Pour les sénatoriales de septembre, l’enjeu n’est pas le même pour tous les groupes. Si certains voient la moitié de leurs sièges concernée par le renouvellement, le groupe communiste peut aborder le scrutin sereinement à cet égard. Seuls 4 sénateurs, sur les 18 que compte le groupe, voient leur siège remis en jeu, soit près de 27 %. « Je sais que j’aurai un groupe à la rentrée », sourit Cécile Cukierman, présidente du groupe CRCE-K (communiste, républicain, citoyen et écologiste – Kanaky).
« L’objectif, c’est de renouveler les quatre sortants et de pouvoir en gagner ailleurs »
Les quatre sortants vont repartir. Il s’agit de Jérémy Bacchi, dans les Bouches-du-Rhône, de Gérard Lahellec, dans les Côtes-d’Armor, de Marie-Claude Varaillas, en Dordogne et de Céline Brulin, en Seine-Maritime. « L’objectif, c’est de renouveler les quatre sortants et de pouvoir en gagner ailleurs. On verra le moment venu. Après, ça demeure des sénatoriales exigeantes, car au-delà du maintien du groupe ou pas, le scrutin se tient après les municipales et avant la présidentielle, dans un glissement des électorats, avec une forme de perméabilité », relève Cécile Cukierman. « Nos quatre sénateurs sortants ont la capacité à être renouvelés, car ce sont quatre sortants qui vont se représenter, et car ils ont fait le travail dans leur département », insiste la sénatrice de la Loire, qui ajoute : « Si toutes les planètes sont alignées, nous gagnerons des sièges. L’objectif, c’est de se renforcer et a minima, la stabilité ».
Dans les Bouches-du-Rhône, où le PCF détient notamment Martigues, les choses devraient bien se passer pour Jérémy Bacchi. Comme nous l’écrivions le 19 juin, on se dirige comme en 2020 vers une liste commune de la gauche, avec Jérémy Bacchi en tête, suivi de Marie-Carlette Carlotti (PS) et de Guy Benarroche (Les Ecologistes). Pour l’heure, pas d’annonce officielle. « Nous demandons à ce qu’il puisse conduire la liste, comme en 2020 », soutient la sénatrice PCF de la Loire, qui souligne que « nous avons les grands électeurs pour avoir un sénateur ».
En Seine-Maritime, « Céline Brulin est très implantée », relève un communiste, « elle se bat, on a bon espoir ». Dans les Côtes-d’Armor, « ils repartent sur la même configuration qu’en 2020, où la socialiste Annie Le Houérou était tête de liste, et Gérard Lahellec en second », explique la présidente du groupe CRCE-K, confiante là aussi : « On a un sénateur qui a fait son travail ». Reste que « le PS a perdu Saint-Brieuc (le maire était un ancien PS, ndlr) et Lamballe. Le contexte est plus dur », pointe un sénateur PCF, qui se rassure cependant : « Mais la dernière fois, il y avait une marge d’avance ». En Dordogne, là aussi, on pense du côté du PCF que les « choses se présentent bien » pour Marie-Claude Varaillas.
Espoir de gagner un siège dans le Gard, après la victoire aux municipales à Nîmes
La place du Colonel Fabien espère maintenir ses positions. Et la bonne surprise serait de gratter quelques sièges. Le PCF y travaille. « Il y a plusieurs départements où nous essayons de gagner des sénateurs », explique Cécile Cukierman. « Nous sommes en capacité de pouvoir avoir des sénateurs supplémentaires », soutient encore la sénatrice PCF, qui ajoute, prudente : « Mais peut-être que nous n’en aurons pas ».
Si la présidente du groupe CRCE ne veut pas donner les départements visés, c’est surtout celui du Gard, où les communistes caressent de sérieux espoirs, après la victoire aux municipales à Nîmes, avec Vincent Bouget, qui a repris la ville à la droite. Selon une source communiste, on se dirigerait vers une liste avec le sénateur PS sortant, Denis Bouad, suivi d’une femme pour le PCF en second, parité oblige. Outre Nîmes, le PCF peut compter sur son implantation aussi autour d’Alès. Mais il faut encore attendre la fin des discussions.
Pour espérer conserver les sortants et aller chercher des sièges, les accords avec le reste de la gauche sénatoriale, socialistes et écologistes, peuvent donner un sérieux coup de pouce bien sûr. Comme dit Cécile Cukierman, les choses peuvent se faire, entre « les réalités locales et un peu d’huile nationale ». Il s’agit surtout « d’avoir un accord qui permette que chacun s’y retrouve à la fin ».
« Forcément, vous jouez plus avec 14 renouvelables qu’avec 4 »
On l’aura compris, les sénatoriales 2026 ne seront pas un scrutin en forme de couperet pour les communistes. C’est en revanche l’élection de 2029, avec 14 sièges renouvelables, qui s’annonce beaucoup plus périlleuse. L’Ile de France, le Nord, le Pas-de-Calais, territoires qui abritent plusieurs sénateurs PCF, seront concernés par les sénatoriales 2029. « En 2026, c’est plus facile, plus confortable. On est le groupe avec la proportion la plus basse de renouvellement cette année », relève un communiste. « Il n’y a pas d’énormes enjeux pour nous sur cette série. L’essentiel des enjeux, c’est 2029. L’essentiel des troupes sera renouvelé », confirme un sénateur communiste. Mais le même assure qu’il n’y a « pas d’appréhension, mais de la combativité », même si, sur le papier, l’existence du groupe est théoriquement en jeu. Mais sa disparition semble plutôt improbable.
« Forcément, vous jouez plus avec 14 renouvelables qu’avec 4 », reconnaît Cécile Cukierman. La présidente du groupe reste cependant très prudente. « Je ne sais pas où sera la France en 2029. C’est dans 3 ans, après une présidentielle, des législatives, des régionales, des départementales et les européennes… » souligne la présidente du groupe communiste. « C’est déjà difficile de savoir ce qu’il se passera dans un an. Alors en 2029… On est dans la politique-fiction », ajoute un autre communiste.
« On a une voix sincère, nous ne sommes dans l’idéologie dominante »
Pour l’heure, le groupe CRCE-K, sixième groupe du Sénat, devant les groupes écologiste et RDSE, entend continuer à faire entendre sa voix, souvent singulière, à la Haute Assemblée. « On a une voix sincère. Nous ne sommes dans l’idéologie dominante. Il y a besoin de continuer à porter ces idées-là. C’est aussi le pluralisme de notre République et de notre démocratie », défend Cécile Cukierman, qui ajoute : « Je ne suis ni original, ni un animal de foire. Nous constituons une des composantes du débat démocratique français. C’est donc important de rester au Sénat, avec ce que ça représente ». Sans nul doute, on continuera d’entendre les sénateurs communistes du côté gauche de l’hémicycle, en octobre.