Municipales: Dati courtise les quartiers populaires
Convaincue que la droite a "une chance historique de gagner Paris", Rachida Dati courtise les quartiers populaires en insistant...

Municipales: Dati courtise les quartiers populaires

Convaincue que la droite a "une chance historique de gagner Paris", Rachida Dati courtise les quartiers populaires en insistant...
Public Sénat

Par Claire GALLEN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Convaincue que la droite a "une chance historique de gagner Paris", Rachida Dati courtise les quartiers populaires en insistant sur la sécurité et le logement, pendant que son parti peine à se mettre d'accord dans son fief bourgeois du XVe arrondissement.

Dans le quartier de Ménilmontant, où elle est venue vendredi à la rencontre des riverains, la candidate des Républicains secoue la tête devant des sacs d'ordures abandonnés sur le trottoirs, relief du "food market" organisé la veille au soir.

"Et on s'étonne qu'il y ait des rats!", soupire Mme Dati, qui déplore "la saleté, les nuisances, les difficultés autour de la mobilité, la dépossession de l'espace public", bref "la dégradation" de la capitale, "elle aussi victime de fractures que l'on voit ailleurs".

Dans ce quartier populaire, à la frontière des XIe et XXe arrondissement, LR part de loin, face à une gauche confortablement élue en 2014. "La droite a abandonné ces quartiers. Depuis 2001, comme elle va d'échec en échec, on est dans le sauve-qui-peut", reconnaît l'ancienne ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy, qui en est convaincue: cette fois "le scrutin est extrêmement ouvert" face à une gauche au pouvoir depuis dix-neuf ans.

"Les gens sont tellement écoeurés qu'ils ne votent plus. Mais s'ils le faisaient il y aurait de grandes surprises dans le nord et l'est de Paris", ajoute la candidate qui s'est plusieurs fois déjà rendue dans ces quartiers.

Sur le marché, sa venue ne passe pas inaperçue. "J'espère que vous allez passer!", assure un commerçant bardé de son tablier. "On vous vote pour que vous deveniez président de la France" lance une retraitée à l'accent slave dans un français approximatif. "Je voterai pour elle peut-être par solidarité maghrébine!" assure une autre.

Pilonnant le bilan de la maire sortante Anne Hidalgo en matière de logement -- "sous couvert de mixité, on recrée des ghettos" -- Mme Dati promet de stopper la croissance du parc de logement social tant qu'il ne répondra pas à certains critères de qualité. Une mesure visant les familles dans le parc privé devrait également être annoncée dimanche.

- "Ténacité" -

"Personne ne peut douter de ma ténacité, de ma détermination, de mon volontarisme", ajoute la candidate, qui l'assure: "à chaque fois que je me suis activée dans une campagne, elle a été victorieuse, et dans des termes parfois sans précédents".

Les Républicains ont observé avec satisfaction le bon début de campagne de Mme Dati, qu'un sondage de décembre plaçait en deuxième position (à égalité avec Benjamin Griveaux) derrière Anne Hidalgo.

Malgré cette dynamique, les Républicains peinent à trancher sur le nom de leur candidat dans le XVe arrondissement, et repoussent de semaine en semaine leur décision.

Mercredi, la réunion de deux heures prévue pour trancher n'a pas permis d'aboutir. "Ce n'était pas tout à fait prêt", selon le patron du parti Christian Jacob.

Cet arrondissement est devenu l'objet d'un bras de fer entre Mme Dati, qui exige le soutien de tous les candidats investis par Les Républicains, et le maire LR sortant Philippe Goujon, qui préfère garder une certaine distance pour ne pas s'aliéner une partie de son électorat.

"Je soutiendrai le candidat le mieux placé pour changer de maire et de ligne politique", assure M. Goujon, figure de la droite parisienne et maire du XVe depuis 2008.

Dans le XVIIe arrondissement, une situation similaire s'était présentée la semaine précédente puisque le maire LR sortant Geoffroy Boulard, dans un arrondissement tenté par LREM, renâclait à afficher son soutien, provoquant un coup de colère de Mme Dati avant que le climat ne s'apaise.

La situation en inquiète certains: "on est en janvier, on ferait mieux de parler du projet plutôt que des histoires d'ego", avertit un membre de LR.

Car pour lui ces hésitations, qui tournent au feuilleton, profitent à la maire sortante: "On a une occasion en or de la sortir et on risque de lui offrir sa réélection sur un plateau".

Partager cet article

Dans la même thématique

Municipales: Dati courtise les quartiers populaires
4min

Politique

« On surmonte nos rancœurs » : Agnès Evren (LR) défend un mariage de raison entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel pour battre la gauche à Paris

À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.

Le

Municipales: Dati courtise les quartiers populaires
5min

Politique

Municipales à Montpellier : sécurité, gestion des déchets, transports… Que retenir du débat d’entre deux tours ?

A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.  

Le

FRA – LR RETAILLEAU – ELECTION MUNICIPALES 2026
8min

Politique

Municipales : en lâchant Christian Estrosi à Nice, Bruno Retailleau enflamme toute la droite, avec 2027 en ligne de mire

À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.

Le

Paris : Sarah Knafo – Meeting au Dome de Paris
6min

Politique

Municipales : le retrait calculé de Sarah Knafo recompose le jeu à Paris

Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.

Le