Lyhanna Case – Funerals and Last Tribute.
Credit:Jean-Marc Haedrich/SIPA/2606130003

Affaire Lyhanna : « Pertes de temps, défaillances et absence de suivi de procédure », pointe le  pré-rapport d’inspection

Trois semaines après la découverte du corps de la jeune Lyhanna, l'inspection générale de la gendarmerie nationale et de la justice a présenté un premier rapport destiné à faire la lumière sur les dysfonctionnements et les erreurs individuelles qui ont conduit à cette affaire qui a ému la France entière. Devant la presse, les deux inspecteurs généraux de la justice et de la gendarmerie, ont confirmé que la plainte pour viols sur mineure de moins de 15 ans déposée en août 2025 contre Jérôme Barella n'avait « pas été traitée comme une procédure prioritaire », par les services d'enquête et le parquet du Gers.
Rédaction Public Sénat

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Comment expliquer que Jérôme Barella, principal suspect dans le viol et la mort de la jeune fille de 11 ans, disparue le 29 mai dans le Gers, n’avait jamais été inquiété alors qu’il faisait l’objet de plusieurs plaintes pour agressions sexuelles et viols sur des enfants ? La question inflammable pour le gouvernement, et surtout pour le garde des Sceaux Gérald Darmanin a conduit l’exécutif à diligenter une enquête auprès de l’inspection générale de la gendarmerie nationale et de la justice et de l’éducation. Devant la presse, les deux inspecteurs généraux de la justice et de la gendarmerie, Stéphane Noël et Jean-Michel Gentil ont présenté les premiers éléments d’un pré-rapport. L’inspection générale de l’éducation a quant à elle démarré une inspection distincte sur le parcours professionnel du mis en cause, qui a travaillé en tant qu’agent d’entretien dans plusieurs établissements scolaires.

« La plainte du 18 août 2025 a été traitée avec célérité, réactivité, par le parquet de Toulouse »

L’inspection s’est spécifiquement intéressée à la plainte déposée le 18 août 2025 au tribunal judiciaire de Toulouse pour viols sur mineure de moins de 15 ans contre Jérôme Barella, en auditionnant une trentaine de personnes, magistrats et enquêteurs directement concernées par cette procédure.

« La plainte du 18 août 2025 a été traitée avec célérité, réactivité, par le parquet de Toulouse et le directeur d’enquête du directeur de la gendarmerie de Plaisance du Touch », a affirmé Jean-Michel Gentil. Mais ils n’étaient pas territorialement compétents pour traiter de l’intégralité de la procédure, car le lieu des faits et le domicile du mis en cause relevait du parquet d’Auch.

La mission a toutefois identifié des « points d’amélioration » lors du dessaisissement du parquet de Toulouse. « Le parquet de Toulouse n’a pas signalé au parquet d’Auch, par téléphone ou par mail, la nature de la procédure et son caractère urgent », a relevé Stéphane Noël. C’est pourquoi le pré-rapport préconise la généralisation de l’envoi dématérialisé des procédures. L’inspection relève aussi que les antécédents de Jérôme Barella, « pourtant bien identifiés » n’ont pas été pris en compte au moment du dessaisissement, et il n’a pas été proposé un accompagnement suffisant à la victime.

« La procédure criminelle n’a pas été traitée comme une procédure prioritaire » tant par le parquet d’Auch que par la brigade de gendarmerie de Condom »

« La procédure criminelle n’a pas été traitée comme une procédure prioritaire » tant par le parquet d’Auch que par la brigade de gendarmerie de Condom, dans le Gers, a déclaré le chef de l’Inspection générale de la Justice, Stéphane Noël. « Le rapport objective un cumul de pertes de temps et une absence de suivi de procédure, tant de la part du parquet que de la gendarmerie à l’arrivée de la procédure au parquet d’Auch » (…) « À l’arrivée de la procédure au parquet d’Auch, l’enregistrement (…) au bureau d’ordre pénal, affecté d’un important retard d’enregistrement des procédures papier, a été tardif », et la « procédure n’a pas été orientée vers le bon service de gendarmerie. Un placement en garde à vue de Jérôme Barella a été requis, mais « l’enquête n’a pas été suffisamment dirigée et pas du tout contrôlée, ni par le parquet, ni par la hiérarchie directe du directeur d’enquête de la brigade de gendarmerie de Lectoure », a-t-il poursuivi.

Parmi les recommandations, la mission d’inspection propose une extension des critères de compétences territoriales pour intégrer le lieu du domicile de la victime.

Un autre rapport intermédiaire doit être rendu le 10 juillet et le rapport définitif le 5 septembre.

 

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