Philippe Dallier : « Il faudra une commission d’enquête »
Sénateur LR, Philippe Dallier est vice-président du Sénat. Membre de la commission des finances, il porte un regard sévère sur les mesures annoncées par le gouvernement pour soutenir l’économie. Entretien.

Philippe Dallier : « Il faudra une commission d’enquête »

Sénateur LR, Philippe Dallier est vice-président du Sénat. Membre de la commission des finances, il porte un regard sévère sur les mesures annoncées par le gouvernement pour soutenir l’économie. Entretien.
Public Sénat

Par Flora Souvage

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Comment assurez-vous vos missions de sénateur tout en respectant le confinement ?

A titre personnel, j’ai limité au maximum mes déplacements, même si je suis allé au Sénat pour l’examen du projet de loi d’urgence sanitaire. A l’échelle locale dans mon département, nous essayons d’assurer le suivi des services publics, notamment vers les plus démunis. Nous avons mis en place le dispositif du plan canicule afin de répertorier les personnes âgées qui ont besoin d’aide. On essaie de les joindre par téléphone pour déterminer leurs besoins. Sur le terrain, j’essaie d’apporter des réponses aux élus et aux habitants de Seine-Saint-Denis. Les premiers jours, la population a eu des difficultés à respecter les consignes, des personnes ont été mises en garde à vue, depuis les choses ont l’air d’être rentrées dans l’ordre.


Le gouvernement a promis 45 milliards d’euros d’aides aux entreprises, dans le cadre du projet de loi de finances rectificative, ces mesures sont-elles suffisantes à vos yeux ?

Je ne peux pas imaginer qu’on laisse des fleurons de l’industrie française comme Air France faire faillite, mais je suis très inquiet pour les TPE. On nous dit qu’il y aura un autre projet de loi de finances rectificative avant l’été, mais quand ? On ne pourra pas attendre longtemps. Les commerces ont encaissé la crise des gilets jaunes, beaucoup sont à court de trésorerie, ça pourrait être le coup de grâce pour certaines petites entreprises. Et repousser les dégrèvements de charges sociales ne suffira pas. Quand on pense qu’on va donner 1500 euros pour compenser les pertes du mois de mars pour les entreprises qui ont perdu 70% de leur chiffre d’affaires, il va falloir faire plus. Par ailleurs, le gouvernement encourage les chefs d’entreprise à verser des primes à leurs salariés dans les secteurs essentiels à l’économie pour les inciter à venir travailler, mais encore faut-il qu’ils en aient les moyens. Beaucoup de TPE vont aller au tapis.
 

Quel regard portez-vous sur la gestion de la crise par l’exécutif ?

Avec ce projet de loi de finance rectificative le gouvernement gère l’urgence. Mais il va falloir tirer les leçons de cette crise. Le sentiment que j’ai c’est qu’on court après l’évènement. Il faudra remettre à plat un certain nombre de choses, car on voit bien que l’on n’était pas préparé à cette crise de grande ampleur. Comment relocaliser ce qui est utile à la nation par exemple ? Après la crise, les déficits vont s’accroître c’est inévitable. Quant aux prévisions de croissance du gouvernement qui table sur -3,9% du PIB contre -2,2% initialement prévu, je pense qu’elles ne sont pas assez pessimistes. Sans compter l’éventuel impact sur les taux d’intérêt qui n’a pas été pris en compte. Il faudra une commission d’enquête pour tenter de savoir si on a réagi à temps face à l’épidémie, et pour comprendre comment les décisions ont été prises.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Olivier Faure convention municipales 2026
10min

Politique

Municipales : le PS fait du scrutin un « enjeu majeur » dans la bataille du leadership face à LFI

Le Parti socialiste, qui détient plusieurs grandes villes, à commencer par Paris, où « ça va être chaud », présente 2500 listes pour les élections municipales. Uni avec les Ecologistes dans plusieurs communes, le parti fait face aux listes LFI, qui attaquent les socialistes sans hésiter. Au-delà de l’enjeu de conserver ses villes et quelques gains possibles, à Saint-Etienne ou Amiens, le numéro 2 du PS, Pierre Jouvet, espère montrer avec le scrutin « la possibilité de construire l’alternative politique dans le pays ».

Le

Rachida Dati, at the Mutualite, 2026 municipal elections. Paris.
9min

Politique

Municipales 2026 : les LR visent la stabilité, tout en rêvant d’un exploit à Paris

En tenailles entre l’érosion du vote LR dans les grandes villes et le spectre d’une « union des droites » portée par le RN, le parti de Bruno Retaileau mise sur son solide maillage territorial pour résister lors du scrutin des 15 et 22 mars prochains. LR pourrait toutefois créer la surprise à Nantes et Besançon. Surtout, la droite caresse l’espoir d’un basculement historique à Paris avec Rachida Dati.

Le

BORDEAUX : second round of mayoral elections
17min

Politique

Municipales : les enjeux détaillés, parti par parti

Pour les élections municipales, les enjeux sont multiples. Les LR et le PS tentent de conserver leurs nombreuses villes moyennes, pour la droite, ou grandes, pour la gauche et les écolos, avec une élection cruciale à Paris, que vise Rachida Dati. Pour le RN et LFI, qui partent de loin, il s’agit de renforcer l’implantation locale. Le parti d’extrême droite vise Toulon et rêve de gagner Marseille. Horizons essaie de garder ses grands maires. Et pour Renaissance, ce sera à nouveau un scrutin difficile. Le scrutin du 15 et 22 mars devrait réserver quelques surprises.

Le

« Le gouvernement est à l’action », tient à rassurer Sébastien Martin.
4min

Politique

Prix des carburants : « Il n’y a pas de risque de pénurie », déclare Sébastien Martin

En réaction aux bombardements israélo-américains, l’Iran a bloqué le détroit très stratégique d'Ormuz. Plus de 20 % des stocks de pétrole mondiaux y transitent par bateaux, entraînant une flambée du prix des carburants à travers le monde. Invité dans l’émission Bonjour chez vous, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a tenu à balayer les inquiétudes des particuliers et des professionnels.

Le