Nicolas Florian succède à Alain Juppé : « Je ne serai pas un maire d’intérim »
Nicolas Florian, qui doit prendre jeudi la succession d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, ne veut pas être un "maire de...

Nicolas Florian succède à Alain Juppé : « Je ne serai pas un maire d’intérim »

Nicolas Florian, qui doit prendre jeudi la succession d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, ne veut pas être un "maire de...
Public Sénat

Par Philippe BERNES-LASSERRE, Fabienne FAUR

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Nicolas Florian, qui doit prendre jeudi la succession d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, ne veut pas être un "maire de transition" et compte bien être réélu aux municipales de 2020.

Q : Après Juppé, est-ce que Bordeaux attend une nouvelle pointure nationale et ne serez-vous qu'un maire de transition ?

R : Je fais mes courses le samedi, je prends le tram. Personne ne m'a dit +On vous trouve sympa mais on aurait préféré une pointure+. Alain Juppé m'a dit "tu acceptes de prendre la suite, charge à toi de t'inscrire dans la durée+. Moi, je m'inscris dans la durée. Je ne serai pas un maire d'intérim, ou alors cela voudra dire que les Bordelais considèrent que nous ne faisons pas le job. Quelqu'un de l'extérieur, ça ne marchera pas. Je suis convaincu qu'en 2020, je serai réélu, parce que je vais répondre aussi aux attentes de mes concitoyens. Je ne ferai pas plus de deux mandats. Peut-être...

(Quant à une éventuelle candidature LREM en 2020, ndlr), on est là dans la cuisine électorale. Je ne m'inscris pas dans cette réflexion. Le moment venu se posera la question des alliances, mais sur un projet.

Q: Pourquoi Bordeaux est un bastion "gilets jaunes" ?

R: Il y a eu un focus parce que c'est la ville d'Alain Juppé. Ça donne une audience de manifester dans la ville de l'ancien Premier ministre. Bordeaux est la photographie territoriale d'une forme de malaise exprimé par les "gilets jaunes" sur cette France périphérique qui est dans un sentiment d'abandon de services publics, d'éloignement.

Parmi les attentes exprimées, il y a notamment l'accès au logement. Il faut continuer sur l'accession abordable. La souffrance sur la précarité, le pouvoir d'achat, se traduit aujourd'hui par un besoin de vie sociale, d'échanger, de créer du lien. Il faut l'entendre. Je proposerai ce qui pourrait être un référendum d'initiative locale. On fera une maison de la parole. Les gens pourront se retrouver, exprimer les attentes, s'engueuler sur des sujets municipaux.

Q: Toujours membre des Républicains (LR), au contraire d'Alain Juppé ?

R: Je me suis posé la question quand Alain Juppé a fait le choix de prendre ses distances. Il est de bon ton aujourd'hui de critiquer les corps intermédiaires, les partis politiques. Pour structurer une société, on a besoin de repères, les partis politiques en font partie. Je ne suis pas dans la sensibilité actuelle du président de LR, mais s'il y a un abandon de tous ceux qui ont des sensibilités différentes, ça s'assèche. Je reste proche de Valérie Pécresse mais pour me consacrer à 100% à mon activité de maire, je vais démissionner du poste de secrétaire général adjoint de Libres !.

Mes parents étaient très gaullistes. Mon grand-père paternel, immigré italien -- Florian est un nom de la région de Venise - est venu en France à l'époque de Mussolini. Mon grand-père maternel était agriculteur et communiste. Les repas de famille le dimanche, quand on parlait politique, c'était un peu compliqué mais cela se faisait dans une bienveillance commune. J'en ai retiré qu'on peut se parler, même si on n'a pas du tout les mêmes convictions.

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture d’écran du documentaire « Hossegor, histoires d’utopistes » de Guillaume Estivie
6min

Politique

Les « docus de l’été » : Hossegor, une cité balnéaire façonnée au fil des utopies

Voici 100 ans que l’histoire de la côte basque s’écrit, traversée par de multiples révolutions… culturelle, architecturale, ou encore sportive. Une communion entre les Hommes et la nature qui a permis à un petit quartier de la commune de Soorts de s’émanciper pour devenir la célèbre station balnéaire d’Hossegor, dans le département des Landes. Mais qui sont les écrivains qui décident de s’installer au bord du lac marin à l’aube du XXe siècle ? Quel héritage reste-t-il de ces amoureux de la côte basque ? "Hossegor, histoires d’utopistes", un documentaire de Guillaume Estivie à voir cet été sur Public Sénat.

Le

Lecornu marché ok
11min

Politique

« Il veut être le dauphin d’Emmanuel Macron » : la stratégie de Sébastien Lecornu interroge de plus en plus dans le camp présidentiel, en vue de 2027

Entre le projet de loi agricole ou la fin de vie, les sujets de tensions entre le premier ministre et les députés Renaissance s’accumulent, avec le sentiment qu’il cherche plus à parler aux LR. Certains y voient une volonté de jouer sa carte et de préparer le terrain à une éventuelle candidature à la présidentielle, si personne « ne plie le match » dans le bloc central. « Tout peut se passer », selon le député proche du chef de l’Etat, Marc Ferracci, qui n’exclut pas que l’hypothèse Lecornu puisse prendre forme.

Le

ill_institution_assemblee_nationale_15
10min

Politique

Les pétitions, un nouvel outil de pression citoyenne sur le débat public ?

Du succès de la mobilisation contre la loi Duplomb au classement sans suite de la pétition sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre, les pétitions en ligne s’imposent comme un nouveau mode d’interpellation des élus. Sans portée juridique contraignante, elles peinent toutefois à infléchir le travail parlementaire. Leur succès révèle surtout l’aspiration croissante des citoyens à peser sur les décisions publiques entre deux élections, alors que les institutions peinent encore à leur ouvrir une véritable place.

Le