Le tribunal administratif de Paris a rejeté lundi un recours en référé-liberté de la chroniqueuse pro-russe Xenia Fedorova contre son expulsion du territoire et le gel de ses avoirs, faute d’avoir démontré une « extrême urgence ».
Xenia Fedorova, assignée depuis mercredi à résidence, n’a exposé « aucun besoin de sortir du territoire parisien », « sollicité aucune autorisation auprès du préfet de police » et s’est limitée « à indiquer, sans aucune précision, que l’obligation de pointage lui cause une gêne », a indiqué le tribunal dans un communiqué. En conséquence, « le juge des référés a estimé que la condition d’extrême urgence ne pouvait être retenue ».
« Pour obtenir la suspension de l’exécution de ces décisions, Xenia Fedorova, qui avait le choix entre la procédure du référé suspension, subordonnée à la démonstration d’une urgence, et celle du référé liberté, subordonnée à la démonstration d’une extrême urgence justifiant des mesures dans les quarante-huit heures, a décidé d’introduire cette dernière action », relèvent les magistrats.
Or, cette procédure « ne pouvait pas se limiter à invoquer des présomptions qui ne s’appliquent pas à sa situation, mais devait faire état des graves incidences personnelles résultant pour elle des décisions contestées, ce qu’elle ne (fait) pas dans sa requête », poursuivent-ils.
La mesure d’expulsion a été annoncée par le ministère de l’Intérieur le 29 juillet. Sa présence et ses activités sur le territoire français ont été qualifiées d’atteintes « aux intérêts fondamentaux de l’Etat » et « une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public », explique l’arrêté d’expulsion qui vise Xenia Fedorova. Cette dernière fait également l’objet d’une interdiction de séjour en Allemagne pour des motifs similaires. Le 31 juillet, les avoirs de la chroniqueuse de CNews et Europe 1 ont également été gelés.
La chroniqueuse est accusée de reprendre systématiquement la rhétorique du Kremlin sur la guerre en Ukraine et les relations avec la Russie et de participer à des activités de désinformation.