Marie-Noëlle Lienemann en partance du PS ?
La vice-présidente du Sénat devrait sauf énorme surprise annoncer son départ du PS samedi, dans la foulée du député européen Emmanuel Maurel.

Marie-Noëlle Lienemann en partance du PS ?

La vice-présidente du Sénat devrait sauf énorme surprise annoncer son départ du PS samedi, dans la foulée du député européen Emmanuel Maurel.
Public Sénat

Par Julien Chabrout

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le suspense dure depuis plusieurs mois. Il va prendre fin samedi 13 octobre lors du Conseil national du PS, à la Bellevilloise, à Paris. C’est à ce moment-là que la vice-présidente du Sénat, Marie-Noëlle Lienemann, devrait selon toute vraisemblance annoncer sa décision de quitter le PS et expliquer les raisons de son départ, devant les cadres du parti. La sénatrice de Paris s’exprimera au lendemain de l’annonce du départ du PS d’Emmanuel Maurel. « Aujourd’hui, je ne pars pas seul mais avec de très nombreux militants, des centaines de cadres et d’élus sur l’ensemble du territoire », a déclaré le député européen dans Le Monde ce vendredi, au lendemain du vote des militants socialistes sur les deux textes d’orientation pour les prochaines élections européennes.

Selon nos informations, une liste de 500 élus locaux et cadres du PS quittant le parti dans le sillage d’Emmanuel Maurel sera dévoilée en début de semaine prochaine, lors d’une conférence de presse. Elle comprendra notamment des parlementaires actuels et des ex-parlementaires. « Marie-Noëlle Lienemann ne sera pas la seule sénatrice à partir. Des sénateurs et sénatrices s’interrogent », dévoile-t-on dans l’entourage du député européen.

Interrogée par publicsenat.fr début septembre, Marie-Noëlle Lienemann assurait « ne pas exclure » un départ du PS, même si « ce n’est pas ce qu’on préfère ». « On n’est pas en train de chercher à créer de la division. Mais ça y est, on n’en peut plus. Du moins s’ils continuent comme avant. Sinon, on a l’impression de ne plus servir à rien ou de cautionner », affirmait alors l’ex-secrétaire d’Etat au Logement.

« Les critiques étaient plus pertinentes quand nous étions au pouvoir » (Laurence Rossignol)

« Je regrette quand des gens quittent le parti mais je note que beaucoup ont choisi de rester, déclare le sénateur PS Rachid Temal, joint par publicsenat.fr. Je pense aux militants socialistes qui font campagne, qui ont participé au Congrès, qui sont impliqués dans la construction de la plateforme sur l’Europe et qui se réveillent avec une gueule de bois. Quand on est un dirigeant socialiste, on doit d’abord penser aux militants ».

Interrogée lors de l’émission Territoire Sénat, la sénatrice de l’Oise Laurence Rossignol a exprimé ses doutes sur la stratégie de l’aile gauche du PS : « J’ai lu ce que disait Emmanuel Maurel et je me suis dit ‘pourquoi maintenant’ ? Il aurait pu le dire en 2014 et avant 2017, Marie-Noëlle Lienemann aussi aurait pu le dire quand elle a été réélue sénatrice socialiste, en 2017. Les critiques étaient plus pertinentes quand nous étions au pouvoir. Aujourd’hui, alors que le PS est clairement positionné dans l’opposition au gouvernement Macron, je ne vois pas pourquoi ».

« Quiconque quitte le PS n’est plus membre du groupe au Sénat » (Rachid Temal)

Mardi, la sénatrice du Val-de-Marne, Sophie Taillé-Polian annonçait à publicsenat.fr sa décision de quitter le PS pour rejoindre Génération.s, le mouvement de Benoît Hamon. Tout en restant membre du groupe socialiste et républicain. Marie-Noëlle Lienemann devrait rapidement dire si elle entend rester ou non au groupe PS. « Quiconque quitte le PS n’est plus membre du groupe au Sénat, même si on peut demander à être apparenté au groupe socialiste », estime Rachid Temal. La question sera abordée mardi lors de la réunion du groupe socialiste. Autre sujet : la vice-présidence du Sénat assurée jusqu’à présent par Marie-Noëlle Lienemann au nom du groupe socialiste, élue à ce poste par ses camarades. Là encore, la question sera abordée mardi. « Tout ça est sur la table », précise Rachid Temal.

Emmanuel Maurel devrait figurer sur les listes de La France insoumise (LFI) pour les européennes. L’ex-chef de file de l’aile gauche du PS et Marie-Noëlle Lienemann, qui ont lancé leur club « Nos causes communes », pourraient se rapprocher des Insoumis ces prochaines semaines. « Ma stratégie est celle des convergences. Il faut faire avec LFI ce travail de convergences », a estimé dans Le Monde Emmanuel Maurel, dont l’objectif est « de préparer le Front populaire du XXIe siècle ». « Ils vont rejoindre Jean-Luc Mélenchon. Le choix qu’ils font n’est pas celui du retour de la gauche au pouvoir parce que je ne crois pas que LFI nous conduise tout seuls vers de nouveau un gouvernement de gauche », regrette Laurence Rossignol.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Edouard Philippe a la Foire de Chalons
10min

Politique

Présidentielle 2027 : la main tendue d'Édouard Philippe, rejetée par Gabriel Attal et Bruno Retailleau, relance l'idée d'une primaire

Le candidat Horizons, favori du bloc central, Édouard Philippe a lancé un appel à ses concurrents du centre et de la droite, les invitant à se rassembler dans la perspective de la présidentielle et des législatives. Mais Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne comptent pas, à ce stade, se retirer au profit d'une candidature unique du maire du Havre. De quoi relancer l'idée d'une primaire.

Le

Montants, modalités : comment est fixé la rémunération des ministres ?
6min

Politique

Montants, modalités : comment est fixée la rémunération des ministres ?

Sébastien Lecornu envisage de réduire l’indemnité mensuelle des membres du gouvernement, à titre d’exemplarité, dans une période où le budget 2027 va nécessiter des ajustements budgétaires forcément impopulaires. On fait le point sur les règles actuelles qui déterminent les montants perçus par les ministres.

Le

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le

Paris: Crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority
10min

Politique

Sénatoriales : confiants, Les Indépendants, à majorité Horizons, sont prêts à se rapprocher de la majorité de Gérard Larcher

Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.

Le