Malgré leurs défaites, Les Républicains espèrent sauver leur unité
Sonnés par leurs lourdes défaites à la présidentielle et aux législatives, et le ralliement de plusieurs ténors au camp pro-Macron, Les...

Malgré leurs défaites, Les Républicains espèrent sauver leur unité

Sonnés par leurs lourdes défaites à la présidentielle et aux législatives, et le ralliement de plusieurs ténors au camp pro-Macron, Les...
Public Sénat

Par Nadège PULJAK

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Sonnés par leurs lourdes défaites à la présidentielle et aux législatives, et le ralliement de plusieurs ténors au camp pro-Macron, Les Républicains espèrent sauver leur unité, en dépit des divergences entre partisans d'une ligne droitière et tenants d'une voie "plus centrale".

Avant d'entamer le travail de "reconstruction", voire de "refondation" d'un parti qui a échoué à remplir sa mission première - empêcher une défaite au premier tour d'une présidentielle face au Front national - Les Républicains veulent "clarifier" la situation avec les "constructifs", ces LR Macron-compatibles, fondateurs avec l'UDI, d'un groupe distinct à l'Assemblée.

La question devrait être tranchée au prochain bureau politique, le 11 juillet. Ils ne sont que treize, mais sont une épine dans le pied d'une formation déjà affaiblie par la perte de la moitié de ses députés (une centaine au lieu des quelque 200 dans la précédente législature).

A en croire la plupart des leaders LR interrogés par l'AFP en fin de semaine, les principaux constructifs devraient être exclus. Exit Thierry Solère (qualifié de "traître") ou Franck Riester (co-président du groupe).

"Les autres, on ne désespère pas de les ramener à la maison", affirme-t-on au parti.

Edouard Philippe et Bruno Le Maire à Pacy-sur-Eure, le 28 mai 2017
Edouard Philippe et Bruno Le Maire à Pacy-sur-Eure, le 28 mai 2017
AFP/Archives

Quand aux trois LR du gouvernement, Edouard Philippe, Premier ministre, Bruno le Maire, ministre de l'Economie, et Gérald Darmanin (Action et Comptes publics), "ils se sont mis eux-mêmes en dehors du parti", répète-t-on, sans que l'on sache s'ils seront ou non officiellement exclus.

Autre temps fort du BP, le vote sur les dates des prochaines élections internes, d'où sortira le nouveau président du parti. Bernard Accoyer, secrétaire général de LR, proposera "les 10 et 17 décembre". Les Républicains avaient envisagé de réunir leur congrès en octobre, avant de décider de le reculer "pour ne pas parasiter la campagne des élections sénatoriales" (24 septembre).

- "Rajeunir, féminiser" LR -

Pour l'instant, le seul candidat certain de la compétition est Laurent Wauquiez, actuel numéro deux du parti et président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

"Je suis convaincu que l'espoir peut renaître à droite, et plus vite qu'on ne pense", affirme M. Wauquiez, qui pose "deux conditions" à cette renaissance: que la droite soit "claire", qu'elle soit "rassemblée".

Laurent Wauquiez, vice-président des Républicains, le 18 janvier 2017 à Paris
Laurent Wauquiez, vice-président des Républicains, le 18 janvier 2017 à Paris
AFP/Archives

Dans son esprit, il s'agit d'une droite qui "assume ses valeurs", redonne tout son sens au mot "régalien", défend les "classes moyennes", est ferme sur les questions d'immigration, la laïcité et les questions de société ("je refuse de garder la loi Taubira", disait-il début 2016).

L'ancien ministre s'est fixé "une ligne rouge": "pas d'alliance avec la gauche et le FN. Une seule boussole: les valeurs de la droite et du centre", avait-il tweeté le 17 mai, alors que Marion Maréchal-Le Pen venait d'assurer à Valeurs actuelles qu'"avec Wauquiez, on aurait des choses à faire ensemble".

Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Ile-de-France, le 23 mai 2017 à Cannes
Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Ile-de-France, le 23 mai 2017 à Cannes
AFP

Wauquiez "court après l'extrême droite", tonne néanmoins Xavier Bertrand. Le président LR des Hauts-de-France, partisan de "la voie centrale", a annoncé au JDD qu'il ne serait pas lui-même candidat, suggérant à sa collègue d'Ile-de-France Valérie Pécresse de se présenter. Selon des sources LR, la présidente d'IdF ne serait pas encline à y aller.

"Elle est très soucieuse d'éviter une guerre des chefs" dans un parti longtemps traumatisé par la guerre Copé/Fillon de fin 2012, explique-t-on dans son entourage. Son souhait: "redéfinir la ligne de LR - ni compromission avec le FN, ni ralliement à Macron - le rajeunir, le féminiser".

"Donner la parole aux jeunes générations" est aussi l'objectif de Daniel Fasquelle, trésorier de LR, réélu dans sa circonscription du Pas-de-Calais contre un candidat REM dont la suppléante n'était autre que la belle-fille de Macron, aime-t-il répéter. "Je veux faire entendre mes idées dans le débat interne et je me réserve la possibilité d'être candidat si elles ne sont pas entendues", affirme-t-il.

Avant l'élection du patron, "lançons des états-généraux dans chaque fédération, pour réfléchir à la ligne et l'organisation du mouvement", affirme de son côté Bruno Retailleau, président des sénateurs LR.

Partager cet article

Dans la même thématique

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le

Photo illustration collage affiches election presidentielle de 2027
7min

Politique

Présidentielle : et si les électeurs français étaient moins indécis qu’on ne le pense ?

Une étude de Terra Nova en partenariat avec Cluster 17 sortie ce mercredi étudie la structure de l’électorat français à quelques mois de la présidentielle. Elle décrit des électeurs répartis en cinq blocs politiques. Si la porosité entre eux est possible, elle est plus probable entre blocs voisins. Si aucune majorité ne se dégage des estimations du premier tour, au second, le modèle prédit une victoire de Marine Le Pen dans tous les cas.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
11min

Politique

« La disparition de François Patriat nous ressoude encore plus » : confiant sur son maintien lors des sénatoriales, le groupe RDPI face à l’après Macron

Avec le décès de François Patriat, qui dirigeait le groupe macroniste depuis sa création en 2017, le RDPI, dont plus de la moitié des membres est renouvelable, aborde les sénatoriales dans des conditions très spéciales. Mais la disparition du fidèle d’Emmanuel Macron vient aujourd’hui resserrer les liens. Des questions se poseront plutôt après la présidentielle, où la « recomposition au centre » pourrait concerner le groupe, qui va avant se trouver un nouveau président. Plusieurs noms circulent.

Le