« Marion », bonne soldate de « Marine »… au moins jusqu’au 7 mai
Marion Maréchal-Le Pen enfile en tournée de soutien à Marine Le Pen le costume de la bonne soldate, mettant de côté des divergences de ligne et...

« Marion », bonne soldate de « Marine »… au moins jusqu’au 7 mai

Marion Maréchal-Le Pen enfile en tournée de soutien à Marine Le Pen le costume de la bonne soldate, mettant de côté des divergences de ligne et...
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Par Guillaume DAUDIN

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Marion Maréchal-Le Pen enfile en tournée de soutien à Marine Le Pen le costume de la bonne soldate, mettant de côté des divergences de ligne et remisant pour l'après-présidentielle ses doutes sur la suite de son parcours politique.

Même si elle trouve la ligne de Marine Le Pen trop étatiste, Marion Maréchal-Le Pen joue le jeu des meetings en renfort de la candidate FN -qui aura visité un tiers des départements français depuis son lancement tardif de campagne.

La députée FN du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen (d), et la présidente du Parti et candidate à la présidentielle Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse à Nanterre le 17 mars 2015
La députée FN du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen (d), et la présidente du Parti et candidate à la présidentielle Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse à Nanterre le 17 mars 2015
AFP/Archives

La candidate du FN la jugeait récemment trop "inexpérimentée" pour devenir ministre en cas de victoire, et Florian Philippot, bras droit de la présidente, la trouvait en décembre "seule et isolée" au sein du FN.

Sous les "Marine présidente", sa nièce jouait néanmoins encore, mardi soir à Bayonne, l'ailière droite dans l'équipe frontiste à dix jours du premier tour de la présidentielle, assurant : "Cette victoire électorale est aujourd'hui vraiment à portée de main".

La députée FN du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen (d), lors d'un meeting de campagne de Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, à Bayonne, le 11 avril 2017
La députée FN du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen (d), lors d'un meeting de campagne de Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, à Bayonne, le 11 avril 2017
AFP

Sens (Yonne), Crisolles (Oise), Fougères (Ille-et-Villaine)... A chaque étape, la benjamine de l'Assemblée nationale (27 ans) cite les engagements de Marine Le Pen, donne du "nous", "nous avons décidé" ou "nous allons".

Son style est personnel, sourire franc, propos tranchés, évocation plus grande encore des dangers supposés d'une "islamisation" en cours, mais Marion Maréchal-Le Pen commence son meeting à Bayonne par le clip de campagne de sa tante, et l'achève par cette exhortation: "Saisissez votre chance! Vive Marine Le Pen ! Vive le Front national ! Vive la France".

La députée FN du Vaucluse, Marion Maréchal-Le Pen (d), aux côtés de Marine Le Pen, au Pontet, le 9 juillet 2016
La députée FN du Vaucluse, Marion Maréchal-Le Pen (d), aux côtés de Marine Le Pen, au Pontet, le 9 juillet 2016
AFP/Archives

La députée défend aussi l'eurodéputée, à qui il a été reproché ces derniers jours d'avoir dit que la rafle du Vel d'Hiv de 1942 n'était pas de la responsabilité de la France: "Avec Marine Le Pen, nous ne serons pas de la génération qui s'excuse".

Et la petite-fille de Jean-Marie Le Pen attaque Emmanuel Macron, principal rival de Marine Le Pen, qui avait dit que la colonisation française en Algérie était un "crime contre l'humanité". "Il s'adresse là (...) à la communauté franco-algérienne, francophobe j'imagine", lâche Marion Maréchal-Le Pen.

Guère de dégagement personnel, excepté pour une anecdote ou pour s'en prendre au LR Christian Estrosi, avec qui elle ferraille au Conseil régional de Paca.

- Candidature incertaine -

"Malgré parfois les quelques divergences que j'ai pu avoir, il n'y a rien d'incompatible" avec Marine Le Pen, a-t-elle tenu à assurer dimanche, réfutant "des lignes totalement contradictoires".

La députée FN du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen (d), lors d'une conférence de presse à Fougères dans le nord-ouest de la France, le 20 janvier 2017
La députée FN du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen (d), lors d'une conférence de presse à Fougères dans le nord-ouest de la France, le 20 janvier 2017
AFP/Archives

Alors que Le Canard Enchaîné avait suggéré une semaine auparavant un retrait de la vie politique après la présidentielle, Marion Maréchal-Le Pen a assuré dimanche: "Oui, je serai candidate" à un nouveau mandat dans le Vaucluse. Mais elle a réaffirmé se garder "la possibilité de pouvoir partir, mais au moment le plus opportun".

Mardi soir, les 400 manifestants présents à l'extérieur n'avaient cure de ces interrogations sur l'avenir. "Vous préférez la nièce ou la tante ?" La question ironique d'une journaliste, posée à ces protestataires que Marion Maréchal-Le Pen qualifie de "punks à chien", "indépendantistes fumeurs de chichon", "associations LGBT et d'extrême gauche" ou "syndicalistes professionnels", inspire plutôt les 250 frontistes dans la trop grande salle Lauga.

Marion Maréchal-Le Pen (2eD) et Florian Philippot(C) lors du 1er mai 2013 à Paris
Marion Maréchal-Le Pen (2eD) et Florian Philippot(C) lors du 1er mai 2013 à Paris
AFP/Archives

Pour Claudie Cheyroux, "sur l'avortement et la vie, +Marine+ se positionne comme future présidente, ce que je comprends tout à fait. +Marion+, elle, comme défenseure de la vie."

Sur ces sujets, sources de tensions au parti d'extrême droite, cette conseillère régionale FN est "plutôt sur la ligne +Marion+. C'est notre députée, notre étendard à l'Assemblée nationale, un peu flamboyante." "Une de nos chouchoutes", abonde un autre élu régional, Gilles Hustaix.

Marion-Maréchal Le Pen, députée FN du Vaucluse, lors d'une session de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris, le 8 mars 2016
Marion-Maréchal Le Pen, députée FN du Vaucluse, lors d'une session de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris, le 8 mars 2016
AFP/Archives

Mais du côté de la députée, l'ambiance semble plus à baisser les armes en vue du congrès FN prévu à l'automne, anticipé par certains comme l'occasion d'une grande explication de ligne entre les tenants de Marion Maréchal-Le Pen et ceux de Florian Philippot.

Pour un soutien de la députée interrogé par l'AFP en fin de semaine dernière, "le +Canard+ est bien informé, mais c'est pas la bonne temporalité. Elle prendra la décision sur son retrait après la présidentielle".

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