue sud de Beyrouth. L’escalade militaire entre Israël et l’Iran s’étend désormais pleinement au Liban. Tatiana Krotoff, journaliste au service international du quotidien francophone libanais, l’Orient du Jour, fait état du choc de la population après l’ordre d’évacuation de la banlieue sud de Beyrouth par l’armée israélienne.
À moins de 10 jours des élections municipales des 15 et 22 mars, une enquête #MoiJeune réalisée par 20 Minutes avec OpinionWay met en lumière le rapport ambivalent de la génération Z à la politique locale.
Invité de la matinale de Public Sénat, le candidat socialiste à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, a réagi aux tensions entre les partis de gauche à l’approche des municipales. Donné en tête des intentions de vote au premier tour par un sondage Ipsos-BVA, il affirme vouloir aborder le scrutin avec une alliance déjà constituée, tout en excluant toute entente avec La France insoumise pour le second tour dans la capitale.
Lors du débat organisé par Public Sénat et TL7, la proposition de vendre le stade Geoffroy Guichard, propriété de la mairie, à l’ASSE a été mise sur la table par le candidat Horizons, Eric Le Jaouen. Les huit candidats sont aussi revenus sur l’affaire Perdriau, qui a vu l’ancien maire condamné à cinq ans de prison dans une affaire de chantage à la sextape.