Maltraitance animale : le Sénat veut défendre « une éthique de responsabilité »
Le Sénat examine, ce jeudi, la proposition de loi pour renforcer la lutte contre la maltraitance animale. Un texte partiellement réécrit par la majorité sénatoriale de droite qui défend « le pragmatisme » de ses apports. La gauche et les écologistes dénoncent un recul notamment sur le maintien de la vente des animaux de compagnie dans les animaleries et la détention des animaux sauvages par les cirques itinérants et les delphinariums.

Maltraitance animale : le Sénat veut défendre « une éthique de responsabilité »

Le Sénat examine, ce jeudi, la proposition de loi pour renforcer la lutte contre la maltraitance animale. Un texte partiellement réécrit par la majorité sénatoriale de droite qui défend « le pragmatisme » de ses apports. La gauche et les écologistes dénoncent un recul notamment sur le maintien de la vente des animaux de compagnie dans les animaleries et la détention des animaux sauvages par les cirques itinérants et les delphinariums.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

« La protection des animaux c’est un enjeu pour la biodiversité, mais c’est aussi un impératif moral. C’est une priorité du gouvernement et une demande forte de la part de nos concitoyens », a résumé Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, lors de la discussion générale précédant l’examen de la proposition de loi pour renforcer la lutte contre la maltraitance animale.

En effet, selon un sondage réalisé par l’Ifop pour le site d’information animalière Woopets, 90 % des sondés se disent favorables à la loi de lutte contre la maltraitance animale.

Mais, en commission, la majorité sénatoriale de la droite et du centre est revenue sur plusieurs points forts du texte votés par les députés. Sur l’interdiction de détention d’animaux sauvages par les cirques « la commission a jugé qu’il y avait de l’affichage aboutissant à des articles peu opérationnels. La fin des animaux dans les cirques sans s’interroger sur leur devenir […] nous préférons le dialogue entre les parties prenantes pour parvenir à une sortie progressive », a rappelé la rapporteure LR, Anne Chain-Larché.

Les sénateurs proposent, à la place, qu’un comité, composé de spécialistes, travaille à de nouvelles réglementations. Pour les cirques itinérants, les espèces d’animaux visés par les interdictions seraient déterminées par arrêté, après avis d’un conseil spécialisé.

Animalerie : « Le circuit le plus tracé, le plus surveillé et encadré »

En commission, les sénateurs sont aussi revenus sur l’interdiction programmée en 2024 de la vente de chats et chiens dans les animaleries. « C’est le circuit le plus tracé, le plus surveillé et encadré. Il représente une part archi minoritaire de la vente de chats et chiens », a objecté Anne Chain-Larché qui a qualifié son approche « d’éthique de responsabilité ».

En lieu et place de cette interdiction, le Sénat a prévu une mise à jour régulière des réglementations s’appliquant à ces animaleries, interdit les animaux en vitrine ou l’expédition postale, et introduit un partenariat entre refuges, associations sans refuges et animaleries, et a renforcé la régulation de la vente d’animaux sur Internet.

« Déplorable que le débat sur les pratiques cruelles de chasses nous soit refusé »

A l’autre bout de l’hémicycle les écologistes ont d'abord déploré la portée limitée du texte initial. « Il est tout à fait déplorable que le débat sur les pratiques cruelles de chasse nous soit refusé et absent d’un texte qui s’intéresse à tous les sévices que les humains font subir aux animaux dans le cadre de leurs divertissements », a mis en avant Daniel Salmon, citant notamment les combats de coq, la corrida « des pratiques d’un autre âge que les Français rejettent dans leur écrasante majorité ».

Sur les modifications apportées par la droite sénatoriale, le groupe écologiste les qualifie de « d’importants reculs » « de marche arrière », et déposera des amendements pour les réintroduire.

La chambre Haute a par exemple refusé de transformer en obligation, la compétence du maire en matière de capture, d’identification et de stérilisation des chats errants, sans le doter de moyens supplémentaires dédiés par l’État. Les sénateurs ont aussi renforcé les sanctions punissant les actes de cruauté et proposé une exonération de TVA pour les actes vétérinaires effectués au profit des refuges.

En fin de matinée, en séance publique, le Sénat a adopté la création d’un certificat de connaissance et d’engagement pour la première acquisition d’un animal de compagnie. Il rappellera les obligations de soins, de vaccination et les coûts à prévoir (nourriture, vétérinaire…).

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Municipales 2026 : Les Républicains, une « première force politique locale », mais à la peine dans les grandes villes
5min

Politique

Municipales 2026 : Les Républicains, une « première force politique locale », mais à la peine dans les grandes villes

LR réalise une série de prises dans les petites et moyennes villes, reconduisant un nombre important de sortants dès le premier tour. Selon Bruno Retailleau, le parti « s’est renforcé », mais le parti réalise des scores décevants à Paris et Marseille. Une autre campagne commence désormais, avec les stratégies complexes d’entre-deux-tours.

Le

Beaucaire: Jordan Bardella comes to support Nelson Chaudon, who has been re elected as mayor
4min

Politique

Municipales 2026 : la montée notable du Rassemblement national dès le premier tour

Réélections dès le premier tour à Perpignan, Hénin-Beaumont ou Fréjus, percées à Toulon et Nice, et duel serré à Marseille : le Rassemblement national confirme sa progression lors du premier tour des municipales 2026. Porté par ses récents succès électoraux, le parti à la flamme cherche désormais à transformer cette dynamique en conquêtes locales durables, à un an de la présidentielle de 2027.

Le

Depouillement votes municipales 15 mars 2026. Premier tour, Paris.
7min

Politique

Résultat du premier tour des municipales : quels sont les enseignements du scrutin ?

Percée de LFI, dilemme des alliances pour le PS et les écologistes, le RN bien placé à Marseille et Toulon, la droite résiste dans les villes moyennes, Edouard Philippe bien parti pour conserver le Havre et maintenir sa candidature à la présidentielle… On fait le point sur les enseignements du premier tour des élections municipales.

Le

Lyon
7min

Politique

Municipales 2026 : Paris, Lyon, Marseille, Lille… Ce que disent les résultats dans les grandes villes

Au soir du premier tour des municipales 2026, le paysage politique des grandes métropoles françaises oscille entre continuité et secousses majeures. Si la plupart des maires sortants résistent, beaucoup sont désormais talonnés par leur challenger. Dans de nombreux cas, LFI s’impose comme la troisième force. De Paris à Marseille, en passant par Nice, Lyon ou Bordeaux, tour d’horizon des résultats et des rapports de force avec les estimations Ipsos-BVA pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP-AN.

Le