Avec ses ministres sur le terrain, le gouvernement a lancé jeudi une opération communication tous azimuts pour son premier anniversaire, animé...
Offensive com’ du gouvernement pour son premier anniversaire
Avec ses ministres sur le terrain, le gouvernement a lancé jeudi une opération communication tous azimuts pour son premier anniversaire, animé...
Par Jérémy MAROT
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Avec ses ministres sur le terrain, le gouvernement a lancé jeudi une opération communication tous azimuts pour son premier anniversaire, animé par la conviction "qu'en matière d'explication, on n'en fait jamais trop", les principaux chefs de parti ripostant dans la soirée sur France 2.
Réunions publiques dans toute la France, journal télévisé, tracts: c'est une offensive massive pour assurer le service après-vente du "plan de transformation" initié il y a un an avec l'élection d'Emmanuel Macron.
"Au bout d'un an, je pense qu'il est très sain d'aller au contact, d'aller expliquer, d'aller aussi dessiner les perspectives de la suite, pas simplement expliquer le passé", a justifié Édouard Philippe.
"En matière d'explication, en matière de contact on n'en fait jamais trop", a insisté le Premier ministre sur France 3 en revenant notamment sur la réforme de la SNCF, les mesures en matière de santé ou encore l'augmentation de la CSG pour les retraités.
Dans un contexte social tendu, marqué par un rebond en début de semaine de la mobilisation syndicale contre la réforme ferroviaire, il s'agit effectivement de répondre à l'inlassable injonction de "faire de la pédagogie", "expliquer", "donner du sens global", martelée au sommet de la macronie depuis des mois.
La ministre des Transports Elisabeth Borne arrivant à l'Hôtel Matignon à Paris le 19 avril 2018
AFP/Archives
La quasi-totalité des ministres a donc tenu meeting simultanément dans un format imposé: quelques minutes d'introduction puis un jeu de questions-réponses.
A Alençon (Orne), le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a répondu à des questions sur le handicap, la revalorisation du métier d'agriculteur ou encore l'internat public.
Même exercice à Rungis où le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, devant une salle globalement acquise, a vanté les mérites d'avoir "une discussion directe" mais a refusé de se prononcer sur la limitation à 80Km/h.
Dans le Var, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a concédé avoir "des doutes, (...) comme tout le monde" mais "pas d'états d'âme" sur son rôle au gouvernement. Mais le public l'a surtout sollicité sur des sujets comme le traitement des déchets ou la question du loup .
A Vichy, le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a balayé les réformes réalisées ou en cours de lancement, des ordonnances travail à l'ISF, des retraites et des APL à l'audiovisuel public, en passant pas la numérisation croissante des services publics.
Dans l'ensemble, des villes petites ou moyennes, pour beaucoup dans des régions rurales, ont été ciblées, afin d'atteindre un public cajolé par l'opposition, notamment de droite, qui accuse l'exécutif de déconnexion avec ces territoires.
- "Egoïsme social" -
Dans le même temps, La République en marche est venue en renfort en dévoilant un livret imprimé à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires, distribué à partir de ce week-end "pour expliquer l'action du gouvernement".
Le député des Bouches-du-Rhône Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale, le 16 mai 2018
AFP
Le parti s'est aussi distingué par la voix de son patron Christophe Castaner qui, dans la soirée, invité comme les autres chefs des principaux partis sur France 2, a fait savoir que LREM était favorable au maintien de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, alors que l'impôt doit être totalement supprimé d'ici 2021.
Les oppositions ont organisé la riposte durant la même émission en attaquant avec virulence le bilan du chef de l'Etat. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a promis une "super fête à Macron" le 26 mai, lors d'une manifestation.
M. Mélenchon a dénoncé "la logique d'égoïsme social" du président de la République. "C'est pour ça que le 26 mai, on va être très nombreux" et "on va faire une super fête à Macron", il y aura "une marée populaire", a-t-il pronostiqué.
Le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez a reproché à Emmanuel Macron de "prendre dans la poche des Français", citant la hausse de la CSG, des taxes sur l'essence et la baisse des APL.
M. Wauquiez a aussi dépeint un Emmanuel Macron "qui parle de start-up nation, qui parle des premiers de cordée, de ceux qui réussissent et de ceux qui ne sont rien, qui explique que l'immigration est une chance pour la France mais qui n'a pas de discours de fermeté sur la laïcité".
"Il y a un président des riches. Il faut maintenant un parti pour tous les autres", a de son côté plaidé le patron du PS Olivier Faure.
Dernière à s'exprimer, par tirage au sort, la présidente du Front national Marine Le Pen a elle comparé le macronisme à une "plante sans racines" en apportant sur le plateau une "Tillandsia" qui "ne fait qu'une fleur" dans son existence et autour de laquelle "c'est le désert". "J'ai trouvé que ça symbolisait bien la première année d'Emmanuel Macron", a-t-elle ironisé.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.