En matière de lutte contre le mal-logement, le bilan du quinquennat Hollande est en "demi-teinte", juge la fondation Abbé Pierre dans son...
Mal-logement: un quinquennat « en demi-teinte » juge la Fondation Abbé Pierre
En matière de lutte contre le mal-logement, le bilan du quinquennat Hollande est en "demi-teinte", juge la fondation Abbé Pierre dans son...
Par Pauline FROISSART
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En matière de lutte contre le mal-logement, le bilan du quinquennat Hollande est en "demi-teinte", juge la fondation Abbé Pierre dans son rapport annuel, qui a été remis lundi au président de la République.
Malgré les engagements du candidat Hollande, qui avait signé le "Contrat social" de la fondation en février 2012, et une "activité législative assez dense" liée au logement pendant le quinquennat (loi ALUR, loi relative à la mobilisation du foncier public, loi pour la transition énergétique, etc.), en 2017 "le nombre de personnes confrontées à la crise du logement continue d'augmenter".
4 millions de mal-logés en France
AFP
Près de quatre millions de personnes sont mal logées, (c'est-à-dire soit privées de logement personnel soit vivant dans des conditions de logement très difficiles) et plus de 12 millions sont "fragilisées par rapport au logement" (locataires en situations d'impayés, propriétaires occupant un logement dans une copropriété en difficulté, etc.), selon ce rapport présenté mardi.
Invitée à défendre le bilan du quinquennat, la ministre du Logement Emmanuelle Cosse a mis en avant les "avancées concrètes" obtenues, soulignant le "long" chemin "pour rattraper un retard accumulé pendant trois décennies dans le logement".
Et de citer quelques chiffres: 453.200 logements autorisés à la construction en 2016, en hausse de 14% par rapport à l'année précédente; 130.226 logements sociaux agréés (hors ANRU) en 2016, soit une hausse de près de 15% par rapport à 2015.
Concernant les ménages reconnus prioritaires Dalo (Droit au logement opposable), en 2016, "nous devrions passer le cap des 120.000 ménages relogés" par l'Etat.
En terme d'hébergement, 134.000 places d'hébergement ont été ouvertes, dont 121.000 pérennes, a aussi indiqué la ministre. Elle a espéré que soient "approfondies" ces "avancées" sur les deux prochains quinquennats et mis en garde contre les "slogans faciles" et les "solutions toutes faites" qui pourraient ressurgir pendant la campagne présidentielle.
Le rapport annuel de la fondation Abbé Pierre remis par son directeur d'études Manuel Domergue au président François Hollande le 30 janvier 2017 à l'Elysée à Paris
POOL/AFP
Dans son rapport, la fondation Abbé Pierre souligne une aggravation de la situation: le nombre de personnes sans domicile par exemple (143.000 selon l'Insee) a augmenté de 50% entre 2001 et 2012. Celui des personnes contraintes d'être hébergées chez des tiers a grimpé de 19% entre 2002 et 2013. Et les personnes en situation de "surpeuplement accentué" (lorsqu'il manque deux pièces ou plus au logement) ont augmenté de 17% entre 2006 et 2013.
- 'Changer d'échelle' -
Sur le plan de l'immobilier, "alors que le président de la République avait fixé l'objectif de 500.000 constructions neuves par an, dont 150.000 logements sociaux, on ne peut que constater à la fin de ce quinquennat que le compte n'y est pas", souligne aussi le rapport.
Logement en construction le 27 août 2014 à Lille
AFP/Archives
La Fondation Abbé Pierre regrette également le "bond spectaculaire" des expulsions locatives avec le concours de la force publique qui ont grimpé de 24% en 2015.
Parmi les points positifs, la fondation Abbé Pierre cite notamment l'encadrement des loyers qu'il est "indispensable de renforcer" ou la loi sur la transition énergétique.
"Des graines ont été semées et des avancées obtenues (...) mais elles ne suffiront pas face à l'ampleur du mal logement".
Pour renverser la tendance, "il faut complètement changer d'échelle", martèle Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre.
La Fondation Abbé Pierre émet quinze propositions, parmi lesquelles la production de 150.000 logements sociaux par an accessibles aux plus modestes, la mobilisation du parc privé à des fins sociales, ou encore la mise en place d'une politique plus précoce de prévention des expulsions.
Mardi, plusieurs candidats à la présidentielle, à l'exception de Marine Le Pen avec qui la Fondation est en "désaccord profond", auront chacun une demi-heure pour évoquer ces sujets. "On attend de voir ce qu'ils ont dans le ventre", a déclaré Christophe Robert. Sont annoncés Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et Benoît Hamon.
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